Libérées de Titiou Lecoq

22 octobre 2017

Je préfère prévenir dès le départ, j’ai totalement adhéré au livre de Titiou Lecoq car chaque chapitre, chaque phrase (ou presque, il ne faut pas exagérer non plus!) m’a parlé, m’a éclairée ou reprend quelque chose auquel je crois depuis longtemps. En un mot, Titiou Lecoq et moi sommes totalement sur la même longueur d’ondes sur le sujet. Cela nuit forcément à un jugement objectif, je l’admets mais je l’assume !

Alors quel est ce sujet ? Le féminisme, avec cette couverture pétante, ce poing levé et ce sous-titre qui n’est pas qu’une formule, loin de là : Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale.

En effet, la chaussette sale (toujours unique, oui, oui, nous avons tous constaté cette règle étrange qui fait que la paire de chaussette perd souvent un de ses membres !) et de façon plus générale, les tâches ménagères sont encore au coeur de l’inégalité homme/femme. Titiou Lecoq aborde de cette façon un bilan du combat féministe, sa situation actuelle. La chaussette vous suivra au cours de son essai, même dans la conclusion mais le propos va bien au-delà, dans quatre grands chapitres qui permettent de voir le combat pour l’égalité homme/femme actuellement. Et cela est follement instructif. Nous pouvons ainsi en savoir plus sur l’inégalité fondamentale qui existe encore dans la répartition des tâches ménagères, le rôle de la femme et de l’homme dans notre société, la place de la femme en dehors de la maison ou sur les exigences de perfection que les femmes cherchent sans doute encore trop à atteindre.

J’ai adoré la façon dont cette démonstration est faite. Cet essai est totalement accessible parce qu’il est écrit avec notre langage d’aujourd’hui par une femme de notre époque, qui parle facilement de sa propre expérience personnelle, avec son compagnon et ses deux enfants. Elle ressemble sans doute à beaucoup d’entre nous et cela vous parlera forcément d’une manière ou d’une autre. Mais ce n’est pas qu’un témoignage, loin de là. Car Titiou Lecoq s’est documentée et apporte ainsi tout l soutien de nombreux livres publiés sur la question par des sociologues, des écrivains, des psy… De nombreux experts qui se sont intéressés de près ou de loin au sujet de la femme dans notre monde, de sa place et de ce désespérant constat qu’il est bien difficile de parler du sujet et de reconnaître l’égalité avec les hommes aujourd’hui.

Il se trouve que le livre de l’auteure a été publiée au moment où plusieurs affaires ont défrayé la chronique et viennent tristement confirmer ses propos. Cela ne fait que renforcer l’utilité, la nécessité de cet essai et le fait que chacun, homme et femme, devrait le lire.

Le livre est simple, facile d’accès, pas trop long, sans agressivité aucune. Je regrette de devoir préciser cela car, trop souvent encore, le mot féminisme évoque pour certains des positions « extrêmes », « agressives », de femmes qui ne se reconnaissent pas comme telles. Ici, personne n’est mis en cause, bien au contraire. Ce n’est qu’une façon de réaffirmer que le combat féministe a déjà fait faire bien du chemin mais qu’il en reste encore à parcourir et que cela ne se fera qu’avec l’ensemble de la société et par l’éducation. C’est simple, frappé au coin du bon sens, mais cela fait du bien à lire et d’avoir des arguments, des chiffres pour argumenter.

Cet essai est riche, documenté, accessible. Il propose des solutions, des exemples et même des tests à effectuer pour mesurer sa propre situation par rapport à l’égalité homme/femme. Lisez-le, faites-vous votre opinion et comme le message dominant est c’est celui de l’égalité mais aussi de la liberté, faites comme bon vous semble. Mais au moins, vous aurez les idées claires sur la situation d’aujourd’hui.

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Résumé

Un jour, je me suis demandée : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule.
Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve. L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence : l’espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale ?

One Comment

  • Lybertaire 6 août 2018 at 20 h 29 min

    J’ai publié récemment ma chronique de ce livre que j’ai beaucoup aimé ! Il se trouve que, pour les chaussettes, je prends toujours les premières qui viennent, et je trouve même que c’est plus joli d’avoir de les dépareiller, de couleurs différentes ! Sinon blague à part, oui, malheureusement, le féminisme est attaqué de toutes parts, de manière consciente ou pas, car il remet en question la norme masculine sur laquelle est bâtie la société. Cela dit, s’il y a des attaques, c’est que le mouvement est réellement menaçant, sinon on nous laisserait blablater dans notre coin sans y prêter gare 😉

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