The Cabin de Jasinda Wilder

13 novembre 2020

Jasinda Wilder fait partie des auteures qui ont, il y a maintenant plusieurs années, changé la romance, se penchant sur des jeunes adultes au passé traumatique et à l’intrigue inhabituelle parfois. Depuis, elle a eu un peu de mal à se renouveler, à modifier son approche souvent érotique. Alors lorsque j’ai vu ce roman au résumé différent, je me suis dit qu’elle innovait à nouveau. C’est en partie vrai mais cela ne m’a pas totalement convaincue.

Elle revient sur un sujet qui avait été le trait fort de son premier ouvrage : le deuil, la perte d’une personne qui nous est indispensable et la sortie de ce deuil. Ici, c’est Nadia qui va perdre l’amour de sa vie, Adrian. Celui-ci va découvrir tardivement qu’il souffre d’un cancer incurable et nous savons, dès les premières pages, qu’il va mourir et prépare le deuil de son épouse. Nadia et lui partagent un amour fusionnel que l’on nous décrit assez longuement. Ils sont quadragénaires ou presque et supportent mal de vivre séparés l’un de l’autre. Chez Nadia, c’est même un peu pathologique. Sans lui, elle ne sait plus quoi faire et se réfugie dans le travail. Alors une perte totale sera impossible à supporter. Adrian le sait. Alors, il va organiser la vie de sa femme, et pas seulement, d’elle, après sa disparition.

Le thème est passionnant et lourd mais malgré l’évidente émotion qui devrait se dégager du texte, on a du mal à entrer en empathie avec les héros. L’idée même du roman pose question. Pourquoi Adrian cache à son épouse quelque chose d’aussi grave que sa mort prochaine ? Pourquoi décide-t-il d’organiser la vie de sa femme, sans la laisser faire son deuil ? En plus, il ne se trompe pas, car Nadia qu’il connaît bien, c’est vrai, va absolument faire tout ce qu’il a prévu. Tout comme un autre homme, Nathan, très différent de lui, dont il va réorganiser la vie lui aussi.

On est un peu mal à l’aise face à cette histoire où un homme par-delà la mort continue à tirer les ficelles de sa veuve.

L’idée était cependant bonne mais la traiter comme une « simple » romance est un peu décevant. Cela pose beaucoup de questions sur le deuil, le souvenir que l’on garde d’une personne disparue, sur la difficulté à se remettre et sur le côté éminemment personnel de ce voyage vers le mieux, qui est largement gommé ici.

On devine aussi assez facilement ce qui va arriver. Il reste de jolies scènes, intenses, surtout entre Nathan et Nadia. Nathan est un personnage très différent d’Adrian, plus intellectuel. Nathan sculpte le bois et est charpentier, il n’est pas non plus super beau, plus si jeune… Différent et intéressant.

Le livre semble hésiter entre une bonne vieille romance qui a souvent abordé le sujet du deuil et de la découverte d’un nouvel amour et la manipulation psychologique, le pouvoir des morts sur ceux qui restent. Ce dernier thème aurait été passionnant à explorer à fond, il est effleuré ici.

Ce n’est as un mauvais roman, c’est courageux, mais j’attendais sans doute plus.

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