Le baiser volé et le fantasme dans la romance

Et voilà maintenant que c’est le baiser du Prince à Blanche-Neige qui fait scandale ! Bon, pour être tout à fait honnête, cette affaire a été montée en épingle et il n’était pas question de condamner ou pas le baiser à la fin de ce conte de fées, mais de s’interroger sur le bien-fondé de maintenir ce baiser lors d’une animation. Le débat est clos. Ou pas. Car ce baiser attire l’attention sur ces contes de fées. Revenons à Blanche-Neige. Ce n’est pas l’ampoule la plus lumineuse du lustre, cette Blanche-Neige. À la fin de l’histoire, elle est plongée dans un sommeil qui ressemble à la mort dont personne ne peut la sortir depuis qu’elle a croqué dans une pomme empoisonnée, offerte par sa terrible sorcière de belle-mère. Jalousie de belle-mère autour de la question de qui sera la plus belle (et oui, que voulez-vous… les femmes…) qui l’a poussée à aller vivre au fond des bois avec sept petits bonhommes qui la chouchoutent, mais à qui elle rend bien des services (c’est connu, les princesses font le ménage…) Donc elle a croqué la pomme, or elle devrait savoir que depuis Adam et Ève, il faut se méfier de ce…

Choisir sa prochaine lecture, choisir sa romance

Comment trouvez-vous vos romances ? Vous allez répondre : comme n’importe quel livre. Pas sûr. J’ai, à titre personnel trois moyens de choisir mes lectures. Bien entendu, ils se mêlent très fréquemment, mais on peut tout de même en les distinguer. – Le nom de l’auteure. Dans de rares cas, il suffit que je sache que mon auteure fétiche publie pour que je pré-commande un roman. C’est le cas avec Colleen Hoover. Mon plaisir maintenant est de ne pas lire la quatrième de couverture pour être totalement surprise, car, avec elle, vous n’êtes même pas sûrs du genre dans lequel elle s’exprime. Cela peut être une romance classique, un thriller, de la littérature sentimentale, un young adult… Elle aime aller là où on ne l’attend pas et elle m’emporte avec elle à chaque fois. Pour moi, son nom suffit. Une autre de mes auteures fétiches est LJ Shen qui est mon plaisir inavouable puisqu’elle dépeint à chaque fois des héros épouvantables que je déteste sous la plume des autres mais pas la sienne. Allez comprendre… – La lecture d’une quatrième de couverture vient compléter une couverture attrayante ou une recommandation. Je crois que c’est ce qui fonctionne le mieux chez moi…

La romance et les droits des femmes

Je profite de cette journée du Droits des Femmes pour revenir sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur et faire un petit état des lieux totalement personnel sur la romance et le féminisme. Je suis blogueuse et pas journaliste ni chercheuse donc je n’exprime ici que mon ressenti et pas une enquête approfondie et étayée par des chiffres. Cela ne rend pas ce ressenti nul et non avenu parce que je recherche maintenant des éléments dans une romance que je ne trouve pas toujours, assez rarement même et cela m’interroge. Première chose, il n’est pas question d’imposer du militantisme dans la romance ; elle peut revêtir un ton militant. Ou pas. Mais il n’en demeure pas moins que les lectrices étant des femmes, parfois très jeunes, il faut peut-être faire attention à ce que l’on véhicule, à ce qu’on dit. Mon attention a été attirée récemment par un article de Titiou Lecoq qui soulignait l’angle mort que représentaient les très jeunes femmes dans la prise en charge et le repérage des cas de violences dites conjugales. Justement à cause de ce terme. Certaines jeunes filles pensent que c’est un souci de femmes en couple, plus âgées qu’elles et que…

La chronique des Bridgerton, une série romance à l’écran

Quelle excellente nouvelle que l’adaptation d’une série de romances historiques comme les Bridgerton ! D’abord parce que c’est très bien fait, mais également parce que certains tabous anti-romances semblent avoir sauté, et il y a longtemps que j’attendais cela. Pas la peine d’être un fan absolu de romances pour regarder cette série et surtout pas un fan des romances historiques. J’ai lu plusieurs avis qui commencent de la même façon : « Je ne lis pas de romances historiques mais j’ai adoré… » L’explication est très simple, le parti-pris de la production américaine ayant été de prendre un ton très contemporain dans une contexte ancien, permettant d’aborder des problèmes nous concernant directement comme la place des femmes dans la société, la diversité, les différences sociales, le tout avec un certain humour. J’ai fait des études d’histoires donc je sursaute parfois devant certains propos ou certaines réactions, mais il faut avouer que la romance historique a toujours été ainsi : elle multiplie les anachronismes pour présenter une période plus rêvée que réelle et nous intéresser. Cela était vrai du temps de Barbara Cartland, de Kathleen Woodiwiss ; cela l’est encore dans les années 2000 lorsque Julia Quinn commence la publication de cette série. Elle…

Les meilleurs romances de 2020 selon Goodreads

L’approche de la fin de l’année est souvent synonyme de romances de Noël mais également de classements des meilleurs livres publiés. La plupart des sites répertoriant les avis des lecteurs s’y livrent. Je suis très attachée à Goodreads, site américain où se trouvent d’ailleurs des livres de tout pays. Chaque fin octobre, commence le premier « round », quinze titres sont sélectionnés et cela se termine plusieurs semaines plus tard par l’élection du meilleur. Dans la catégorie romance (il y en a de nombreuses autres), j’ai été frappée par l’évolution récente, sur quelques brèves années, des titres considérés par les lecteurs comme les meilleurs de l’année. Cette année, je crois que la mutation est effectuée. Il ne reste plus tellement des grands noms d’il y a quelques années hormis ceux d’auteures qui ont beaucoup évolué. Plutôt que vous présentez les quinze titres, je vais les classer selon ce que j’ai noté. Les reines du genre tiennent le choc mais… En effet, on retrouve des noms connus comme celui de Colleen Hoover (qui est là chaque année et gagne très souvent) avec Regretting You, puis les Christina Lauren (au pluriel puisque c’est un duo d’auteures), avec In a Holidaze, et Jennifer Armentrout, avec…

La saison des romances de Noël est arrivée !

Il n’y a pas besoin de passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux pour découvrir que Noël approche dans la romance. Il n’y a qu’à regarder les sorties annoncées en octobre pour voir se bousculer des pulls à col roulé tricotés main avec d’affreux dessins ; des sapins, des boules, du vert (sapin !) et de la neige (qu’on ne verra sans doute plus que dans les romances avec le réchauffement climatique). Je ne détaille pas davantage mais vous voyez certainement ce que je veux dire. Il y a quelques années, les sorties étaient bien moins nombreuses et provenaient toutes des USA. En effet, ce n’est pas du tout une tradition française et dans la romance, ça a longtemps été réservé à l’historique. Il s’agissait souvent de nouvelles, de livres plus courts, parfois liés à un roman précédemment publié et qui permettait de voir le couple de héros fêter son premier Noël. Charmant ! Les thèmes étaient alors particulièrement tournés vers la magie de Noël, le miracle, parfois la naissance. Bref, ces histoires s’inscrivaient dans une tradition chrétienne se référant directement à des éléments religieux comme les douze jours après Noël (Twelvetide) qui désignent la période allant du 25 décembre…

La romance et le piège du mommy porn

L’expression mommy porn a été popularisée au moment de la publication de Fifty Shades of Grey, d’EL James. Le mot qualifie au départ un type de films pornographiques mettant en scène des femmes qui ne sont plus des jeunes filles. Cela se voulait une double insulte pour cette saga au succès énorme. Non seulement, il était un porno, c’est à dire forcément nul en dehors du pouvoir d’excitation qu’il suscitait, mais il était aussi du porno pour « maman », c’est à dire des mères de famille qui meurent d’ennui et ne trouvent pas leur compte d’excitation sexuelle dans les sites dédiés ou les films, plus souvent réservés à un public masculin ; les femmes auraient besoin d’autres choses ; en filigrane, on ajoutait une dernière pique : les femmes, pour être excitées, ont besoin d’un habillage « romantique ». La scène elle-même ne suffit pas, mais ajoutez un peu de « blabla cucul la praline » et cela fonctionnerait. Cette expression a immédiatement contribué à dévaloriser le livre, à l’évacuer, sans se poser du tout les questions de son succès. Cela fonctionnait, car c’était du porno. Que les femmes le lisent en masse, qu’elles admettent qu’une initiation sexuelle sado-maso était parfaitement admissible, était pourtant un fait…

Le contexte américain dans la romance francophone
article/billet d'humeur/analyse / 21 septembre 2020

Pourquoi de nombreuses romances francophones se déroulent-elles aux États-Unis, dans un contexte qui se prétend américain alors que bien souvent, l’histoire pourrait se dérouler à Vesoul, Vladivostok ou Valparaiso, sans que cela ne change quoi que ce soit ? Voilà la question que je me pose très souvent en consultant le résumé d’une romance francophone ou en lisant les commentaires des lectrices dans des groupes ou sur les réseaux. Ce serait apparemment plus glamour, plus sexy. C’est surtout très commun pour les lectrices, nourries aux séries Netflix et autres qui sont très souvent anglo-saxonnes, c’est vrai. Ajoutons que la romance francophone emprunte de nombreux tropes à celle qui vient d’outre-atlantique et vous avez votre réponse. En effet, si vous parlez de romance sportive, il est souvent question de baseball et de football américain. Si ces sports existent chez nous, ce ne sont pas, et de loin, les plus connus et les plus pratiqués. Difficile donc de situer une intrigue ailleurs que dans le pays qui a contribué à les développer et où il y a des équipes et des joueurs vedettes. Il en va ainsi de quelques thèmes, finalement peu nombreux. Pour la plupart, les intrigues pourraient probablement se dérouler…

La dark romance est-elle une romance comme les autres ?

Il me semble qu’il est opportun de revenir sur cette niche de la romance, celle qu’on appelle la dark et qui est souvent présentée par les lectrices comme la vraie romance, pas celle pour tout le monde, puisqu’elle joue avec tabous et limites du supportable. Confidentielle, rarement publiée chez les grands éditeurs (ne vous fiez pas à des titres qui se disent dark romance ou s’intitulent comme ça, ce n’est pas forcément les plus représentatives), la dark romance ne faisait pas vraiment parler d’elle, mais le fait que Netflix ait mis à son programme le premier opus d’une saga polonaise qui emprunte l’un des scénarios les plus anciens de la dark, l’enlèvement et le syndrome de Stockholm, pousse à se réinterroger sur ce genre. La dark romance est un genre qui a la particularité de développer une romance, là où elle ne devrait pas naître. Nous sommes donc aux confins du genre, presque en dehors. – Le premier élément est la violence. Elle est inhérente aux genres et elle s’exerce souvent contre les héros, plus particulièrement l’héroïne. – Le second est des relations sexuelles qui participent à la violence. Elles sont souvent imposées, basées sur la douleur des héros, particulièrement…

La chute d’ Autant en emporte le vent

J’ai lu Autant en emporte le vent très jeune, je devais avoir une quinzaine d’années. J’adorais les romans historiques, je dévorais les livres et je ne le savais pas encore mais j’avais un goût pour les romances. Le contexte de la guerre de Sécession et le couple Scarlett/Rhett m’a envoûtée. Je le trouvais terriblement séduisant, follement ironique et visiblement tellement amoureux d’une jeune femme imparfaite, capricieuse, mais d’une force mentale exceptionnelle, capable de résilience. Il incarnait le héros par excellence. C’est sans doute ma première émotion autour d’une romance. J’avais beaucoup apprécié le contexte de la guerre de Sécession, de ce monde qui s’écroulait, un vieux monde, celui basé sur l’esclavage. Naturellement, je me réjouissais qu’ils perdent cette guerre et j’admirais profondément les soldats du nord qui mettaient fin à cela, dans la violence, certes. Je me souviens avoir lu le livre un été, en quelques jours, et me faire disputer par ma grand-mère parce que je ne venais pas manger quand on m’appelait, scotchée à ma lecture. Ce qui, pour ceux qui me connaissent, est un signe de passion extrême chez moi. L’année scolaire qui a suivi, ma prof d’anglais ( les séries américaines faciles d’accès n’existaient pas, Netflix…