J’ai regardé la première saison de Outlander…
article/billet d'humeur/analyse / 27 décembre 2016

Voilà la série qui a le vent en poupe depuis quelque temps. J’avais lu, en son temps, le premier tome de cette saga, dont je rappelle quand même qu’elle date des années 90, période où l’on aimait les time travels ( voyages dans le temps) et les héroïnes avec un petit pois dans le crâne. Je me souviens d’une lecture qui ne m’avait pas emballée plus que cela et je dois dire que de ce point de vue la série est conforme… Je ne suis pas enchantée. Alors, je vais vous donner mes impressions en précisant tout de même plusieurs points : Tout d’abord, si vous ne voulez pas être spoilés sur la saison 1 de la saga, n’allez pas plus loin… Si vous avez adoré et que vous détestez qu’on dise du mal de vos petits chouchous, n’allez pas plus loin… Même si je vais être un peu sarcastique, j’ai regardé toute la saison ce qui montre que je me suis prise au jeu donc que quelque chose fonctionne aussi sur moi, mais seulement, j’ai du mal à comprendre l’engouement qu’on porte à cette saga loin d’être parfaite à mon sens. Donc, l’histoire repose sur le transport dans le temps…

Le beau gosse, le bébé et la lectrice de romance
article/billet d'humeur/analyse / 19 décembre 2016

Non ce n’est pas une fable, c’est un simple constat sur l’émergence d’une scène récurrente dans certaines romances : l’apparition du héros dans toute sa mâle virilité tenant un tout petit, mini bébé qu’il pourrait écraser dans ses grosses pattes, mais qu’il manipule avec toute la délicatesse requise, les yeux brûlants d’amour. Ou qui abandonne toute dignité masculine pour faire plaisir à un petit bout … Je pense que vous avez déjà des étoiles dans les yeux et que vous avez déjà quelques petits papillons qui s’agitent dans votre ventre… C’est le but de ce genre de scènes. Le grand mystère est de comprendre son effet. Décortiquons tout ça. Parce que tout de même, un papa ou un oncle, ou tout homme qui porte un enfant ne devrait pas déclencher à ce point l’hystérie féminine. Oui, mais voilà, revenons un peu en arrière… Pendant longtemps, la toute petite enfance a été une histoire de femmes. Le père ne s’approchait pas de ce petit être braillard qui tète, dort et salit ses couches. C’était une affaire de femmes ça. Qui est capable de le nourrir ? Celle qui a les seins faits pour ça ! Il boit un biberon ? Pas grave……

Plaidoyer pour une romance féministe
article/billet d'humeur/analyse / 12 décembre 2016

J’en vois déjà certains froncer les sourcils en se disant qu’ils ne lisent pas de la romance pour découvrir des propos militants qui tuent le glamour et pourtant, il me semble que la romance pourrait et devrait, au moins partiellement et intelligemment, avoir ce rôle. Elle en a les moyens et quelque part, elle le fait déjà sans aller jusqu’au bout du principe. Alors, pourquoi cet article maintenant  ? Pour trois raisons bien distinctes : La première est une lecture qui n’a pas bouleversé ma vie personnelle mais m’a montré de façon éblouissante comment la romance justement peut être féministe, le livre de Colleen Hoover, It ends with us. La seconde est que cela m’a rappelé que Robyn Carr, Brenda Novak et bien d’autres, dans les années 90 et 2000 ont écrit nombre de romances contemporaines sur des thèmes sensibles pour les femmes avec un but clairement éducatif et pédagogique. C’est donc possible mais avec ce que notre époque a de spécifique. Le dernier point, le plus triste et le plus grave, est que rien n’est acquis encore en France. Oui, la situation des femmes à la maison, au travail, dans la rue, a changé mais les acquis sont partiels,…

Quelle coïncidence…
article/billet d'humeur/analyse / 5 décembre 2016

Je crois qu’il est temps d’aborder un des détails de la romance qui a le don de m’agacer le plus : les coïncidences extraordinaires qui font que les héros se rencontrent par pur hasard à tous les coins de rue ou tombent sur l’info qu’il cherchait depuis toujours juste au moment où il faut, bref, tout ce qui fait que l »intrigue d’une romance connaît un rebondissement qui tombe de la lune. Si vous ne voyez pas à quoi je fais allusion, je vous donne quelques exemples, parmi les plus lus. Premier exemple: l’héroïne va commencer dans une nouvelle école ou un nouveau boulot ( cela dépend si elle est encore étudiante ou pas), elle décide de passer une dernière soirée de liberté et de fêter ça et se rend donc dans un bar. Et là, grosse méga-surprise du je n’en reviens pas, elle tombe sur un dieu vivant, beau, séduisant, intelligent qui évidemment pense la même chose d’elle. Cela leur permet de passer une soirée voire une nuit géniale. Ils ont discuté, bu ensemble, se sont trouvés de super affinités mais bizarrement ont évité de se donner leur nom complet et leur métier. Et puis, il se disent avec regret…

Le charme irrésistible du renard argenté
article/billet d'humeur/analyse / 28 novembre 2016

Non, je n’ai pas décidé de faire soudainement une chronique animalière. Donc, il n’est pas question de parler de ça :       mais plutôt de ça :         Ou ça :             Vous aurez compris, il s’agit de ce qu’on appelle en anglais, le silver fox, le renard argenté en français, référence aux cheveux poivre et sel de la personne, même si d’ailleurs, elle n’en a pas. Eh oui… L’Oréal, et tout et tout… Lançons-nous dans une présentation de cette espèce rare, pas vraiment en voie de disparition, même si franchement, dans cette époque où la romance NA est à son apogée, le quadragénaire même sémillant, ou pire le quinquagénaire semblent plus évoquer l’âge glaciaire qu’autre chose. La plupart du lectorat nouvellement acquis est très jeune, au pire trentenaire et ne fantasme que de façon exceptionnelle sur un héros plus âgé. Évidemment, tout le monde reconnaît le charme de Johnny Depp, George Clooney ou Brad Pitt qui sont de véritables publicités pour le Silver Fox mais l’entourage de la lectrice fait que souvent le « quadra » ou le « quinqua », ne ressemblent pas vraiment à ça, bien au contraire. Il a souvent…

Les relations taboues dans la romance
article/billet d'humeur/analyse / 20 novembre 2016

Parmi les thèmes les plus efficaces de la romance, il y a le « forbidden love », la relation interdite, du moins en théorie, celle qui ne devrait pas aboutir car elle est condamnée par la société, la loi aussi, et pose un problème moral, judiciaire ou autre. Pour expliquer un peu ce thème très efficace, je prendrai des exemples dans trois romances contemporaines en vo que j’ai lues récemment. Elles illustrent bien le mouvement avec un exemple hyper banal et d’autres plus rares. Il y en a beaucoup d’autres bien sûr mais ils sont très évocateurs. La première question est de se demander pourquoi ces schémas sont aussi recherchés par les lectrices. La réponse est assez simple. C’est sans doute un problème de transgression. Au plaisir de la découverte de l’autre, de l’amour qu’on se découvre pour lui, de l’alchimie qui existe entre deux personnes, il y a l’interdit, le fait que la société ou la loi s’y opposent ou trouvent cette relation scandaleuse. Au-delà de la difficulté de construire une relation, il y a à vaincre les préjugés ou plus encore. C’est toi et moi contre le monde entier, toi et moi qui dépassons les limites que la société impose….

Romance et politique aux USA : une liaison dangereuse ?
article/billet d'humeur/analyse / 14 novembre 2016

C’est un sujet qui n’interroge pas vraiment, la plupart du temps, car les auteures de romance en parlent rarement, sans doute parce qu’il cumule deux handicaps : le manque de glamour et son aspect très controversé donc délicat. En général, sauf exception, les auteures ne parlent pas de cela, suivant sans doute une sage réflexion : dans leur lectorat, il y a forcément un pourcentage non-négligeable d’électeurs du camp opposé au leur donc s’exprimer dans un sens ou dans un autre est éminemment dangereux et sujet à polémique. En tous cas, c’est très contre-productif pour elles. Le silence est donc de rigueur . Il y a très peu de romances portant sur le milieu politique américain. La seule qui a pignon sur rue et qui a osé dernièrement est Katy Evans avec l’excellentissime Mister Président qui, d’ailleurs, soulève de très intéressantes interrogations. Le fait que Matt Hamilton, son héros, soit un candidat indépendant des deux parties, bardé d’idéaux, intègre et courageux, montre à quel point la romance est faite pour rêver mais fait clairement passer un message ! Mais, la vie politique récente aux USA a un peu bouleversé la donne. « L’originalité  » du candidat républicain, Donald Trump, la brutalité…

L’irrésistible montée du connard dans la romance

Titre intéressant, n’est-ce pas ? Et il va nécessiter quelques explications  ! Ce terme peu élégant permet de qualifier un certain type de héros dans la romance, qui a tendance à se banaliser de plus en plus, même s’il n’a pas attendu ces derniers mois pour faire son apparition dans nos livres. Alors qu’est-ce qu’un connard ? C’est tout d’abord un héros très désagréable, mais précisons tout de suite : il peut être désagréable avec tout le monde, mais il l’est prioritairement avec l’héroïne. Et quand je dis qu’il est désagréable, c’est qu’il l’est vraiment. C’est à dire qu’il va développer un niveau d’agressivité et de méchanceté assez inouï avec l’héroïne qui, en général, répond assez peu, mais nous reviendrons sur ce point. Alors, c’est une vieille lune de la romance et si on lit Orgueil et Préjugés de Jane Austen, qui n’est pas une romance d’ailleurs, Mr Darcy en est sans doute un des premiers modèles : froid, apparemment imbu de lui-même et de la supériorité de sa classe sociale, il déplaît fortement à l’héroïne qui va le classer dans la catégorie des… connards, même si, bien entendu, le terme n’était pas celui employé alors. Donc, ce n’est pas nouveau et même mieux,…

Romance et Actualité : un ménage difficile ?

La romance exploite relativement peu l’actualité la plus brûlante, ce qui est un peu contradictoire car un des éléments qui garantit qu’un livre va fonctionner est qu’il est situé dans notre monde le plus immédiat avec des références physiques, technologiques… qui nous rappellent les nôtres. Ainsi, les héros sont devenus de plus en plus barbus pour suivre la mode des hommes actuellement. Mais, si vous voulez des références au contexte le plus actuel, vous serez sans doute déçus. Les romances évitent soigneusement de trop évoquer notre monde le plus contemporain, notamment ces caractéristiques les plus pénibles et douloureuses. Ainsi, on a commencé à parler des guerres auxquels les Américains ont participé qu’assez tardivement après leur début. L’action des soldats américains en Afghanistan ou en Irak a été évoquée de plus en plus mais de façon, en générale assez lointaine. C’est pourtant l’un des contextes le plus utilisé et presque de façon contemporaine aux évènements. Il est d’ailleurs très intéressant de voir l’évolution de l’opinion publique américaine dans leur traduction dans la romance. Au départ, le mythe du héros qui va sauver le monde du terrorisme est très fort. Puis, peu à peu, la part belle est donnée au fameux syndrome…

Les « vrai » ou « faux » de la New Romance

Ce n’est pas la première fois que j’écris un article sur la New Romance mais ce genre a connu tellement de bouleversements ces dernières années qu’il est parfois difficile pour les lecteurs/éditeurs/libraires ( la liste n’est pas exhaustive) de savoir exactement ce que ce terme recouvre. Pour éviter un long article ennuyeux, truffé de définitions, voilà un petit quizz sur la base du « vrai » ou « faux » qui peut être instructif.       1) Le terme de « New Romance » vient des États-Unis et a été inventé par un éditeur américain. Faux ! Malgré sa consonance anglo-saxonne, cette expression a été créée par un éditeur français qui en a déposé la marque. Ce n’est pas la première fois que cela se produit et l’expression est particulièrement bien trouvée puisqu’elle a permis de qualifier tout le mouvement de romance contemporaine qui a explosé ces trois dernières années, environ. 2) Le New Adult, c’est de la New Romance. Vrai! Du moins, c’est globalement vrai. Le New Adult ( NA) est apparu dans la romance anglo-saxonne et a désigné un très intéressant mouvement né aux alentours des années 2010-2011, dans l’auto-édition ( les éditeurs classiques ne s’intéressaient pas trop à ces manuscrits). Il s’est caractérisé par plusieurs…