Héroïne de romance, un métier difficile.

J’ai très souvent parlé des héros de romance car, leur rôle est fondamental, ne nous le cachons pas… C’est lui fait rêver avec ses qualités surhumaines. Mais l’héroïne a une fonction différente et elle doit aussi être particulièrement parfaite. Son rôle est un peu ambigu : elle est moins intéressante car le héros est celui auquel les lectrices veulent absolument s’attacher ; mais l’héroïne est aussi celle en qui la lectrice s’incarne le plus. Dans la romance, c’est un phénomène très classique, la lectrice s’imagine plus ou moins (parfois, très peu, parfois, beaucoup) être à la place de l’héroïne. Donc son importance n’est pas négligeable et il y a des caractéristiques qui plombent gravement l’opinion qu’on a du personnage principal féminin. Alors qu’attend-on de l’héroïne quand on ouvre une romance ? Qu’est-ce qui la caractérise ? C’est une jeune femme ordinaire : eh oui… le héros est parfois super riche, un super sportif, il est super beau, super bon au lit, il est super bad boy tatoué… et l’héroïne est une fille ordinaire ? Forcément… Si vous voulez que l’identification soit possible, vous prenez un risque ne mettant une femme magnifique, aux mensurations parfaites, mannequin à ses heures, quand elle…

Tu ne tromperas point, premier commandement de la romance.

La romance a fait exploser pas mal de carcans ces derniers temps, mais il reste quelques tabous difficiles à secouer pour des raisons impossibles à vraiment expliquer. L’un d’eux est l’adultère ou l’infidélité. Je suppose que même lire ces mots dans un article parlant de romance fait dresser les cheveux de certaines. Alors, parlons un peu d’infidélité dans nos romances contemporaines. Première remarque, elle existe bel et bien mais est toujours présentée comme une épouvantable trahison perpétrée par l’ex de l’héroïne (cas le plus fréquent) ou du héros (cela arrive plus rarement car comment convaincre alors qu’il est l’idéal masculin si au moins une femme en a douté ?) Cela donne des scènes d’entrée dans les romans où l’héroïne raconte souvent sur le mode tragi-comique son arrivée impromptue chez elle et la découverte en pleine action de son homme avec une autre femme : sa meilleure amie (double trahison), sa sœur (là, ça frise l’excommunication), sa secrétaire/assistante (très) personnelle/collègue (plus jeune, avec une taille de bonnets de soutien-gorge inversement proportionnelle à la quantité de ses scrupules). C’est la situation par excellence permettant de montrer la revanche sur la vie que prendra l’héroïne en trouvant, plus beau, plus doué au lit,…

La dark romance : entre interrogations et fascination

Voilà un domaine de la romance dont on parle finalement plus qu’il n’y a de livres qui paraissent. Ce genre est assez confidentiel étant donné son aspect très particulier mais justement à cause de cela, il fascine aussi. Il me semble que c’est d’ailleurs encore plus fort en France qu’aux États-Unis où, comme tous les autres genres de la romance, est née la dark romance. Il y a encore assez peu de livres dans ce genre qui recouvre en plus des tendances différentes. Pour compliquer le tout, le « bully », le héros masculin qui embête ou harcèle une héroïne, est souvent confondu avec le personnage principal d’une dark romance. Cela créé pas mal de flou sur ce genre dont je vais essayer de préciser les contours et la définition. Historiquement, la dark romance est née plutôt dans le genre érotique aux États-Unis, dans les années 2012-2013, en plein renouvellement de la romance contemporaine. Les romans auto-publiés sont alors contemporains des premiers titres de Colleen Hoover, Jamie McGuire, EL James, SC Stephens… Évidemment, ils n’ont rien en commun mais ils ont bénéficié de l’auto-édition de la même façon. Elle a été miraculeuse car comment un éditeur ayant pignon sur rue pouvait accepter…

Je Blog, Tu BookTubes, Elle Twitte… La blogosphère et la romance.

Qui dit livres de romance, dit blogs de romance ( blogs, forums, sites, comptes Instagram, groupes de lectures…) et je sais de quoi je parle parce que je m’exprime justement sur un blog de ce type. J’en ai connu d’autres et ceci depuis une dizaine d’années, bien avant que la romance soit connue par autant de lectrices, à une époque où les blogs étaient rares. L’idée de chroniquer la romance, de former un partenariat entre blogs et éditeurs ou auteurs était un peu saugrenue : à quoi cela allait-il servir ? Et puis faire une critique d’une romance… comme d’un « vrai » roman… Cela semblait étrange à beaucoup. Les temps ont changé et je ne vous apprendrai rien en disant qu’il existe maintenant des dizaines de blogs, de comptes Insta, forums… On s’y perd un peu et la visibilité est devenue difficile pour les nouveaux arrivants ou ceux qui ne trouvent pas un angle nouveau. Alors je ne vais pas analyser le phénomène, mais plutôt me lancer dans quelques réflexions sur le monde des blogs et autres (comme vous l’avez compris, le blog n’est qu’une forme d’expression de tout cet univers qui tourne autour de la romance et on peut le…

La romance après le mouvement #MeToo aux USA
article/billet d'humeur/analyse / 26 février 2018

J’ai écrit ici plusieurs billets exprimant ma perplexité par rapport à l’approche de certains sujets par les auteures de romance, notamment ceux qui touchent le plus les femmes. Je pense qu’il est intéressant de se pencher sur quelques frémissements que j’ai pu noter récemment dans la romance anglo-saxonne, semblant montrer une amorce de changement. Vous noterez mon extrême prudence, car il doit rester de nombreux freins à l’évolution des histoires. Mais il commence à sortir aux États-Unis des romances post-Weinstein et post-#MeToo. Il est sans doute pour les auteures difficiles de rester sourdes aux conséquences de ces mouvements. Je prendrai pour cela quelques exemples. Il ne faut pas les généraliser, mais il devient très difficile de voir certaines scènes ou d’entendre certains mots dans un romance aujourd’hui. Alors, au risque de déstabiliser certaines lectrices, les auteures commencent à bouger les lignes. Le premier exemple que je développerai est celui de la dernière romance de Vi Keeland, Sex not Love . Dans son histoire, le changement est infime, fugitif mais il bouge tout de même profondément les choses. Vi Keeland décrit toujours des héros arrogants, séducteurs et charmeurs, sûrs d’eux. Elle aborde les relations entre le héros et l’héroïne de façon…

Le « bully » héros de romance
article/billet d'humeur/analyse / 19 février 2018

Voici un titre énigmatique… Une des raisons est qu’il est anglais et que par souci marketing, les maisons d’édition francophones ont parfois délibérément créé la confusion avec la Dark Romance. Nous avions déjà parlé de ce genre qui a une définition stricte et si  le héros « bully » joue lui aussi avec les limites, ce ne sont clairement pas les mêmes. Encore une fois, cette confusion amène souvent des déceptions car si vous recherchez une romance basée sur un syndrome de Stockholm ou une équipée criminelle, des vengeances sanglantes, vous serez forcément déçus. Il est temps de lever le voile sur cette tendance ! « Bully » en anglais signifie petite brute, et comme c’est aussi un verbe, brutaliser, harceler, intimider. En gros, il s’agit d’un garçon (pas forcément dans la vie, mais dans la romance, c’est toujours comme ça), qui tyrannise une ou d’autres personnes, qui profite de sa position éminente dans un milieu, de sa force physique, de son argent ou de son pouvoir pour pourrir la vie de quelqu’un d’autre. En bref, c’est un personnage fort peu sympathique, qui normalement devrait être un méchant et il l’est souvent au départ, mais qui va révéler peu à peu qu’il n’est finalement…

Cigarettes, whisky… et romance.
article/billet d'humeur/analyse / 20 novembre 2017

Dans le paysage de la romance, un minuscule détail commence à apparaître de façon récurrente. Mais justement, le diable est dans les détails comme on dit et je me dis que c’est assez intéressant… Regardez plutôt…                 Le point commun est évident… La clope… Je pourrais vous parler de la série de Jessica Hawkins que je viens de déguster où là aussi, le héros fume et bien d’autres encore où il est question de cigarettes. Si vous lisez de la romance depuis quelques années, vous aurez du mal à trouver des couvertures présentant directement un héros en train de fumer et il est très rare qu’il en soit fait mention dans l’histoire. Fumer finalement n’était plus très sexy. On insistait sur la réalité : la cigarette entraîne des cancers et avant de vous tuer lentement, elle abime, votre peau, vous donne une haleine de cendrier, une voix, surtout quand on est une femme, caverneuse, évoquant déjà la tombe où la chose vous précipite. En gros, la clope, ce n’était pas bien, pas glamour du tout, et cela disparaissait de la romance, genre bien-pensant la plupart du temps. Bon, les héros boivent toujours beaucoup….

Romance, virilité et idéal masculin
article/billet d'humeur/analyse / 13 novembre 2017

  Je le dis souvent, la romance est un genre destiné principalement aux femmes et écrit par des femmes. De plus, elle parle de relations amoureuses et de problèmes féminins et/ou contemporains. Tout concourt à ce que la romance s’interroge sur les messages qu’elle délivre sur les rapports hommes/femmes et sur les comportements problématiques que la société semble découvrir depuis quelques semaines.   Je me suis exprimée plusieurs fois sur la très relative prise en compte du féminisme dans le romance. Trop souvent, on considère que l’héroïne doit avoir du répondant sans toutefois être très précis sur le sujet. Il y aurait les héroïnes nunuches, sottes, celle d’Indécise (S.C. Stephens) ou celle de Cinquante Nuances de Gris (E.L. James) qui se laissent manipuler par leurs hommes ou qui ne savent pas se décider. À titre personnel, je ne trouve pas que l’indécision soit le signe de stupidité ou de « nunucherie » mais c’est un autre débat. On a ainsi vu émerger des héroïnes badass, qu’il ne vaut mieux pas venir chercher, qui ont réponse à tout… Le seul souci c’est qu’au final, elles finissent par se ranger, par amour, et que le message parfois martelé lourdement disparaît au final avec un…

Les paradoxes de la romance
article/billet d'humeur/analyse / 29 septembre 2017

Il serait dommage que la romance ne s’interroge pas sur ses propres codes, sur ses troublantes hésitations, sur ce que j’appelle ses paradoxes. Je m’explique. La romance est un genre très codifié qui utilise un nombre limités de thèmes, de tropes et pare les héros d’un certain nombre de qualités et défauts qui vont leur donner un caractère humain plus ou moins crédible notamment dans le domaine des sentiments. Ainsi, un héros va être plutôt de caractère ouvert, joyeux, extraverti, bavard… ou l’inverse. Comme la romance est un genre qui idéalise beaucoup les relations amoureuses, il y a  bien entendu des limites à ne pas franchir et quelques éléments indispensables ou au contraire, totalement rédhibitoires. C’est là que se logent les paradoxes. Car si l’on comprend très bien que le héros doit être séduisant, plaire, il est très étonnant de voir parfois ce qui est considéré justement comme aimable et ce qui ne l’est pas du tout. Cette réflexion m’a été inspirée par la lecture d’une chronique récente où la lectrice qui s’exprimait disait à quel point elle avait fait preuve de mansuétude face à une héroïne qui avait commis des erreurs, sans préciser lesquelles d’ailleurs, mais on pouvait déduire…

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

Cette phrase rituelle à la fin des contes de fée a longtemps été celle qui concluait les romances et si, aujourd’hui, pour suivre les évolutions  culturelles, elle n’est plus aussi vrai, elle demeure vraie. Je vais m’intéresser surtout à la dernière partie de cette phrase car les bébés et les enfants demeurent la conclusion logique et immuable d’une romance réussie. C’est même un ressort essentiel de certaines histoires avec l’arrivée d’un bébé dans une relation qui débute ou qui va mal. Ma réflexion est venue de la lecture du romande Lauren Layne, I Knew You Were Trouble et je préfère prévenir : je vais spoiler un peu le roman, mais pas trop et surtout, il n’existe qu’en anglais pour le moment ! Dans ce roman, l’héroïne pour diverses raisons ne ressent aucune envie d’enfants et est à peu près sûre qu’elle n’en aura pas. Autant qu’il est possible d’être certain d’une chose car nous savons tous que parfois, on change d’avis. Là n’est pas le problème. Vous devinez la suite… non seulement elle va modifier son opinion dans l’espace de quelques semaines mais  son envie d’enfant va être très vite satisfaite par un accident de pilule oubliée (soupir…). La cause…