Les meilleurs romances de 2020 selon Goodreads

8 novembre 2020

L’approche de la fin de l’année est souvent synonyme de romances de Noël mais également de classements des meilleurs livres publiés. La plupart des sites répertoriant les avis des lecteurs s’y livrent. Je suis très attachée à Goodreads, site américain où se trouvent d’ailleurs des livres de tout pays. Chaque fin octobre, commence le premier « round », quinze titres sont sélectionnés et cela se termine plusieurs semaines plus tard par l’élection du meilleur. Dans la catégorie romance (il y en a de nombreuses autres), j’ai été frappée par l’évolution récente, sur quelques brèves années, des titres considérés par les lecteurs comme les meilleurs de l’année. Cette année, je crois que la mutation est effectuée. Il ne reste plus tellement des grands noms d’il y a quelques années hormis ceux d’auteures qui ont beaucoup évolué. Plutôt que vous présentez les quinze titres, je vais les classer selon ce que j’ai noté.

Les reines du genre tiennent le choc mais…

En effet, on retrouve des noms connus comme celui de Colleen Hoover (qui est là chaque année et gagne très souvent) avec Regretting You, puis les Christina Lauren (au pluriel puisque c’est un duo d’auteures), avec In a Holidaze, et Jennifer Armentrout, avec From Blood and Ash. Mais si l’on regarde bien, ce ne sont plus du tout les mêmes livres qui les ont faites connaître. Si l’on veut vraiment coller une étiquette sur les deux premiers, nous sommes plus proches de la littérature féminine où une histoire d’amour tient toujours une place importante mais bien loin des histoires très sexy des Christina Lauren et même des premiers romans de Colleen Hoover. Quant à Jennifer Armentrout, elle revient à ses premières amours, le fantastique avec une solide romance dedans.

Il n’y a plus de new adult, plus de romance érotique ni de « vraie » romance contemporaine :

Les thèmes repris ad nauseam par la romance classique ont disparu ou alors sont traités de façon très différente. Je n’ai pas lu tous ces livres en toute honnêteté, mais je doute que celles qui cherchent une scène de sexe avant le premier quart d’un roman y trouvent leur compte. Si vous lisez l’anglais, faites-moi confiance ! Pas de bad boy tatoué torturé et hanté par une enfance traumatique, pas de rencontres improbables avec celui qui va devenir le patron de l’héroïne, pas de serveuses dans un bar ou un restaurant. Là aussi, pas facile de coller une étiquette, c’est assez réducteur mais on voyage entre comédie romantique et littérature féminine avec toujours une romance importante. Il peut y avoir des héros à problèmes mais ce ne sont pas les mêmes. Par la même occasion, les auteures auto-éditées ont quasi disparu.

La diversité est enfin là…

Ce qui frappe le plus, c’est sans doute cela. Something to Talk About de Meryl Wilsner est un FF et Boyfriend Material d’Alexis Hall, un MM. Cela fait deux romances gay et il est très rare encore de lire des FF. Mais je trouve ça très intéressant qu’on offre une égalité parfaite dans ce domaine. Take A Hint, Dani Brown de Talia Hibbert présente un couple afro-américain. Party of Two de Jasmine Guillory met en scène un couple mixte. C’est également le cas de You Had Me at Hola d’Alexis Daria. Il faut noter que ces auteures sont elle-même issue de la diversité américaine et que c’était bien plus rare auparavant. Le ton de ces romances est clairement la comédie, la dernière se déroulant dans le milieu des telenovelas. Ce ne sont donc pas des manifestes revendiquant un message en rapport avec la diversité justement, non des histoires d’amour dont les protagonistes se trouvent être gay, ou issus d’une minorité ethnique. Talia Hibbert aborde par exemple le bon vieux thème des fausses fiançailles. On peut ajouter à cette liste, One to Watch de Kate Stayman-London où l’héroïne est une personne en surpoids et va se trouver embarquée dans un reality show qui ne laisse pas la place normalement à ce type de personnes. Là, la diversité est un peu le thème du roman.

Un twist récurrent…

In Five Years, que j’ai lu, est un peu différent. Très difficile à classer, ce roman n’est pas une romance, pas un suspense, mais raconte une très belle histoire d’amitié. L’héroïne découvre, dans un « rêve », ce que sera sa vie dans cinq ans. Ce roman a déjà connu un très grand succès. Le classer en romance est un peu étonnant. Sur un thème un peu différent mais très proche, le livre de Josie Silver, The Two Lives of Lydia Bird, raconte comment une jeune femme vit à la fois sa vie d’avant la mort de son époux et la nouvelle, sans lui. Josie Silver a déjà été traduit en France et est connue pour ses jolies comédies romantiques. Il est à noter que c’est aussi un petit problème dans le temps qui dicte l’intrigue de In A Holidaze de Christina Lauren. L’héroïne revit inlassablement les mêmes vacances de Noël. Ces petites pointes de surnaturel qui permettent de prendre du recul sur la vie et le tour qu’on veut lui donner sont visiblement à la mode. A Rogue Of Her Own d’Evie Dunmore est une romance historique, la seule et montre le dynamisme, certes assez discret de ce sous-genre de la romance. Longtemps, il a dominé, c’est moins le cas maintenant et cette romance a un thème assez classique du genre, avec un peu de féminisme, ce qui est très à la mode !

Et des thèmes efficaces dans la comédie romantique et la littérature féminine.

Le très intéressant Beach Read d’Emily Henry qui montre deux opposés complets, une auteure de romances et un écrivain plus mainstream, tous deux touchés par le syndrome de la page blanche ; ils vont, lors d’un été, essayer de relancer la machine en échangeant leur thème habituel. The Happy Ever After Playlist d’Abby Jimenez qui met en scène deux personnes qui vont se rencontrer grâce à un chiot ! Toujours très efficaces les animaux dans la romance ! Le très original et magnifiquement écrit, The Switch de Beth O’Leary avec une idée excellente : une petite-fille et sa grand-mère échangent leur domicile et vont voir leur vie changer.

En conclusion :

Vous aurez sans doute remarquer l’étonnante unité des couvertures, très loin des couples enlacés et dénudés, ou des photos que l’on voit dans la romance habituellement. C’est la charte des comédies romantiques, d’ailleurs beaucoup de ces livres s’en réclament.

Il y a des auteures britanniques dans le lot comme Josie Silver ou Beth O’Leary dont le style est tout de même différent et dont les histoires se déroulent bien sûr au Royaume-Uni. C’est également le cas d’Evie Dunmore mais dans la romance historique, c’est un peu moins important.

La romance évolue, les auteures de romance aussi. Colleen Hoover ou Christina Lauren en sont la preuve. C’est un excellent signe du dynamisme du genre et du fait que l’on rentre enfin dans une autre période. La grande institution de la RWA qui distribuait des prix aux auteures de romance chaque année a explosé en vol en 2020 à cause de problèmes de diversité. Le message semble être passé. La romance toute entière avait souvent un relent de classicisme et semblait toujours courir derrière les innovations, tant mieux si ça évolue. Mais ne crions pas victoire trop vite. Il s’agit des sélections d’un site, dans un pays. Espérons aussi que nous ne tomberons pas dans un excès inverse où l’on sélectionne certains livres parce qu’ils sont « politiquement corrects ».

Et la romance française alors ? Je laisse la question en suspens mais je n’ai pas l’impression qu’elle en est encore là.

Quant à moi, j’ai de la lecture car beaucoup de ces romans me plaisent beaucoup. À suivre, donc… Mais vous pouvez d’ores et déjà lire les chroniques, sur ce blog du Rebecca Serle et du Colleen Hoover. Et si vous voulez connaître le vainqueur, rendez-vous le 8 décembre. En attendant, si vous avez lu ces romans ou certains d’entre eux, vous pouvez voter sur le site Goodreads.

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