Pretty Woman ou la romance et la prostituée

Parmi toutes les représentations de la femme que la romance met en scène, voilà sans doute la plus controversée mais également celle qui donne le plus d’indication sur l’évolution de nos mœurs et de notre vision de la femme. La prostituée n’a apparemment rien à faire dans une romance et il vaut mieux dire tout de suite qu’on parle souvent d’une forme de prostitution qui n’existe pas forcément ou plus du tout aujourd’hui. Dans un premier temps, expliquons exactement de quoi il retourne. La prostituée est souvent confondue avec l’escort. Et même si chacune monnaye sa présence avec un homme, la différence est notable. L’une vend son corps, l’autre sa compagnie. Ce n’est pas du tout la même chose et il est assez désagréable de voir des lectrices faire cette confusion ou pire, porter un jugement moral sur l’une et l’autre. C’est malheureusement reprendre les mêmes schémas qu’une société a imposés il y a bien longtemps. la prostituée est plus une victime qu’une femme de mauvaise vie. Mais c’est un autre débat. Si on parle de l’escort, c’est une métier comme un autre, plutôt lucratif qui expose parfois dangereusement les femmes à la prostitution, certes, mais pas forcément. Dans la…

Petit guide de survie à l’usage de ceux qui vivent avec une lectrice de romance

Voilà un titre bien inquiétant et peut-être excessif, me direz-vous. Survie… tout de même… Mais ceux qui vivent avec une lectrice de romance ( ou toute lectrice compulsive bien sûr mais j’aime à penser que la romance est un bon exemple !) vous le confirmeront. C’est parfois… difficile. Il y a donc quelques règles simples à respecter et tout se passe très bien. On survit, même mieux on s’éclate avec une lectrice de romance. Que vous soyez une sœur, un frère, des parents ou un compagnon ou une compagne d’une lectrice, vous pouvez être concerné ! Règle n° 1 : Ne jamais se placer entre le roman et la lectrice. Quand elle a un livre en cours ou un autre qu’elle rêve de commencer, n’essayez pas de lui prendre pour voir la couverture, de lui faire une blagounette en lui cachant ou tout simplement de la retenir au moment où elle veut lire. Là, ça peut être dangereux. C’est un peu comme aller taquiner des oursons devant une mère Grizzli ou de décider que c’est le bon moment de tester votre pointe de vitesse contre une mère et ses petits. Prudemment, vous vous éloignez et vous attendez qu’elle sorte de…

De Delly à E.L. James : le sexe s’impose dans la romance
article/billet d'humeur/analyse / 27 février 2017

Je reviens cette semaine sur le sexe dans la romance car il me semble qu’on comprend mieux la place qu’il a pris si on remet en perspective ce qu’elle a traversé depuis un siècle environ. Donner la date de naissance de la romance est difficile mais elle s’est développée au début du vingtième siècle, avec des auteurs comme Delly par exemple. Ces petits livres déjà destinés aux femmes étaient parmi les premiers à raconter une histoire d’amour centrale sur un mode plutôt mélodramatique. Puis, elle s’est développée ensuite, souvent écrite par des femmes ( ce qui n’est pas le cas de Delly, qui est en réalité un couple) en France mais aussi aux États-Unis et en Angleterre. On peut donc commencer à parler de romance à ce moment-là, même si on peut discuter cette date. On peut ensuite envisager quatre grandes périodes où la romance s’est développée et a lentement évolué sur la notion du sexe.La première période va donc du début du vingtième siècle aux années 1970 ; la seconde se prolonge jusqu’aux années 90 ; la troisième commence au début des années 2000 et n’est peut-être pas encore terminée ou elle se prolonge par la quatrième et dernière période,…

Sexe et romance, un mariage obligatoire ?
article/billet d'humeur/analyse / 20 février 2017

Il est impossible de parler de romance sans évoquer à un moment ou un autre les scènes de sexe qui s’y trouvent pratiquement systématiquement maintenant. Je ne vais pas tenter de faire la différence entre romance érotique ou romance tout court car je pense que c’est un débat un peu dépassé aujourd’hui, ni chercher à savoir s’il est question d’érotisme ou de pornographie. Il me semble que c’est souvent les détracteurs du genre qui tiennent absolument à qualifier de porno, le sexe dans la romance. Peu importe le nom que l’on donne, il y souvent des scènes de sexe dans une romance, c’est l’évidence. La raison est très simple mais cela ne l’était pas tant que cela il y a encore peu de temps : le sexe, dans notre société et à notre époque fait partie intégrante de la relation amoureuse et est totalement centrale pour beaucoup de couples. Ne pas en parler, édulcorer le propos devenait ridicule.Mais il faut savoir que cela a été très difficile à imposer et que pendant longtemps, les auteurs ont dû usé de subterfuges pour évoquer la sensualité dans une relation amoureuse car la morale condamnait le sexe hors mariage et à l’initiative d’une femme….

La romance francophone : état des lieux
article/billet d'humeur/analyse / 13 février 2017

Voilà un article qui risque de devenir récurrent car le panorama de la New Romance francophone change vite. C’est une plante vivace et nouvelle en pleine croissance et qui présente un nouveau visage de mois en mois. cet article n’a pas vocation à tout dire et ne représente que mon avis, dans sa partialité. C’est ma vision forcément particulière puisqu’elle est à la fois celle d’une lectrice et de quelqu’un qui travaille dans le milieu de l’édition. Cela n’a donc aucune valeur scientifique et il s’agit plus de réflexions ou de constats que d’une véritable analyse. Pour commencer, reprenons quelques faits : la New Romance a explosé en France comme dans beaucoup d’autres pays après la publication de Cinquante Nuances de Grey. je l’ai dit dès le début et cela s’est avéré depuis, ce romans  tout changé. Il a mis sur le devant de a scène un genre décrié, celui de la romance érotique. Qu’on juge ce livre érotique ou pas, qu’on le pense bon ou pas, il a modifié l’avis des auteurs, des lecteurs et des éditeurs sur la romance, la rendant moins tabou et surtout digne car capable de rapporter de l’argent. Depuis, il y a eu un…

La Dark Romance, la nouvelle romance à la mode ?

La Dark Romance commence à se développer en France et comme à chaque fois qu’un courant interne à la romance se développe, c’est la stupéfaction mais également la ruée pour essayer de récupérer le mouvement sans en comprendre parfois exactement les tenants et les aboutissants. Et il y a toujours aussi ceux qui crient au scandale dénonçant le fait que cela n’a rien de nouveau ou que c’est dangereux, malsain ou pervers. Avec ce courant, on peut en effet, se sentir très mal à l’aise, mais je reviendrai sur ce point. Il est donc peut-être temps de refaire un point sur cette niche de la romance. C’est en effet une niche, c’est à dire un courant interne à la romance visant un public précis bien moins abondant que les lecteurs de genres moins controversés. Il ne peut que l’être, c’est sa vocation. On peut essayer d’élargir ce public à coup de « Venez, ce n’est pas aussi effrayant que ce que vous pensez » ou en choisissant des titres qui ne sont que partiellement de la Dark Romance. L’idée est que l’étiquette suffira à jouer son rôle attractif. Dark Romance a un côté mystérieux et sulfureux qui fonctionne bien. La contrepartie est que cela…

Quand Anna Todd côtoie Guillaume Musso dans la liste des best-sellers

Le livre étant un produit commercial comme d’autres, il a droit aussi à son classement des ventes. Et celui de 2016 est tombé il y a quelques jours révélant quelques états de fait qu’on devrait méditer.   Pour consulter ce classement, vous pouvez suivre ce lien : http://www.lefigaro.fr/livres/2017/01/18/03005-20170118ARTFIG00307-les-vingt-romanciers-qui-vendent-le-plus.php À la troisième place, on trouve Anna Todd, qui avait déjà explosé les compteurs en 2015 mais est toujours bien présente avec plus d’un million de romans vendus dans notre pays.Pour une fois, une auteure qui se reconnaît officiellement comme étant une auteure de romance se situe à cette place enviable, juste derrière des stars nationales comme Guillaume Musso ou Michel Bussi… et juste devant Marc Lévy, excusez du peu. Dans les dix premiers meilleurs vendeurs de 2016, on trouve essentiellement des auteurs de romans policiers et d’autres qui sont bien près d’écrire de la romance comme Gilles Legardinier à la huitième place. Par prudence, ces écrivains masculins, Legardinier, Lévy ou Musso, se gardent bien de se classer dans ce genre, se contentant du qualificatif d’auteur populaire qui est déjà très lourd à porter mais ce sont en réalité des représentants d’une forme de romance écrite par des hommes.  Gilles Legardinier s’en est…

Ce qu’une lectrice de romance ne veut plus entendre…

Ne vous laissez pas abuser par le fait qu’on en trouve de plus en plus sur amazon ou sur les étagères des librairies, la romance demeure un genre qui met mal à l’aise, qui fait immédiatement naître des réactions un peu gênées chez les lecteurs eux-mêmes, parfois chez des auteurs et dans l’entourage de chacun d’entre nous. Pour une raison difficile à expliquer, la romance est un genre très mal vu encore, auquel sont attachés de sacrés préjugés, alors qu’on la retrouve directement ou pas dans la plupart des romans classiques, des films qui ont marqué leur temps, dans les romans contemporains, partout… Donc la lectrice de romance entend un certain nombre de sottises qui l’agace prodigieusement et auxquelles elle répond avec beaucoup de patience car elle est très gentille. Mais en cas où vous auriez un trou, un peu de manque de repartie la prochaine fois qu’un relou vous parle de vos lectures, voilà quelques suggestions de réponses. Ça vous évitera de réfléchir et de toute façon, la lectrice de romance, c’est bien connu, n’est pas équipée pour se servir de ses deux neurones qui se battent en duel Remarque relou n°1 : Ah tu lis de la romance,…

La lectrice de romance n’est pas une lectrice comme les autres

Je pense que je ne surprendrai personne avec un tel titre. Les lecteurs de romance le pensent ; ceux qui n’en lisent pas, aussi ! Tout d’abord, donnons quelque caractéristiques de la lectrice de romance. Vous vous reconnaîtrez aux moins partiellement, je pense. La lectrice de romance a une PAL – entendez une pile à lire – tellement importante qu’il lui faut un piolet et savoir escalader pour pouvoir espérer arriver au sommet. Et elle est contente comme cela ! Ne vous imaginez pas que notre lectrice est découragée ou frustrée, non, elle est heureuse de déborder, crouler, étouffer sous le nombre de livres. Elle ne les lira jamais tous mais ça ne fait rien. Un dictateur peut arriver et décider de brûler tous les bouquins, elle ne risque rien, elle a un stock permettant de vivre plusieurs vies de lecture. La lectrice de romance passe son temps à chercher de nouveaux livres à coller dans la PAL, fébrilement, comme si elle allait faire une crise de manque si elle n’en ajoutait pas. La lectrice de romance lit et relit certains passages voire des livres entiers, qu’elle a lus cinquante fois mais ça ne fait rien. Elle rit, sursaute, pleure, toujours…

Quand 2016 laisse la place à 2017…

En ce début d’année, il est peut-être temps de faire un petit bilan sur ce blog. J’y ai écrit mes critiques systématiquement depuis six mois même s’il est ouvert depuis un peu plus de temps. Il n’a pas encore atteint tous les objectifs que je me suis fixée par manque de temps uniquement ! Un jour peut-être, je parviendrai à tout développer, mais ce n’est pas le plus important. 2016 a été une année riche en changements professionnels surtout, mais cela a forcément un impact personnel. Les deux domaines se sont rejoints puisque je lis pour travailler et je travaille pour lire. Ce qui est quelque part ce que je voulais faire depuis toute petite. Il a fallu attendre un certain temps pour ça mais voilà… c’est soudain simple, évident et très agréable ! J’ai fait pas mal de rencontres durant cette année dans le domaine de l’écriture, des auteures, d’autres éditeurs, des bonnes personnes. Cela compte aussi beaucoup ! Mais du point de vue de mes lectures, les choses ont peu changé. J’aurai beaucoup de mal à vous donner mon coup de cœur de l’année car j’ai un terrible cœur d’artichaut et que je suis très infidèle la plupart du temps…