Cigarettes, whisky… et romance.

Dans le paysage de la romance, un minuscule détail commence à apparaître de façon récurrente. Mais justement, le diable est dans les détails comme on dit et je me dis que c’est assez intéressant… Regardez plutôt…                 Le point commun est évident… La clope… Je pourrais vous parler de la série de Jessica Hawkins que je viens de déguster où là aussi, le héros fume et bien d’autres encore où il est question de cigarettes. Si vous lisez de la romance depuis quelques années, vous aurez du mal à trouver des couvertures présentant directement un héros en train de fumer et il est très rare qu’il en soit fait mention dans l’histoire. Fumer finalement n’était plus très sexy. On insistait sur la réalité : la cigarette entraîne des cancers et avant de vous tuer lentement, elle abime, votre peau, vous donne une haleine de cendrier, une voix, surtout quand on est une femme, caverneuse, évoquant déjà la tombe où la chose vous précipite. En gros, la clope, ce n’était pas bien, pas glamour du tout, et cela disparaissait de la romance, genre bien-pensant la plupart du temps. Bon, les héros boivent toujours beaucoup….

Romance, virilité et idéal masculin
article/billet d'humeur/analyse / 13 novembre 2017

  Je le dis souvent, la romance est un genre destiné principalement aux femmes et écrit par des femmes. De plus, elle parle de relations amoureuses et de problèmes féminins et/ou contemporains. Tout concourt à ce que la romance s’interroge sur les messages qu’elle délivre sur les rapports hommes/femmes et sur les comportements problématiques que la société semble découvrir depuis quelques semaines.   Je me suis exprimée plusieurs fois sur la très relative prise en compte du féminisme dans le romance. Trop souvent, on considère que l’héroïne doit avoir du répondant sans toutefois être très précis sur le sujet. Il y aurait les héroïnes nunuches, sottes, celle d’Indécise (S.C. Stephens) ou celle de Cinquante Nuances de Gris (E.L. James) qui se laissent manipuler par leurs hommes ou qui ne savent pas se décider. À titre personnel, je ne trouve pas que l’indécision soit le signe de stupidité ou de « nunucherie » mais c’est un autre débat. On a ainsi vu émerger des héroïnes badass, qu’il ne vaut mieux pas venir chercher, qui ont réponse à tout… Le seul souci c’est qu’au final, elles finissent par se ranger, par amour, et que le message parfois martelé lourdement disparaît au final avec un…

Les paradoxes de la romance
article/billet d'humeur/analyse / 29 septembre 2017

Il serait dommage que la romance ne s’interroge pas sur ses propres codes, sur ses troublantes hésitations, sur ce que j’appelle ses paradoxes. Je m’explique. La romance est un genre très codifié qui utilise un nombre limités de thèmes, de tropes et pare les héros d’un certain nombre de qualités et défauts qui vont leur donner un caractère humain plus ou moins crédible notamment dans le domaine des sentiments. Ainsi, un héros va être plutôt de caractère ouvert, joyeux, extraverti, bavard… ou l’inverse. Comme la romance est un genre qui idéalise beaucoup les relations amoureuses, il y a  bien entendu des limites à ne pas franchir et quelques éléments indispensables ou au contraire, totalement rédhibitoires. C’est là que se logent les paradoxes. Car si l’on comprend très bien que le héros doit être séduisant, plaire, il est très étonnant de voir parfois ce qui est considéré justement comme aimable et ce qui ne l’est pas du tout. Cette réflexion m’a été inspirée par la lecture d’une chronique récente où la lectrice qui s’exprimait disait à quel point elle avait fait preuve de mansuétude face à une héroïne qui avait commis des erreurs, sans préciser lesquelles d’ailleurs, mais on pouvait déduire…

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

Cette phrase rituelle à la fin des contes de fée a longtemps été celle qui concluait les romances et si, aujourd’hui, pour suivre les évolutions  culturelles, elle n’est plus aussi vrai, elle demeure vraie. Je vais m’intéresser surtout à la dernière partie de cette phrase car les bébés et les enfants demeurent la conclusion logique et immuable d’une romance réussie. C’est même un ressort essentiel de certaines histoires avec l’arrivée d’un bébé dans une relation qui débute ou qui va mal. Ma réflexion est venue de la lecture du romande Lauren Layne, I Knew You Were Trouble et je préfère prévenir : je vais spoiler un peu le roman, mais pas trop et surtout, il n’existe qu’en anglais pour le moment ! Dans ce roman, l’héroïne pour diverses raisons ne ressent aucune envie d’enfants et est à peu près sûre qu’elle n’en aura pas. Autant qu’il est possible d’être certain d’une chose car nous savons tous que parfois, on change d’avis. Là n’est pas le problème. Vous devinez la suite… non seulement elle va modifier son opinion dans l’espace de quelques semaines mais  son envie d’enfant va être très vite satisfaite par un accident de pilule oubliée (soupir…). La cause…

Pretty Woman ou la romance et la prostituée

Parmi toutes les représentations de la femme que la romance met en scène, voilà sans doute la plus controversée mais également celle qui donne le plus d’indication sur l’évolution de nos mœurs et de notre vision de la femme. La prostituée n’a apparemment rien à faire dans une romance et il vaut mieux dire tout de suite qu’on parle souvent d’une forme de prostitution qui n’existe pas forcément ou plus du tout aujourd’hui. Dans un premier temps, expliquons exactement de quoi il retourne. La prostituée est souvent confondue avec l’escort. Et même si chacune monnaye sa présence avec un homme, la différence est notable. L’une vend son corps, l’autre sa compagnie. Ce n’est pas du tout la même chose et il est assez désagréable de voir des lectrices faire cette confusion ou pire, porter un jugement moral sur l’une et l’autre. C’est malheureusement reprendre les mêmes schémas qu’une société a imposés il y a bien longtemps. la prostituée est plus une victime qu’une femme de mauvaise vie. Mais c’est un autre débat. Si on parle de l’escort, c’est une métier comme un autre, plutôt lucratif qui expose parfois dangereusement les femmes à la prostitution, certes, mais pas forcément. Dans la…

Petit guide de survie à l’usage de ceux qui vivent avec une lectrice de romance

Voilà un titre bien inquiétant et peut-être excessif, me direz-vous. Survie… tout de même… Mais ceux qui vivent avec une lectrice de romance ( ou toute lectrice compulsive bien sûr mais j’aime à penser que la romance est un bon exemple !) vous le confirmeront. C’est parfois… difficile. Il y a donc quelques règles simples à respecter et tout se passe très bien. On survit, même mieux on s’éclate avec une lectrice de romance. Que vous soyez une sœur, un frère, des parents ou un compagnon ou une compagne d’une lectrice, vous pouvez être concerné ! Règle n° 1 : Ne jamais se placer entre le roman et la lectrice. Quand elle a un livre en cours ou un autre qu’elle rêve de commencer, n’essayez pas de lui prendre pour voir la couverture, de lui faire une blagounette en lui cachant ou tout simplement de la retenir au moment où elle veut lire. Là, ça peut être dangereux. C’est un peu comme aller taquiner des oursons devant une mère Grizzli ou de décider que c’est le bon moment de tester votre pointe de vitesse contre une mère et ses petits. Prudemment, vous vous éloignez et vous attendez qu’elle sorte de…

De Delly à E.L. James : le sexe s’impose dans la romance
article/billet d'humeur/analyse / 27 février 2017

Je reviens cette semaine sur le sexe dans la romance car il me semble qu’on comprend mieux la place qu’il a pris si on remet en perspective ce qu’elle a traversé depuis un siècle environ. Donner la date de naissance de la romance est difficile mais elle s’est développée au début du vingtième siècle, avec des auteurs comme Delly par exemple. Ces petits livres déjà destinés aux femmes étaient parmi les premiers à raconter une histoire d’amour centrale sur un mode plutôt mélodramatique. Puis, elle s’est développée ensuite, souvent écrite par des femmes ( ce qui n’est pas le cas de Delly, qui est en réalité un couple) en France mais aussi aux États-Unis et en Angleterre. On peut donc commencer à parler de romance à ce moment-là, même si on peut discuter cette date. On peut ensuite envisager quatre grandes périodes où la romance s’est développée et a lentement évolué sur la notion du sexe.La première période va donc du début du vingtième siècle aux années 1970 ; la seconde se prolonge jusqu’aux années 90 ; la troisième commence au début des années 2000 et n’est peut-être pas encore terminée ou elle se prolonge par la quatrième et dernière période,…

Sexe et romance, un mariage obligatoire ?
article/billet d'humeur/analyse / 20 février 2017

Il est impossible de parler de romance sans évoquer à un moment ou un autre les scènes de sexe qui s’y trouvent pratiquement systématiquement maintenant. Je ne vais pas tenter de faire la différence entre romance érotique ou romance tout court car je pense que c’est un débat un peu dépassé aujourd’hui, ni chercher à savoir s’il est question d’érotisme ou de pornographie. Il me semble que c’est souvent les détracteurs du genre qui tiennent absolument à qualifier de porno, le sexe dans la romance. Peu importe le nom que l’on donne, il y souvent des scènes de sexe dans une romance, c’est l’évidence. La raison est très simple mais cela ne l’était pas tant que cela il y a encore peu de temps : le sexe, dans notre société et à notre époque fait partie intégrante de la relation amoureuse et est totalement centrale pour beaucoup de couples. Ne pas en parler, édulcorer le propos devenait ridicule.Mais il faut savoir que cela a été très difficile à imposer et que pendant longtemps, les auteurs ont dû usé de subterfuges pour évoquer la sensualité dans une relation amoureuse car la morale condamnait le sexe hors mariage et à l’initiative d’une femme….

La romance francophone : état des lieux
article/billet d'humeur/analyse / 13 février 2017

Voilà un article qui risque de devenir récurrent car le panorama de la New Romance francophone change vite. C’est une plante vivace et nouvelle en pleine croissance et qui présente un nouveau visage de mois en mois. cet article n’a pas vocation à tout dire et ne représente que mon avis, dans sa partialité. C’est ma vision forcément particulière puisqu’elle est à la fois celle d’une lectrice et de quelqu’un qui travaille dans le milieu de l’édition. Cela n’a donc aucune valeur scientifique et il s’agit plus de réflexions ou de constats que d’une véritable analyse. Pour commencer, reprenons quelques faits : la New Romance a explosé en France comme dans beaucoup d’autres pays après la publication de Cinquante Nuances de Grey. je l’ai dit dès le début et cela s’est avéré depuis, ce romans  tout changé. Il a mis sur le devant de a scène un genre décrié, celui de la romance érotique. Qu’on juge ce livre érotique ou pas, qu’on le pense bon ou pas, il a modifié l’avis des auteurs, des lecteurs et des éditeurs sur la romance, la rendant moins tabou et surtout digne car capable de rapporter de l’argent. Depuis, il y a eu un…

La Dark Romance, la nouvelle romance à la mode ?

La Dark Romance commence à se développer en France et comme à chaque fois qu’un courant interne à la romance se développe, c’est la stupéfaction mais également la ruée pour essayer de récupérer le mouvement sans en comprendre parfois exactement les tenants et les aboutissants. Et il y a toujours aussi ceux qui crient au scandale dénonçant le fait que cela n’a rien de nouveau ou que c’est dangereux, malsain ou pervers. Avec ce courant, on peut en effet, se sentir très mal à l’aise, mais je reviendrai sur ce point. Il est donc peut-être temps de refaire un point sur cette niche de la romance. C’est en effet une niche, c’est à dire un courant interne à la romance visant un public précis bien moins abondant que les lecteurs de genres moins controversés. Il ne peut que l’être, c’est sa vocation. On peut essayer d’élargir ce public à coup de « Venez, ce n’est pas aussi effrayant que ce que vous pensez » ou en choisissant des titres qui ne sont que partiellement de la Dark Romance. L’idée est que l’étiquette suffira à jouer son rôle attractif. Dark Romance a un côté mystérieux et sulfureux qui fonctionne bien. La contrepartie est que cela…