Romance et politique aux USA : une liaison dangereuse ?
article/billet d'humeur/analyse / 14 novembre 2016

C’est un sujet qui n’interroge pas vraiment, la plupart du temps, car les auteures de romance en parlent rarement, sans doute parce qu’il cumule deux handicaps : le manque de glamour et son aspect très controversé donc délicat. En général, sauf exception, les auteures ne parlent pas de cela, suivant sans doute une sage réflexion : dans leur lectorat, il y a forcément un pourcentage non-négligeable d’électeurs du camp opposé au leur donc s’exprimer dans un sens ou dans un autre est éminemment dangereux et sujet à polémique. En tous cas, c’est très contre-productif pour elles. Le silence est donc de rigueur . Il y a très peu de romances portant sur le milieu politique américain. La seule qui a pignon sur rue et qui a osé dernièrement est Katy Evans avec l’excellentissime Mister Président qui, d’ailleurs, soulève de très intéressantes interrogations. Le fait que Matt Hamilton, son héros, soit un candidat indépendant des deux parties, bardé d’idéaux, intègre et courageux, montre à quel point la romance est faite pour rêver mais fait clairement passer un message ! Mais, la vie politique récente aux USA a un peu bouleversé la donne. « L’originalité  » du candidat républicain, Donald Trump, la brutalité…

L’irrésistible montée du connard dans la romance

Titre intéressant, n’est-ce pas ? Et il va nécessiter quelques explications  ! Ce terme peu élégant permet de qualifier un certain type de héros dans la romance, qui a tendance à se banaliser de plus en plus, même s’il n’a pas attendu ces derniers mois pour faire son apparition dans nos livres. Alors qu’est-ce qu’un connard ? C’est tout d’abord un héros très désagréable, mais précisons tout de suite : il peut être désagréable avec tout le monde, mais il l’est prioritairement avec l’héroïne. Et quand je dis qu’il est désagréable, c’est qu’il l’est vraiment. C’est à dire qu’il va développer un niveau d’agressivité et de méchanceté assez inouï avec l’héroïne qui, en général, répond assez peu, mais nous reviendrons sur ce point. Alors, c’est une vieille lune de la romance et si on lit Orgueil et Préjugés de Jane Austen, qui n’est pas une romance d’ailleurs, Mr Darcy en est sans doute un des premiers modèles : froid, apparemment imbu de lui-même et de la supériorité de sa classe sociale, il déplaît fortement à l’héroïne qui va le classer dans la catégorie des… connards, même si, bien entendu, le terme n’était pas celui employé alors. Donc, ce n’est pas nouveau et même mieux,…

Romance et Actualité : un ménage difficile ?

La romance exploite relativement peu l’actualité la plus brûlante, ce qui est un peu contradictoire car un des éléments qui garantit qu’un livre va fonctionner est qu’il est situé dans notre monde le plus immédiat avec des références physiques, technologiques… qui nous rappellent les nôtres. Ainsi, les héros sont devenus de plus en plus barbus pour suivre la mode des hommes actuellement. Mais, si vous voulez des références au contexte le plus actuel, vous serez sans doute déçus. Les romances évitent soigneusement de trop évoquer notre monde le plus contemporain, notamment ces caractéristiques les plus pénibles et douloureuses. Ainsi, on a commencé à parler des guerres auxquels les Américains ont participé qu’assez tardivement après leur début. L’action des soldats américains en Afghanistan ou en Irak a été évoquée de plus en plus mais de façon, en générale assez lointaine. C’est pourtant l’un des contextes le plus utilisé et presque de façon contemporaine aux évènements. Il est d’ailleurs très intéressant de voir l’évolution de l’opinion publique américaine dans leur traduction dans la romance. Au départ, le mythe du héros qui va sauver le monde du terrorisme est très fort. Puis, peu à peu, la part belle est donnée au fameux syndrome…

Les « vrai » ou « faux » de la New Romance

Ce n’est pas la première fois que j’écris un article sur la New Romance mais ce genre a connu tellement de bouleversements ces dernières années qu’il est parfois difficile pour les lecteurs/éditeurs/libraires ( la liste n’est pas exhaustive) de savoir exactement ce que ce terme recouvre. Pour éviter un long article ennuyeux, truffé de définitions, voilà un petit quizz sur la base du « vrai » ou « faux » qui peut être instructif.       1) Le terme de « New Romance » vient des États-Unis et a été inventé par un éditeur américain. Faux ! Malgré sa consonance anglo-saxonne, cette expression a été créée par un éditeur français qui en a déposé la marque. Ce n’est pas la première fois que cela se produit et l’expression est particulièrement bien trouvée puisqu’elle a permis de qualifier tout le mouvement de romance contemporaine qui a explosé ces trois dernières années, environ. 2) Le New Adult, c’est de la New Romance. Vrai! Du moins, c’est globalement vrai. Le New Adult ( NA) est apparu dans la romance anglo-saxonne et a désigné un très intéressant mouvement né aux alentours des années 2010-2011, dans l’auto-édition ( les éditeurs classiques ne s’intéressaient pas trop à ces manuscrits). Il s’est caractérisé par plusieurs…

De la diversité ethnique dans la romance francophone ?

Ils ‘appellent Cole, Nathan, Zack ou Clément. Elles s’appellent Abbi, Jennifer, Pauline ou Cassandra… Nos héros se ressemblent beaucoup et pas simplement parce que les auteurs se conforment aux thèmes et aux habituels poncifs de la romance. En fait, c’est en lisant plusieurs romances francophones — mais, très sincèrement, la romance anglophone ne fait pas mieux — que je me suis rendue compte qu’elle ne laissait pas beaucoup de place à la diversité ethnique. Alors, attention, il n’est pas question du tout de prendre un ton politiquement correct et de s’indigner de ce fait en réclamant à corps et à cris des quotas ou une forme de discrimination positive qui obligerait, comme ce fut le cas, dans le cinéma américain, d’avoir un représentant d’une minorité ethnique au moins dans le générique. Cela a donné un nombre incalculable, il y a heureusement pas mal de temps, de méchants et de personnages à la mort prématurée ! Cela serait stupide, artificiel et justement… politiquement correct ; la romance l’est assez comme ça. Non, mais quand on écrit de la romance contemporaine, avec des personnages ancrés dans un présent immédiat, on peut tout de même s’étonner de noter que la romance francophone préfère toujours un…

Le choix de RBM – Les livres de la semaine du 1er août

Comme chaque semaine, voilà quelques titres qui m’ont tapé dans l’oeil. Une fois de plus,il s’agit essentiellement de vo, tout d’abord parce que c’est ce que je lis en priorité et aussi parce que les sorties sont au creux de la vague en français. Il n’y a jamais de période creuse en vo, par contre, comme vous pourrez le constater! Cet article sera toujours en ligne le mari ou le mercredi car les sorties en vo sont très importantes le mardi de chaque semaine! Vous savez tout! On commence par l’incontournable de ce début août. Pas la peine de présenter et je ne vous dirai rien du livre car je n’ai pas lu la quatrième de couverture, délibérément!                   On enchaine avec Kendall Ryan. Petite auteure de romance, sexy, ce livre est le troisième et dernier tome d’une série en épisodes. J’attendais pour commencer qu’il sorte. Un mariage arrangé, un couple qui tombe de façon imprévue amoureux. Classique et sans doute léger mais agréable.                 Un autre incontournable du mois, même si je n’ai pas lu le deux! Le quatrième tome de la série Arcane de…

Héroïnes de romance, sexe et féminisme

Au début de l’année 2016 est sorti Hard Boy de Helena Hunting. Le succès a été immédiat. Il est le coup de cœur de nombreuses lectrices, il a déclenché des tonnes de rires et est signalé comme très sexy. Je suis beaucoup plus réservée sur le roman lui-même, mais là n’est pas le sujet. Je me suis interrogée sur la raison pour laquelle les lectrices trouvaient ça si drôle et bien fait, sur les raisons du succès. Si l’on se fie aux commentaires des lectrices, l’héroïne est formidable. En fait, si on analyse le personnage, qu’est-ce qui en ressort ? Eh bien, elle se comporte comme un homme et objective le héros. Cette héroïne affirme tranquillement et sans complexe qu’elle aime le sexe. La toute première scène est d’ailleurs une scène de masturbation, interrompue, comble de l’humour, par la mère de l’héroïne elle-même. Le ton ne changera pas d’un iota. L’héroïne est fascinée par le sexe énorme du héros qui est d’ailleurs réduit à cela puisque la plupart du temps, il est désigné par des surnoms qualifiant la taille du monstre. Je vous épargne les détails, mais nous sommes dans un renversement de la vision habituelle, du moins de celle que…

Le Choix de RBM : Les livres de la semaine du 26 juillet

Comme la semaine dernière, peu de livres français pour moi, par manque d’offre! Il sort les nouvelles de Valéry K. Baran et Emily Blaine, issues du recueil publié en mars au moment de Livre Paris. La critique est déjà sur le blog pour chacune d’elle. Il en reste quelques-unes, comme celle de Cécile Chomin ou d’autres, encore, sur lesquelles je me pencherai certainement.   Donc, comme d’habitude beaucoup de vo! Les sorties sont nombreuses et alléchantes avec une recrudescence de romantic suspenses notamment, des suites intéressantes et des auteurs que j’aime beaucoup. Cette auteure est un auto-buy pour moi; Lauren Layne signe des romances légères et sans prétention, très classiques mais réussies. ici, la rencontre entre une wedding-planner et le frère de la future mariée.             Broken Prince est le tome deux d’une trilogie de deux auteurs Elle Kennedy et Jen Frederick. Le résumé est mystérieux, j’attendrai peut-être le trois annoncé en octobre pour commencer cette série.                 Encore deux auteurs associées, Chelle Bliss et Brenda Rothert pour une romance dans le milieu politique avec deux héros d’un bord différent, donc ennemis.            …

La romance peut-elle se passer d’une fin heureuse?

Peu à peu, les codes de la romance sautent. Il n’en reste plus guère, sauf peut-être le HEA, Happily Ever After en anglais, c’est à dire la fin heureuse ou le « tout est bien qui finit bien ». Et encore… Plusieurs romances sont sorties ou ont défrayé la chronique ces derniers temps, ouvrant la porte à d’autres, qui ne respectent pas ce principe apparemment intangible. C’est le cas de plusieurs romans adaptés au cinéma ces dernières années, par exemple. Ils se terminent par la mort d’un des protagonistes. Car, en effet, si la romance dévie de cette règle bien établie, ce n’est pas pour voir l’histoire d’amour finir par une infidélité ou de la routine quotidienne, mais bien à cause de la mort de l’un, voire des deux personnages. Seule la mort les sépare, et encore, ce qui reste un grand classique des histoires sentimentales qui ont émaillé la littérature depuis longtemps. En effet, jusqu’il y a peu, il n’y avait guère de doute que les histoires d’amour finissaient mal en général (comme le dit si bien la chanson). Regardez du côté de Roméo et Juliette, Héloïse et Abélard, Tristan et Iseult… À part dans les contes de fée…