Je Blog, Tu BookTubes, Elle Twitte… La blogosphère et la romance.

Qui dit livres de romance, dit blogs de romance ( blogs, forums, sites, comptes Instagram, groupes de lectures…) et je sais de quoi je parle parce que je m’exprime justement sur un blog de ce type. J’en ai connu d’autres et ceci depuis une dizaine d’années, bien avant que la romance soit connue par autant de lectrices, à une époque où les blogs étaient rares. L’idée de chroniquer la romance, de former un partenariat entre blogs et éditeurs ou auteurs était un peu saugrenue : à quoi cela allait-il servir ? Et puis faire une critique d’une romance… comme d’un « vrai » roman… Cela semblait étrange à beaucoup. Les temps ont changé et je ne vous apprendrai rien en disant qu’il existe maintenant des dizaines de blogs, de comptes Insta, forums… On s’y perd un peu et la visibilité est devenue difficile pour les nouveaux arrivants ou ceux qui ne trouvent pas un angle nouveau. Alors je ne vais pas analyser le phénomène, mais plutôt me lancer dans quelques réflexions sur le monde des blogs et autres (comme vous l’avez compris, le blog n’est qu’une forme d’expression de tout cet univers qui tourne autour de la romance et on peut le…

La romance après le mouvement #MeToo aux USA
article/billet d'humeur/analyse / 26 février 2018

J’ai écrit ici plusieurs billets exprimant ma perplexité par rapport à l’approche de certains sujets par les auteures de romance, notamment ceux qui touchent le plus les femmes. Je pense qu’il est intéressant de se pencher sur quelques frémissements que j’ai pu noter récemment dans la romance anglo-saxonne, semblant montrer une amorce de changement. Vous noterez mon extrême prudence, car il doit rester de nombreux freins à l’évolution des histoires. Mais il commence à sortir aux États-Unis des romances post-Weinstein et post-#MeToo. Il est sans doute pour les auteures difficiles de rester sourdes aux conséquences de ces mouvements. Je prendrai pour cela quelques exemples. Il ne faut pas les généraliser, mais il devient très difficile de voir certaines scènes ou d’entendre certains mots dans un romance aujourd’hui. Alors, au risque de déstabiliser certaines lectrices, les auteures commencent à bouger les lignes. Le premier exemple que je développerai est celui de la dernière romance de Vi Keeland, Sex not Love . Dans son histoire, le changement est infime, fugitif mais il bouge tout de même profondément les choses. Vi Keeland décrit toujours des héros arrogants, séducteurs et charmeurs, sûrs d’eux. Elle aborde les relations entre le héros et l’héroïne de façon…

Le « bully » héros de romance
article/billet d'humeur/analyse / 19 février 2018

Voici un titre énigmatique… Une des raisons est qu’il est anglais et que par souci marketing, les maisons d’édition francophones ont parfois délibérément créé la confusion avec la Dark Romance. Nous avions déjà parlé de ce genre qui a une définition stricte et si  le héros « bully » joue lui aussi avec les limites, ce ne sont clairement pas les mêmes. Encore une fois, cette confusion amène souvent des déceptions car si vous recherchez une romance basée sur un syndrome de Stockholm ou une équipée criminelle, des vengeances sanglantes, vous serez forcément déçus. Il est temps de lever le voile sur cette tendance ! « Bully » en anglais signifie petite brute, et comme c’est aussi un verbe, brutaliser, harceler, intimider. En gros, il s’agit d’un garçon (pas forcément dans la vie, mais dans la romance, c’est toujours comme ça), qui tyrannise une ou d’autres personnes, qui profite de sa position éminente dans un milieu, de sa force physique, de son argent ou de son pouvoir pour pourrir la vie de quelqu’un d’autre. En bref, c’est un personnage fort peu sympathique, qui normalement devrait être un méchant et il l’est souvent au départ, mais qui va révéler peu à peu qu’il n’est finalement…

Cigarettes, whisky… et romance.
article/billet d'humeur/analyse / 20 novembre 2017

Dans le paysage de la romance, un minuscule détail commence à apparaître de façon récurrente. Mais justement, le diable est dans les détails comme on dit et je me dis que c’est assez intéressant… Regardez plutôt…                 Le point commun est évident… La clope… Je pourrais vous parler de la série de Jessica Hawkins que je viens de déguster où là aussi, le héros fume et bien d’autres encore où il est question de cigarettes. Si vous lisez de la romance depuis quelques années, vous aurez du mal à trouver des couvertures présentant directement un héros en train de fumer et il est très rare qu’il en soit fait mention dans l’histoire. Fumer finalement n’était plus très sexy. On insistait sur la réalité : la cigarette entraîne des cancers et avant de vous tuer lentement, elle abime, votre peau, vous donne une haleine de cendrier, une voix, surtout quand on est une femme, caverneuse, évoquant déjà la tombe où la chose vous précipite. En gros, la clope, ce n’était pas bien, pas glamour du tout, et cela disparaissait de la romance, genre bien-pensant la plupart du temps. Bon, les héros boivent toujours beaucoup….

Romance, virilité et idéal masculin
article/billet d'humeur/analyse / 13 novembre 2017

  Je le dis souvent, la romance est un genre destiné principalement aux femmes et écrit par des femmes. De plus, elle parle de relations amoureuses et de problèmes féminins et/ou contemporains. Tout concourt à ce que la romance s’interroge sur les messages qu’elle délivre sur les rapports hommes/femmes et sur les comportements problématiques que la société semble découvrir depuis quelques semaines.   Je me suis exprimée plusieurs fois sur la très relative prise en compte du féminisme dans le romance. Trop souvent, on considère que l’héroïne doit avoir du répondant sans toutefois être très précis sur le sujet. Il y aurait les héroïnes nunuches, sottes, celle d’Indécise (S.C. Stephens) ou celle de Cinquante Nuances de Gris (E.L. James) qui se laissent manipuler par leurs hommes ou qui ne savent pas se décider. À titre personnel, je ne trouve pas que l’indécision soit le signe de stupidité ou de « nunucherie » mais c’est un autre débat. On a ainsi vu émerger des héroïnes badass, qu’il ne vaut mieux pas venir chercher, qui ont réponse à tout… Le seul souci c’est qu’au final, elles finissent par se ranger, par amour, et que le message parfois martelé lourdement disparaît au final avec un…

Les paradoxes de la romance
article/billet d'humeur/analyse / 29 septembre 2017

Il serait dommage que la romance ne s’interroge pas sur ses propres codes, sur ses troublantes hésitations, sur ce que j’appelle ses paradoxes. Je m’explique. La romance est un genre très codifié qui utilise un nombre limités de thèmes, de tropes et pare les héros d’un certain nombre de qualités et défauts qui vont leur donner un caractère humain plus ou moins crédible notamment dans le domaine des sentiments. Ainsi, un héros va être plutôt de caractère ouvert, joyeux, extraverti, bavard… ou l’inverse. Comme la romance est un genre qui idéalise beaucoup les relations amoureuses, il y a  bien entendu des limites à ne pas franchir et quelques éléments indispensables ou au contraire, totalement rédhibitoires. C’est là que se logent les paradoxes. Car si l’on comprend très bien que le héros doit être séduisant, plaire, il est très étonnant de voir parfois ce qui est considéré justement comme aimable et ce qui ne l’est pas du tout. Cette réflexion m’a été inspirée par la lecture d’une chronique récente où la lectrice qui s’exprimait disait à quel point elle avait fait preuve de mansuétude face à une héroïne qui avait commis des erreurs, sans préciser lesquelles d’ailleurs, mais on pouvait déduire…

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

Cette phrase rituelle à la fin des contes de fée a longtemps été celle qui concluait les romances et si, aujourd’hui, pour suivre les évolutions  culturelles, elle n’est plus aussi vrai, elle demeure vraie. Je vais m’intéresser surtout à la dernière partie de cette phrase car les bébés et les enfants demeurent la conclusion logique et immuable d’une romance réussie. C’est même un ressort essentiel de certaines histoires avec l’arrivée d’un bébé dans une relation qui débute ou qui va mal. Ma réflexion est venue de la lecture du romande Lauren Layne, I Knew You Were Trouble et je préfère prévenir : je vais spoiler un peu le roman, mais pas trop et surtout, il n’existe qu’en anglais pour le moment ! Dans ce roman, l’héroïne pour diverses raisons ne ressent aucune envie d’enfants et est à peu près sûre qu’elle n’en aura pas. Autant qu’il est possible d’être certain d’une chose car nous savons tous que parfois, on change d’avis. Là n’est pas le problème. Vous devinez la suite… non seulement elle va modifier son opinion dans l’espace de quelques semaines mais  son envie d’enfant va être très vite satisfaite par un accident de pilule oubliée (soupir…). La cause…

Pretty Woman ou la romance et la prostituée

Parmi toutes les représentations de la femme que la romance met en scène, voilà sans doute la plus controversée mais également celle qui donne le plus d’indication sur l’évolution de nos mœurs et de notre vision de la femme. La prostituée n’a apparemment rien à faire dans une romance et il vaut mieux dire tout de suite qu’on parle souvent d’une forme de prostitution qui n’existe pas forcément ou plus du tout aujourd’hui. Dans un premier temps, expliquons exactement de quoi il retourne. La prostituée est souvent confondue avec l’escort. Et même si chacune monnaye sa présence avec un homme, la différence est notable. L’une vend son corps, l’autre sa compagnie. Ce n’est pas du tout la même chose et il est assez désagréable de voir des lectrices faire cette confusion ou pire, porter un jugement moral sur l’une et l’autre. C’est malheureusement reprendre les mêmes schémas qu’une société a imposés il y a bien longtemps. la prostituée est plus une victime qu’une femme de mauvaise vie. Mais c’est un autre débat. Si on parle de l’escort, c’est une métier comme un autre, plutôt lucratif qui expose parfois dangereusement les femmes à la prostitution, certes, mais pas forcément. Dans la…

Petit guide de survie à l’usage de ceux qui vivent avec une lectrice de romance

Voilà un titre bien inquiétant et peut-être excessif, me direz-vous. Survie… tout de même… Mais ceux qui vivent avec une lectrice de romance ( ou toute lectrice compulsive bien sûr mais j’aime à penser que la romance est un bon exemple !) vous le confirmeront. C’est parfois… difficile. Il y a donc quelques règles simples à respecter et tout se passe très bien. On survit, même mieux on s’éclate avec une lectrice de romance. Que vous soyez une sœur, un frère, des parents ou un compagnon ou une compagne d’une lectrice, vous pouvez être concerné ! Règle n° 1 : Ne jamais se placer entre le roman et la lectrice. Quand elle a un livre en cours ou un autre qu’elle rêve de commencer, n’essayez pas de lui prendre pour voir la couverture, de lui faire une blagounette en lui cachant ou tout simplement de la retenir au moment où elle veut lire. Là, ça peut être dangereux. C’est un peu comme aller taquiner des oursons devant une mère Grizzli ou de décider que c’est le bon moment de tester votre pointe de vitesse contre une mère et ses petits. Prudemment, vous vous éloignez et vous attendez qu’elle sorte de…

De Delly à E.L. James : le sexe s’impose dans la romance
article/billet d'humeur/analyse / 27 février 2017

Je reviens cette semaine sur le sexe dans la romance car il me semble qu’on comprend mieux la place qu’il a pris si on remet en perspective ce qu’elle a traversé depuis un siècle environ. Donner la date de naissance de la romance est difficile mais elle s’est développée au début du vingtième siècle, avec des auteurs comme Delly par exemple. Ces petits livres déjà destinés aux femmes étaient parmi les premiers à raconter une histoire d’amour centrale sur un mode plutôt mélodramatique. Puis, elle s’est développée ensuite, souvent écrite par des femmes ( ce qui n’est pas le cas de Delly, qui est en réalité un couple) en France mais aussi aux États-Unis et en Angleterre. On peut donc commencer à parler de romance à ce moment-là, même si on peut discuter cette date. On peut ensuite envisager quatre grandes périodes où la romance s’est développée et a lentement évolué sur la notion du sexe.La première période va donc du début du vingtième siècle aux années 1970 ; la seconde se prolonge jusqu’aux années 90 ; la troisième commence au début des années 2000 et n’est peut-être pas encore terminée ou elle se prolonge par la quatrième et dernière période,…