Quoi de neuf dans la romance anglo-saxonne ?

La romance que nous lisons aujourd’hui est née aux États-Unis, il y a quelques années. Pour le moment, une large partie des contextes, tropes, idées exploitées sont encore influencées par ce qui est inventé outre-atlantique qu’on le veuille ou non, tout d’abord parce que une partie (infime) de ce qui st publié là-bas est traduit chez nous et aussi, parce que beaucoup de nos auteures, elles-mêmes nourries par ces livres sont très influencées par cette production. Alors lorsqu’on veut savoir ce qui change, observer la romance américaine, voire britannique ou australienne garde de son intérêt. Dans un article précédent, j’avais évoqué le fait qu’il y a une sorte de saturation du marché de la New Romance donnant l’impression d’une uniformisation qui conduit à une certaine lassitude : beaucoup de lecteurs ont l’impression de lire la même chose depuis plusieurs années, ce qui est d’ailleurs assez exact. Je ne reviendrai pas sur la naissance de cette forme de romance il y a quelques années, sur le fait qu’un certain nombre de thèmes, de types de héros ont été mis à la mode il y a quatre ou cinq ans et que depuis, nous lisons toujours la même chose. Prenons l’exemple du…

Mes auteures fétiches : Anne Stuart

L’avantage de lire de la romance depuis longtemps est d’avoir déjà découvert beaucoup d’auteures mais certaines marquent plus que d’autres leur genre et notre mémoire. Anne Stuart est pour moi une de celles qui m’a le plus impressionnée par l’audace de ses écrits. Elle a bousculé beaucoup de limites de la romance sans qu’on s’en souvienne forcément aujourd’hui. Anne Stuart est une dame mûre maintenant qui n’écrit plus guère. Elle a publié ses derniers grands succès dans les années 2000 après une carrière bien remplie, surtout dans les années 80 et 90, dans des genres variés comme la romance contemporaine, historique ou le romantic suspense. À chaque fois, elle surprend par l’audace de ses choix , tout particulièrement de ses héros, qui ont toujours des caractéristiques qui tranchent avec ceux des autres. Elle est aussi la créatrice, sans le savoir, de la dark romance en jouant beaucoup avec les limites. Ses héros sont sombres, jamais des princes charmants voire carrément pires. Elle était un peu en avance sur son temps. En France, elle a été traduite par J’ai Lu essentiellement, ainsi que par Harlequin. Enfin, elle a publié quelques romances paranormales (quand c’est devenu la mode dans les années 2000)…

Le métier d’éditeur

Je ne le fais que rarement mais je vais mélanger mes deux casquettes, celle d’éditrice et celle de blogueuse. Je lis sur les réseaux sociaux ou j’entends de telles énormités sur ce métier que je me sesn un peu obligée d’en donner ma version. J’ai fait une intervention aussi auprès d’élèves à ce sujet et il me semble qu’ils étaient bien plus réceptifs que beaucoup d’auteurs que je côtoie sur ce que je fais !  Avant de commencer, je préciserai que ce que je vais décrire est MA façon de travailler, que je ne sais pas si cela se passe ainsi ailleurs, ni si c’est bien ou pas. Mais cela me convient. Premier point, ce métier comme quelques autres, donne cette impression que contrairement à un neuro-chirugien ou un spécialiste de physique nucléaire, il est accessible à tout le monde et que derrière son écran, il est très facile de penser qu’on peut le faire et bien mieux que beaucoup. Je suppose que les étudiants qui passent des masters d’édition et tous les gens qui exercent ce métier depuis longtemps sourient en coin et seront d’accord avec moi pour dire que, non, cela ne s’improvise pas et que les avis…

Les scènes « Facepalm » de la romance – Épisode 2 – le frère, chaperon de sa sœur

Me voilà de retour avec une scène très fréquente qui devient parfois l’entier sujet d’un roman : la relation ô combien choquante d’une jeune femme avec le meilleur ami de son frère. Pour être très franche, pour moi il s’agit d’un sujet qui me fâche bien plus que la stupidité d’un personnage ou d’un rebondissement facile et simpliste que la romance utilise parfois sans vergogne. Car, faire reposer une partie ou la totalité d’une histoire là-dessus pose quelques questions. Tout d’abord, établissons quelques faits: Le héros et l’héroïne sont majeurs, des adultes consentants, au moment où l’histoire d’amour se développe vraiment même si cela a commencé avant. Ainsi, il n’est pas rare de voir une jeune femme mineure développer un crush sur l’ami de son frère, plus âgé, plus sexy que les garçons de son âge. Le héros n’est pas un pervers qui fantasme sur la sœur de son frère, petite fille. Le héros n’est pas un criminel, un repris de justice, un mec dangereux qui se livre à des activités répréhensibles. Il est parfois dragueur et pas toujours classe avec les filles mais c’est à l’héroïne de se dire que ce genre de types ne l’intéresse pas. Et l’on…

La romance, entre mépris et dédain

C’est un fait avéré depuis longtemps, sur lequel les lectrices et les auteures se rejoignent : la romance est un genre mal aimé, moqué, très mal considéré. C’était même jusqu’il y a peu, un genre dans le placard, qu’on lisait en cachette ou, si l’on était démasqué, qu’on  reconnaissait comme un moment de faiblesse… bref, un petit passage à vide, un coup de mou dans le genou. Puis, il a été considéré que hurler qu’on lisait de la romance, en public, était un acte courageux et militant… C’est dire… En réalité, en France, mais également ailleurs, la romance réunit un peu tous les ingrédients qui classe dans la catégorie des ratés de la vie. Pas facile d’assumer parfois… La romance est une littérature de genre, tout d’abord. Au même titre que le polar, la fantasy ou la science-fiction, elle constitue un mouvement littéraire codifié, avec ses règles très identifiables dont nous avons déjà parlées ici. Tous ces genres sont critiqués et mal vus par les représentants de ce que l’on appelle la littérature blanche, celle avec un L majuscule. Il n’y a qu’à lire le billet méprisant d’une journaliste de Télérama sur les livres de l’été notamment celui de Franck…

Ma romance, mon livre doudou

Il y a sans doute un millier de raisons expliquant pourquoi tellement de personnes lisent de la romance et depuis si longtemps. Contrairement à une idée qui court actuellement, elle n’a pas débuté il y a quelques années. Ce qui s’est produit, il y a  peu, c’est une prise de conscience du phénomène et son affirmation tonitruante par quelques gros succès de ventes. Si cela ne se reproduira sans doute pas tout de suite, la romance a ses adeptes allant des lecteurs compulsifs à ceux qui n’hésitent pas à en lire quelques-uns quand ils en ressentent le besoin. Cela n’empêche pas que la romance est toujours assez mal vue, mal considérée, niaise selon certains, proche du porno selon d’autres. Alors pourquoi lit-on de la romance ? Je ne vais pas répondre à cette question complètement mais l’une des raisons est qu’il s’agit d’un plaisir régressif, celui de l’enfance, selon moi. Vous avez sans doute constaté qu’une petite fille ou un petit garçon peut regarder en boucle un dessin animé, un film d’animation, adore relire jusqu’à plus soif, un livre, un passage d’une histoire qu’il connaît par cœur. C’est toujours un peu étonnant, on a parfois envie de proposer autre chose…

La New Romance : déclin ou début d’une autre ère ?

Voilà un article qui est le premier qui rebondit sur les échanges que j’ai pu avoir avec des auteures francophones de romance. Une des questions portait sur leur futur et celui de la romance et les réponses concernant celui du genre lui-même, couplées avec quelques réflexions entendues ici ou là, me poussent à me poser moi-même la question. Pour mémoire, la New Romance est un terme inventé (et déposé) par Hugo lors de la sortie du roman de Christina Lauren, Beautiful Bastard dans cette maison d’édition. Le terme permettait d’englober ce mouvement venu d’outre-atlantique. Il s’agissait de romances écrites par des auteures, pour une large part auto-éditées, et qui repoussaient les limites de la romance contemporaine classique. Héros plus jeunes, textes plus sexy, ambiances plus sombres, pour la première fois des textes de pure romance, obéissant aux codes très stricts de ce genre sont sortis du placard dans tous les sens du terme. Ces livres, pour quelques-uns d’entre eux, sont devenus des best-sellers, des phénomènes de ventes discutés ici et là, ont été enfin assumés par la plupart des lectrices. Les Cinquante Nuances, les After, les Beautiful Bastard, les Crossfire ont envahi les librairies, les espaces culturels, parfois les bibliothèques….

La romance francophone prend la parole…

J’ai demandé il y a quelques temps à des auteures francophones de romance volontaires de participer à un petit questionnaire. Plus que de présenter telle ou telle, mon idée est de comprendre un peu qui compose cette romance francophone qui s’est fortement développée il y a quelques années. La croissance a été très forte et rapide, posant sans doute un certain nombre de questions sur qui sont ces femmes (elles restent très, très majoritaires), ce qui les a conduites à se lancer dans l’écriture, ce qu’elles pensent de la romance et de l’édition de ce genre… J’ai reçu une  vingtaine de réponses (22 exactement) et je remercie vivement celles qui ont pris la peine de répondre à ce questionnaire. Je citerai leur nom à la fin de ce billet, mais pas dans l’article lui-même parce que le but est de tirer des idées générales de leurs réponses. Mon but n’est pas de révéler qui dit quoi, ni de soulever la moindre polémique. Toutes ont joué le jeu avec une  sincérité totale, que j’apprécie énormément. Une vingtaine de réponses ne constitue pas évidemment un panel suffisant pour tirer des conclusions définitives mais cela demeure très instructif, je pense. Ces auteures viennent…

Le prestige de l’uniforme ou la military romance

Voilà un genre relativement peu répandu en France, parce qu’il est peu traduit et est encore (mais c’est en passe de changer) peu choisi par les auteures francophones. La romance militaire est née, comme tous les autres sous-genres, aux États-Unis, et propose de montrer des héros, surtout des hommes d’ailleurs, membres des forces armées. C’est un genre relativement ancien qui semble être une source inépuisable de romances avec des héros dans tous les sens du terme, personnages principaux de l’histoire et dotés de caractéristiques morales qui forcent le respect. La romance historique a mis souvent en scène des militaires que ça soit dans la Régence britannique ou dans d’autres époques où la guerre faisait partie du quotidien des Occidentaux. Dans la romance contemporaine, ce n’était plus si évident. Parler des conflits, du rôle des militaires, dans sa propre époque, c’est forcément choisir un camp, parler d’un quotidien peu glamour, celui de violences, de morts, d’horreurs… La romance n’aime guère cela et c’était déjà vrai il y a quelques années. Puis, dans les années 90, ont commencé à apparaître des romances militaires contemporaines. Il y en a eu avant mais elles étaient relativement rares. Il en existait deux sortes : celles…

Les scènes « FacePalm » de la romance – Épisode 1 : le malentendu

Ce titre mérite une petite explication et mise au point dès le départ ! La romance est bourrée de clichés, c’est comme ça, mon but n’est pas de les démonter, il y a bien assez de moqueurs qui s’en chargent mais de mettre le doigt sur les énormités que les auteures de romance s’autorisent parfois. En effet, à force de lire certaines scènes, elles deviennent légitimes ou normales alors que c’est tout de même difficile à avaler ou très stupide. Un des exemples est la coïncidence, ou plutôt les coïncidences : le héros et l’héroïne se retrouvent à plusieurs reprises face à l’autre dans une grande ville, sans se concerter. Moi je veux bien mais cela n’arrive pas souvent dans la vie, et pas plusieurs fois surtout. C’est ce qui me fait lever les yeux au ciel parfois en lisant. Deuxième point, il m’arrive de tomber sur l’une de ces scènes et de l’apprécier ! Parce que je suis de mauvaise foi ? Sans doute… Mais aussi parce que certaines auteures parviennent à vous convaincre que cette scène a été inventée par elles et n’a rien à voir avec les énormités écrites par les autres. Cela s’appelle le talent pour…