The Hunter – Boston Belles- 1 de L.J. Shen

17 décembre 2020

Je crois avoir lu tout ce que L.J. Shen a écrit et très peu de ses livres m’ont déçue. Il faut accepter d’entrer dans son monde mais quand elle vous tient… Je n’étais pas forcément très convaincue par le résumé de cette histoire car c’est en réalité un trope commun de la romance dont il est question : deux colocs qui tombent amoureux. Ceci dit, oubliez toutes les intrigues convenues que vous avez lues sur le sujet. L.J. Shen n’écrit rien d’original mais son écriture l’est. Elle le sait et en use et abuse parfois mais c’est très prenant et ça fonctionne encore ici.

Tout d’abord, si vous connaissez bien sa backlist, vous êtes en terrain connu. Nous voilà à Boston, dans la ville qui est sans doute celle qui évoque le plus que ce que pourrait être l’aristocratie américaine, si elle existait. C’est là qu’est né et revient, Hunter Fiztpatrick, descendant d’une famille qui a fondé une compagnie pétrolière. Hunter a dix-neuf ans et est l’enfant du milieu comme on dit, puisqu’il est doté d’un frère aîné qui a une trentaine d’années et d’une sœur, juste un peu plus jeune que lui. Hunter a vécu loin de sa famille le plus souvent et notamment en Californie où il a fréquenté un certain Knight et un certain Vaughn. Le lien est donc fait avec ces lycéens pas ordinaires de All Saints High. Il est totalement dans leur lignée. Hunter a dix-neuf ans mais ne le voyez pas comme un grand adolescent. Non, Hunter a l’expérience sexuelle d’un libertin du dix-huitième siècle et la richesse d’un maharadjah. Ne l’imaginez pas en jean et tee-shirt, monsieur ne sort qu’en Brioni (Hugo Boss, c’est pour les parvenus !) Mais Hunter a créé le scandale de trop, son père a décidé de le faire revenir à Boston et de l’obliger à travailler dans son entreprise et de lui faire suivre des cours. Cela doit l’épuiser pour qu’il arrête de faire des bêtises et en plus, on lui fiche dans les pattes une coloc, une certaine Sailor Brennan.

Si vous connaissez les livres de L.J. Shen, c’est un clin d’œil à Sparrow, un livre de 2016 qui se penchait sur les parents de Sailor, Troy Brennan, tueur à gages et homme de main et Sparrow, une délicate petite jeune femme qu’il enlève. Sailor est leur fille. Là aussi, oubliez l’ado du coin de la rue. Quand on a des parents comme ça… Oubliez aussi la cohérence. Car qui pourrait avoir l’idée de confier un vaurien comme Hunter à une jeune femme comme elle ?

Malgré tout, on plonge dans cette histoire. Hunter est une parfaite tête à claques, auquel on s’attache pourtant très vite. Véritable obsédé sexuel au départ, enfant qui semble pourri gâté, on découvre vite qu’il est plus complexe que ça et qu’il cache un autre aspect de lui-même. En quelques lignes, quelques scènes, on le voit différemment. Sailor est très classique chez L.J. Shen. Petite, fluette, rouquine, elle a une pauvre opinion d’elle-même et a aussi une obsession : celle d’être sélectionnée aux Jeux Olympiques dans la compétition de tir à l’arc. C’est original et séduisant. Les deux ne s’entendent pas vraiment au départ. Hunter et son envie de sexe permanente lui font peur, mais bien évidemment, Sailor a du répondant.

L’intrigue n’est pas forcément compliquée, on voit venir un certain nombre de choses et certains dialogues ou expressions font grimacer. L.J. Shen abuse souvent de la provocation et on a des personnages qui adorent la grossièretés, les blagues pas très fines, mais on passe au-delà, parce que l’écriture est toujours aussi électrique, l’ambiance tendue, surtout sexuellement et il y a un vrai humour, plus fin qu’on pourrait le croire.

Ce livre permet aussi de voir les Boston Belles, surnom donné à deux sœurs, amies de Sailor. Persephone (Persy) et Emmabelle auront leur histoire, de même, sans doute que Sam Brennan, le demi-frère de Sailor, digne fils de son papa tueur ! Bref, il faut bien reconnaître que L.J. Shen a encore réussi son coup et qu’elle prouve une nouvelle fois qu’elle a une écriture unique et d’une efficacité redoutable dans la romance. C’est sexy, grossier, brutal, romantique, tout cela à la fois, et très moderne. L’auteure flirte avec pas mal de limites : l’érotique, le trash, le respect dû aux femmes, mais s’arrête toujours là où il faut. Elle regarde aussi souvent vers la romance historique, reprenant des thèmes que ce genre traite, ici cette forme de noble un peu hors du temps, en la personne de Hunter.

Bref, c’est très bon et il ne faut manquer ce titre. La bonne nouvelle est que le second tome, portant sur Persy et Cillian est déjà là. Selon ce qu’annonce l’auteure, on devrait avoir quatre tomes au final. Que du plaisir !

2 Comments

  • Evenusia 21 décembre 2020 at 8 h 19 min

    Honnêtement si je n’avais pas lu ton avis je serais sûrement passée à côté car même si j’adore l’auteure le thème ne m’attirait pas plus que ça. Là je suis convaincue, je le lirai.

    • Sylvie Gand 21 décembre 2020 at 10 h 03 min

      Ah… c’est outré parfois et ce n’est pas mon préféré. Le suivant est encore meilleur (mais je ‘nai aps encore terminé), avec là aussi un thème qui peut sembler complètement usé: le mariage arrangé. J’en reparlerai bientôt.

Répondre à Sylvie Gand Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.