The Four Winds de Kristin Hannah

2 février 2021

Kristin Hannah a écrit pendant longtemps de la romance avant d’aborder un genre qu’elle maîtrise très bien aujourd’hui, un sorte de croisement entre le roman historique et la littérature féminine. Dans ce dernier opus, elle revient sur la Grande Dépression des années 30 aux États-Unis et tout particulièrement la catastrophe écologique du dust bowl. Ce phénomène est sans doute la première prise de conscience des impacts des activités humaines sur la nature dans ce pays et c’est également un désastre humain.

Nous allons suivre cette période à travers l’histoire d’Elsa Wolcott Martinelli. Issue d’une famille plutôt aisée du Texas, elle est élevée dans la conviction que sa vie sera brève et qu’elle n’a aucune qualité particulière. Elle a souffert jeune d’un problème cardiaque qui semble soutenir cette thèse et ses parents vont littéralement se désintéresser d’elle. Grande lectrice, elle s’évade de son quotidien ainsi jusqu’au moment où elle rencontre lors d’une sorte de fugue, Rafe Martinelli. Il en résultera une grossesse et une rupture dans sa vie. Mariée par obligation à un homme plus jeune qu’elle qui avait d’autres projets, Elsa fera tout pour s’adapter à la vie d’agriculteur que mènent ses beaux-parents. Jusqu’au moment où leur propriété sera frappée par les terribles tempêtes de poussière qui vont accabler pendant près de sept ans les terres du centre sud des USA.

Je n’en dis pas plus car c’est une vaste fresque qui commence alors. Elle n’est pas sans rappeler certains points des Raisins de la Colère de John Steinbeck. Le roman en a l’âpreté, la violence aussi car les hommes doivent faire face à des défis terribles. Nous suivons les Martinelli, Elsa, sa fille Loreda et son fils Anthony. Pas une page est inutile, tout est important et dresse des portraits saisissants des personnages principaux mais également des autres, très nombreux. Et c’est passionnant, richement documenté, porté par un vrai souffle épique et beaucoup d’émotions aussi car on s’attache à Elsa, cette femme qui ne sait pas très bien qui elle est, trop grande, trop blonde, inadaptée apparemment au monde dans lequel elle évolue. Elle est bouleversante dans ses failles et son évolution au cours du livre.

Plus intéressant encore, cette histoire sonne étrangement aujourd’hui. Il y est déjà question de problèmes écologiques, de terres rendues incultivables à cause de l’action humaine. Mais on parle aussi beaucoup de migrations. La solution unique était souvent de partir sur les routes, direction l’ouest où la vie était réputée plus douce. Peut-être… Il est question aussi de luttes pour plus d’égalité, d’entraide… Finalement il y a un écho énorme avec notre époque même si elle est radicalement différente.

C’est un très beau livre qui a sans doute quelques défauts dont un début très rapide qui peut paraître un peu caricatural, quelques simplifications historiques ou de l’intrigue. Mais le propos est fort, les personnages marquants, le rythme parfaitement équilibré. Le roman est long mais on le referme avec regret, avec l’impression que certains personnages auraient encore beaucoup à dire. Peut-être l’auteure y reviendra un jour.

Mais Kristin Hannah démontre ici tout le chemin qu’elle a parcouru et la capacité de sa prose à instruire de façon marquante et forte. Un très beau roman.

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