Sexe et romance, un mariage obligatoire ?
article/billet d'humeur/analyse / 20 février 2017

Il est impossible de parler de romance sans évoquer à un moment ou un autre les scènes de sexe qui s’y trouvent pratiquement systématiquement maintenant. Je ne vais pas tenter de faire la différence entre romance érotique ou romance tout court car je pense que c’est un débat un peu dépassé aujourd’hui, ni chercher à savoir s’il est question d’érotisme ou de pornographie. Il me semble que c’est souvent les détracteurs du genre qui tiennent absolument à qualifier de porno, le sexe dans la romance. Peu importe le nom que l’on donne, il y souvent des scènes de sexe dans une romance, c’est l’évidence. La raison est très simple mais cela ne l’était pas tant que cela il y a encore peu de temps : le sexe, dans notre société et à notre époque fait partie intégrante de la relation amoureuse et est totalement centrale pour beaucoup de couples. Ne pas en parler, édulcorer le propos devenait ridicule.Mais il faut savoir que cela a été très difficile à imposer et que pendant longtemps, les auteurs ont dû usé de subterfuges pour évoquer la sensualité dans une relation amoureuse car la morale condamnait le sexe hors mariage et à l’initiative d’une femme….

La romance francophone : état des lieux
article/billet d'humeur/analyse / 13 février 2017

Voilà un article qui risque de devenir récurrent car le panorama de la New Romance francophone change vite. C’est une plante vivace et nouvelle en pleine croissance et qui présente un nouveau visage de mois en mois. cet article n’a pas vocation à tout dire et ne représente que mon avis, dans sa partialité. C’est ma vision forcément particulière puisqu’elle est à la fois celle d’une lectrice et de quelqu’un qui travaille dans le milieu de l’édition. Cela n’a donc aucune valeur scientifique et il s’agit plus de réflexions ou de constats que d’une véritable analyse. Pour commencer, reprenons quelques faits : la New Romance a explosé en France comme dans beaucoup d’autres pays après la publication de Cinquante Nuances de Grey. je l’ai dit dès le début et cela s’est avéré depuis, ce romans  tout changé. Il a mis sur le devant de a scène un genre décrié, celui de la romance érotique. Qu’on juge ce livre érotique ou pas, qu’on le pense bon ou pas, il a modifié l’avis des auteurs, des lecteurs et des éditeurs sur la romance, la rendant moins tabou et surtout digne car capable de rapporter de l’argent. Depuis, il y a eu un…

La Dark Romance, la nouvelle romance à la mode ?

La Dark Romance commence à se développer en France et comme à chaque fois qu’un courant interne à la romance se développe, c’est la stupéfaction mais également la ruée pour essayer de récupérer le mouvement sans en comprendre parfois exactement les tenants et les aboutissants. Et il y a toujours aussi ceux qui crient au scandale dénonçant le fait que cela n’a rien de nouveau ou que c’est dangereux, malsain ou pervers. Avec ce courant, on peut en effet, se sentir très mal à l’aise, mais je reviendrai sur ce point. Il est donc peut-être temps de refaire un point sur cette niche de la romance. C’est en effet une niche, c’est à dire un courant interne à la romance visant un public précis bien moins abondant que les lecteurs de genres moins controversés. Il ne peut que l’être, c’est sa vocation. On peut essayer d’élargir ce public à coup de « Venez, ce n’est pas aussi effrayant que ce que vous pensez » ou en choisissant des titres qui ne sont que partiellement de la Dark Romance. L’idée est que l’étiquette suffira à jouer son rôle attractif. Dark Romance a un côté mystérieux et sulfureux qui fonctionne bien. La contrepartie est que cela…

Quand Anna Todd côtoie Guillaume Musso dans la liste des best-sellers

Le livre étant un produit commercial comme d’autres, il a droit aussi à son classement des ventes. Et celui de 2016 est tombé il y a quelques jours révélant quelques états de fait qu’on devrait méditer.   Pour consulter ce classement, vous pouvez suivre ce lien : http://www.lefigaro.fr/livres/2017/01/18/03005-20170118ARTFIG00307-les-vingt-romanciers-qui-vendent-le-plus.php À la troisième place, on trouve Anna Todd, qui avait déjà explosé les compteurs en 2015 mais est toujours bien présente avec plus d’un million de romans vendus dans notre pays.Pour une fois, une auteure qui se reconnaît officiellement comme étant une auteure de romance se situe à cette place enviable, juste derrière des stars nationales comme Guillaume Musso ou Michel Bussi… et juste devant Marc Lévy, excusez du peu. Dans les dix premiers meilleurs vendeurs de 2016, on trouve essentiellement des auteurs de romans policiers et d’autres qui sont bien près d’écrire de la romance comme Gilles Legardinier à la huitième place. Par prudence, ces écrivains masculins, Legardinier, Lévy ou Musso, se gardent bien de se classer dans ce genre, se contentant du qualificatif d’auteur populaire qui est déjà très lourd à porter mais ce sont en réalité des représentants d’une forme de romance écrite par des hommes.  Gilles Legardinier s’en est…

Ce qu’une lectrice de romance ne veut plus entendre…

Ne vous laissez pas abuser par le fait qu’on en trouve de plus en plus sur amazon ou sur les étagères des librairies, la romance demeure un genre qui met mal à l’aise, qui fait immédiatement naître des réactions un peu gênées chez les lecteurs eux-mêmes, parfois chez des auteurs et dans l’entourage de chacun d’entre nous. Pour une raison difficile à expliquer, la romance est un genre très mal vu encore, auquel sont attachés de sacrés préjugés, alors qu’on la retrouve directement ou pas dans la plupart des romans classiques, des films qui ont marqué leur temps, dans les romans contemporains, partout… Donc la lectrice de romance entend un certain nombre de sottises qui l’agace prodigieusement et auxquelles elle répond avec beaucoup de patience car elle est très gentille. Mais en cas où vous auriez un trou, un peu de manque de repartie la prochaine fois qu’un relou vous parle de vos lectures, voilà quelques suggestions de réponses. Ça vous évitera de réfléchir et de toute façon, la lectrice de romance, c’est bien connu, n’est pas équipée pour se servir de ses deux neurones qui se battent en duel Remarque relou n°1 : Ah tu lis de la romance,…

La lectrice de romance n’est pas une lectrice comme les autres

Je pense que je ne surprendrai personne avec un tel titre. Les lecteurs de romance le pensent ; ceux qui n’en lisent pas, aussi ! Tout d’abord, donnons quelque caractéristiques de la lectrice de romance. Vous vous reconnaîtrez aux moins partiellement, je pense. La lectrice de romance a une PAL – entendez une pile à lire – tellement importante qu’il lui faut un piolet et savoir escalader pour pouvoir espérer arriver au sommet. Et elle est contente comme cela ! Ne vous imaginez pas que notre lectrice est découragée ou frustrée, non, elle est heureuse de déborder, crouler, étouffer sous le nombre de livres. Elle ne les lira jamais tous mais ça ne fait rien. Un dictateur peut arriver et décider de brûler tous les bouquins, elle ne risque rien, elle a un stock permettant de vivre plusieurs vies de lecture. La lectrice de romance passe son temps à chercher de nouveaux livres à coller dans la PAL, fébrilement, comme si elle allait faire une crise de manque si elle n’en ajoutait pas. La lectrice de romance lit et relit certains passages voire des livres entiers, qu’elle a lus cinquante fois mais ça ne fait rien. Elle rit, sursaute, pleure, toujours…

Quand 2016 laisse la place à 2017…

En ce début d’année, il est peut-être temps de faire un petit bilan sur ce blog. J’y ai écrit mes critiques systématiquement depuis six mois même s’il est ouvert depuis un peu plus de temps. Il n’a pas encore atteint tous les objectifs que je me suis fixée par manque de temps uniquement ! Un jour peut-être, je parviendrai à tout développer, mais ce n’est pas le plus important. 2016 a été une année riche en changements professionnels surtout, mais cela a forcément un impact personnel. Les deux domaines se sont rejoints puisque je lis pour travailler et je travaille pour lire. Ce qui est quelque part ce que je voulais faire depuis toute petite. Il a fallu attendre un certain temps pour ça mais voilà… c’est soudain simple, évident et très agréable ! J’ai fait pas mal de rencontres durant cette année dans le domaine de l’écriture, des auteures, d’autres éditeurs, des bonnes personnes. Cela compte aussi beaucoup ! Mais du point de vue de mes lectures, les choses ont peu changé. J’aurai beaucoup de mal à vous donner mon coup de cœur de l’année car j’ai un terrible cœur d’artichaut et que je suis très infidèle la plupart du temps…

J’ai regardé la première saison de Outlander…
article/billet d'humeur/analyse / 27 décembre 2016

Voilà la série qui a le vent en poupe depuis quelque temps. J’avais lu, en son temps, le premier tome de cette saga, dont je rappelle quand même qu’elle date des années 90, période où l’on aimait les time travels ( voyages dans le temps) et les héroïnes avec un petit pois dans le crâne. Je me souviens d’une lecture qui ne m’avait pas emballée plus que cela et je dois dire que de ce point de vue la série est conforme… Je ne suis pas enchantée. Alors, je vais vous donner mes impressions en précisant tout de même plusieurs points : Tout d’abord, si vous ne voulez pas être spoilés sur la saison 1 de la saga, n’allez pas plus loin… Si vous avez adoré et que vous détestez qu’on dise du mal de vos petits chouchous, n’allez pas plus loin… Même si je vais être un peu sarcastique, j’ai regardé toute la saison ce qui montre que je me suis prise au jeu donc que quelque chose fonctionne aussi sur moi, mais seulement, j’ai du mal à comprendre l’engouement qu’on porte à cette saga loin d’être parfaite à mon sens. Donc, l’histoire repose sur le transport dans le temps…

Le beau gosse, le bébé et la lectrice de romance
article/billet d'humeur/analyse / 19 décembre 2016

Non ce n’est pas une fable, c’est un simple constat sur l’émergence d’une scène récurrente dans certaines romances : l’apparition du héros dans toute sa mâle virilité tenant un tout petit, mini bébé qu’il pourrait écraser dans ses grosses pattes, mais qu’il manipule avec toute la délicatesse requise, les yeux brûlants d’amour. Ou qui abandonne toute dignité masculine pour faire plaisir à un petit bout … Je pense que vous avez déjà des étoiles dans les yeux et que vous avez déjà quelques petits papillons qui s’agitent dans votre ventre… C’est le but de ce genre de scènes. Le grand mystère est de comprendre son effet. Décortiquons tout ça. Parce que tout de même, un papa ou un oncle, ou tout homme qui porte un enfant ne devrait pas déclencher à ce point l’hystérie féminine. Oui, mais voilà, revenons un peu en arrière… Pendant longtemps, la toute petite enfance a été une histoire de femmes. Le père ne s’approchait pas de ce petit être braillard qui tète, dort et salit ses couches. C’était une affaire de femmes ça. Qui est capable de le nourrir ? Celle qui a les seins faits pour ça ! Il boit un biberon ? Pas grave……

Plaidoyer pour une romance féministe
article/billet d'humeur/analyse / 12 décembre 2016

J’en vois déjà certains froncer les sourcils en se disant qu’ils ne lisent pas de la romance pour découvrir des propos militants qui tuent le glamour et pourtant, il me semble que la romance pourrait et devrait, au moins partiellement et intelligemment, avoir ce rôle. Elle en a les moyens et quelque part, elle le fait déjà sans aller jusqu’au bout du principe. Alors, pourquoi cet article maintenant  ? Pour trois raisons bien distinctes : La première est une lecture qui n’a pas bouleversé ma vie personnelle mais m’a montré de façon éblouissante comment la romance justement peut être féministe, le livre de Colleen Hoover, It ends with us. La seconde est que cela m’a rappelé que Robyn Carr, Brenda Novak et bien d’autres, dans les années 90 et 2000 ont écrit nombre de romances contemporaines sur des thèmes sensibles pour les femmes avec un but clairement éducatif et pédagogique. C’est donc possible mais avec ce que notre époque a de spécifique. Le dernier point, le plus triste et le plus grave, est que rien n’est acquis encore en France. Oui, la situation des femmes à la maison, au travail, dans la rue, a changé mais les acquis sont partiels,…