Quand Anna Todd côtoie Guillaume Musso dans la liste des best-sellers

Le livre étant un produit commercial comme d’autres, il a droit aussi à son classement des ventes. Et celui de 2016 est tombé il y a quelques jours révélant quelques états de fait qu’on devrait méditer.   Pour consulter ce classement, vous pouvez suivre ce lien : http://www.lefigaro.fr/livres/2017/01/18/03005-20170118ARTFIG00307-les-vingt-romanciers-qui-vendent-le-plus.php À la troisième place, on trouve Anna Todd, qui avait déjà explosé les compteurs en 2015 mais est toujours bien présente avec plus d’un million de romans vendus dans notre pays.Pour une fois, une auteure qui se reconnaît officiellement comme étant une auteure de romance se situe à cette place enviable, juste derrière des stars nationales comme Guillaume Musso ou Michel Bussi… et juste devant Marc Lévy, excusez du peu. Dans les dix premiers meilleurs vendeurs de 2016, on trouve essentiellement des auteurs de romans policiers et d’autres qui sont bien près d’écrire de la romance comme Gilles Legardinier à la huitième place. Par prudence, ces écrivains masculins, Legardinier, Lévy ou Musso, se gardent bien de se classer dans ce genre, se contentant du qualificatif d’auteur populaire qui est déjà très lourd à porter mais ce sont en réalité des représentants d’une forme de romance écrite par des hommes.  Gilles Legardinier s’en est…

Ce qu’une lectrice de romance ne veut plus entendre…

Ne vous laissez pas abuser par le fait qu’on en trouve de plus en plus sur amazon ou sur les étagères des librairies, la romance demeure un genre qui met mal à l’aise, qui fait immédiatement naître des réactions un peu gênées chez les lecteurs eux-mêmes, parfois chez des auteurs et dans l’entourage de chacun d’entre nous. Pour une raison difficile à expliquer, la romance est un genre très mal vu encore, auquel sont attachés de sacrés préjugés, alors qu’on la retrouve directement ou pas dans la plupart des romans classiques, des films qui ont marqué leur temps, dans les romans contemporains, partout… Donc la lectrice de romance entend un certain nombre de sottises qui l’agace prodigieusement et auxquelles elle répond avec beaucoup de patience car elle est très gentille. Mais en cas où vous auriez un trou, un peu de manque de repartie la prochaine fois qu’un relou vous parle de vos lectures, voilà quelques suggestions de réponses. Ça vous évitera de réfléchir et de toute façon, la lectrice de romance, c’est bien connu, n’est pas équipée pour se servir de ses deux neurones qui se battent en duel Remarque relou n°1 : Ah tu lis de la romance,…

La lectrice de romance n’est pas une lectrice comme les autres

Je pense que je ne surprendrai personne avec un tel titre. Les lecteurs de romance le pensent ; ceux qui n’en lisent pas, aussi ! Tout d’abord, donnons quelque caractéristiques de la lectrice de romance. Vous vous reconnaîtrez aux moins partiellement, je pense. La lectrice de romance a une PAL – entendez une pile à lire – tellement importante qu’il lui faut un piolet et savoir escalader pour pouvoir espérer arriver au sommet. Et elle est contente comme cela ! Ne vous imaginez pas que notre lectrice est découragée ou frustrée, non, elle est heureuse de déborder, crouler, étouffer sous le nombre de livres. Elle ne les lira jamais tous mais ça ne fait rien. Un dictateur peut arriver et décider de brûler tous les bouquins, elle ne risque rien, elle a un stock permettant de vivre plusieurs vies de lecture. La lectrice de romance passe son temps à chercher de nouveaux livres à coller dans la PAL, fébrilement, comme si elle allait faire une crise de manque si elle n’en ajoutait pas. La lectrice de romance lit et relit certains passages voire des livres entiers, qu’elle a lus cinquante fois mais ça ne fait rien. Elle rit, sursaute, pleure, toujours…

Quand 2016 laisse la place à 2017…

En ce début d’année, il est peut-être temps de faire un petit bilan sur ce blog. J’y ai écrit mes critiques systématiquement depuis six mois même s’il est ouvert depuis un peu plus de temps. Il n’a pas encore atteint tous les objectifs que je me suis fixée par manque de temps uniquement ! Un jour peut-être, je parviendrai à tout développer, mais ce n’est pas le plus important. 2016 a été une année riche en changements professionnels surtout, mais cela a forcément un impact personnel. Les deux domaines se sont rejoints puisque je lis pour travailler et je travaille pour lire. Ce qui est quelque part ce que je voulais faire depuis toute petite. Il a fallu attendre un certain temps pour ça mais voilà… c’est soudain simple, évident et très agréable ! J’ai fait pas mal de rencontres durant cette année dans le domaine de l’écriture, des auteures, d’autres éditeurs, des bonnes personnes. Cela compte aussi beaucoup ! Mais du point de vue de mes lectures, les choses ont peu changé. J’aurai beaucoup de mal à vous donner mon coup de cœur de l’année car j’ai un terrible cœur d’artichaut et que je suis très infidèle la plupart du temps…

J’ai regardé la première saison de Outlander…
article/billet d'humeur/analyse / 27 décembre 2016

Voilà la série qui a le vent en poupe depuis quelque temps. J’avais lu, en son temps, le premier tome de cette saga, dont je rappelle quand même qu’elle date des années 90, période où l’on aimait les time travels ( voyages dans le temps) et les héroïnes avec un petit pois dans le crâne. Je me souviens d’une lecture qui ne m’avait pas emballée plus que cela et je dois dire que de ce point de vue la série est conforme… Je ne suis pas enchantée. Alors, je vais vous donner mes impressions en précisant tout de même plusieurs points : Tout d’abord, si vous ne voulez pas être spoilés sur la saison 1 de la saga, n’allez pas plus loin… Si vous avez adoré et que vous détestez qu’on dise du mal de vos petits chouchous, n’allez pas plus loin… Même si je vais être un peu sarcastique, j’ai regardé toute la saison ce qui montre que je me suis prise au jeu donc que quelque chose fonctionne aussi sur moi, mais seulement, j’ai du mal à comprendre l’engouement qu’on porte à cette saga loin d’être parfaite à mon sens. Donc, l’histoire repose sur le transport dans le temps…

Le beau gosse, le bébé et la lectrice de romance
article/billet d'humeur/analyse / 19 décembre 2016

Non ce n’est pas une fable, c’est un simple constat sur l’émergence d’une scène récurrente dans certaines romances : l’apparition du héros dans toute sa mâle virilité tenant un tout petit, mini bébé qu’il pourrait écraser dans ses grosses pattes, mais qu’il manipule avec toute la délicatesse requise, les yeux brûlants d’amour. Ou qui abandonne toute dignité masculine pour faire plaisir à un petit bout … Je pense que vous avez déjà des étoiles dans les yeux et que vous avez déjà quelques petits papillons qui s’agitent dans votre ventre… C’est le but de ce genre de scènes. Le grand mystère est de comprendre son effet. Décortiquons tout ça. Parce que tout de même, un papa ou un oncle, ou tout homme qui porte un enfant ne devrait pas déclencher à ce point l’hystérie féminine. Oui, mais voilà, revenons un peu en arrière… Pendant longtemps, la toute petite enfance a été une histoire de femmes. Le père ne s’approchait pas de ce petit être braillard qui tète, dort et salit ses couches. C’était une affaire de femmes ça. Qui est capable de le nourrir ? Celle qui a les seins faits pour ça ! Il boit un biberon ? Pas grave……

Plaidoyer pour une romance féministe
article/billet d'humeur/analyse / 12 décembre 2016

J’en vois déjà certains froncer les sourcils en se disant qu’ils ne lisent pas de la romance pour découvrir des propos militants qui tuent le glamour et pourtant, il me semble que la romance pourrait et devrait, au moins partiellement et intelligemment, avoir ce rôle. Elle en a les moyens et quelque part, elle le fait déjà sans aller jusqu’au bout du principe. Alors, pourquoi cet article maintenant  ? Pour trois raisons bien distinctes : La première est une lecture qui n’a pas bouleversé ma vie personnelle mais m’a montré de façon éblouissante comment la romance justement peut être féministe, le livre de Colleen Hoover, It ends with us. La seconde est que cela m’a rappelé que Robyn Carr, Brenda Novak et bien d’autres, dans les années 90 et 2000 ont écrit nombre de romances contemporaines sur des thèmes sensibles pour les femmes avec un but clairement éducatif et pédagogique. C’est donc possible mais avec ce que notre époque a de spécifique. Le dernier point, le plus triste et le plus grave, est que rien n’est acquis encore en France. Oui, la situation des femmes à la maison, au travail, dans la rue, a changé mais les acquis sont partiels,…

Quelle coïncidence…
article/billet d'humeur/analyse / 5 décembre 2016

Je crois qu’il est temps d’aborder un des détails de la romance qui a le don de m’agacer le plus : les coïncidences extraordinaires qui font que les héros se rencontrent par pur hasard à tous les coins de rue ou tombent sur l’info qu’il cherchait depuis toujours juste au moment où il faut, bref, tout ce qui fait que l »intrigue d’une romance connaît un rebondissement qui tombe de la lune. Si vous ne voyez pas à quoi je fais allusion, je vous donne quelques exemples, parmi les plus lus. Premier exemple: l’héroïne va commencer dans une nouvelle école ou un nouveau boulot ( cela dépend si elle est encore étudiante ou pas), elle décide de passer une dernière soirée de liberté et de fêter ça et se rend donc dans un bar. Et là, grosse méga-surprise du je n’en reviens pas, elle tombe sur un dieu vivant, beau, séduisant, intelligent qui évidemment pense la même chose d’elle. Cela leur permet de passer une soirée voire une nuit géniale. Ils ont discuté, bu ensemble, se sont trouvés de super affinités mais bizarrement ont évité de se donner leur nom complet et leur métier. Et puis, il se disent avec regret…

Le charme irrésistible du renard argenté
article/billet d'humeur/analyse / 28 novembre 2016

Non, je n’ai pas décidé de faire soudainement une chronique animalière. Donc, il n’est pas question de parler de ça :       mais plutôt de ça :         Ou ça :             Vous aurez compris, il s’agit de ce qu’on appelle en anglais, le silver fox, le renard argenté en français, référence aux cheveux poivre et sel de la personne, même si d’ailleurs, elle n’en a pas. Eh oui… L’Oréal, et tout et tout… Lançons-nous dans une présentation de cette espèce rare, pas vraiment en voie de disparition, même si franchement, dans cette époque où la romance NA est à son apogée, le quadragénaire même sémillant, ou pire le quinquagénaire semblent plus évoquer l’âge glaciaire qu’autre chose. La plupart du lectorat nouvellement acquis est très jeune, au pire trentenaire et ne fantasme que de façon exceptionnelle sur un héros plus âgé. Évidemment, tout le monde reconnaît le charme de Johnny Depp, George Clooney ou Brad Pitt qui sont de véritables publicités pour le Silver Fox mais l’entourage de la lectrice fait que souvent le « quadra » ou le « quinqua », ne ressemblent pas vraiment à ça, bien au contraire. Il a souvent…

Les relations taboues dans la romance
article/billet d'humeur/analyse / 20 novembre 2016

Parmi les thèmes les plus efficaces de la romance, il y a le « forbidden love », la relation interdite, du moins en théorie, celle qui ne devrait pas aboutir car elle est condamnée par la société, la loi aussi, et pose un problème moral, judiciaire ou autre. Pour expliquer un peu ce thème très efficace, je prendrai des exemples dans trois romances contemporaines en vo que j’ai lues récemment. Elles illustrent bien le mouvement avec un exemple hyper banal et d’autres plus rares. Il y en a beaucoup d’autres bien sûr mais ils sont très évocateurs. La première question est de se demander pourquoi ces schémas sont aussi recherchés par les lectrices. La réponse est assez simple. C’est sans doute un problème de transgression. Au plaisir de la découverte de l’autre, de l’amour qu’on se découvre pour lui, de l’alchimie qui existe entre deux personnes, il y a l’interdit, le fait que la société ou la loi s’y opposent ou trouvent cette relation scandaleuse. Au-delà de la difficulté de construire une relation, il y a à vaincre les préjugés ou plus encore. C’est toi et moi contre le monde entier, toi et moi qui dépassons les limites que la société impose….