Le syndrome du spaghetti de Marie Vareille

2 novembre 2020

J’aime beaucoup cette auteure, son style et les thèmes qu’elle aborde, et je la suis quand elle publie un roman YA, jeune adulte, qui peut satisfaire un public plus âgé également.

Léa mène une vie très confortable auprès de ses parents et de sa sœur. Elle est particulièrement proche de son père avec qui elle partage une passion pour le basket. Ils ont en commun un projet, ce qu’ils appellent le map, c’est à dire lui permettre de devenir la quatorzième Française à intégrer la ligue féminine de basket américaine. Tout semble être très bien engagé quand la tragédie va frapper la famille et tout bouleverser, plongeant cette ado de seize ans dans une remise en question terrible et douloureuse.

Je ne reviendrai pas sur le titre dont le sens est expliqué dans le livre, mais qui illustre bien la vie de Léa. Et si les thèmes explorés ne sont pas au final follement originaux, on se laisse happer par une très jolie histoire. Beaucoup de YA abordent ces moments clés de la vie qui peuvent débarquer alors qu’on est très jeunes, et peut-être pas totalement armés pour cela. Ici, ce qui est intéressant, c’est le milieu du sport de haut niveau évoqué, le basket féminin dont on parle rarement et une maladie bien spécifique qui touche l’auteure de près. Ce mix est particulièrement réussi et judicieux. Il ne s’agit pas en revanche d’un livre sur le parcours d’une sportive mais bien plus des deuils que la vie va obliger Léa à faire. Le roman est d’ailleurs structuré en fonction des différentes périodes d’un match de basket mais aussi des phases bien connues du deuil.

Léa est un personnage plus complexe qu’il n’y paraît. Malgré ce qui la frappe, elle est parfois agaçante dans son égoïsme, ses erreurs très caractéristiques d’une ado. Elle apprend la vie de la façon la plus rude.

Tout autour, les personnages secondaires sont intéressants même si l’on est surtout dans la tête de Léa et qu’on découvre l’histoire à travers ses yeux. Il y a Anaïs, la sœur que j’ai trouvé particulièrement touchante et forte ou son amie Amel. Elles auraient bien mérité un peu plus de détails, parce qu’elles apportent des éléments passionnants à l’histoire. N’oublions pas Nico, le meilleur ami dont elle se pense amoureuse ou la mère de Léa, qui elle aussi est particulièrement émouvante même si la jeune fille ne le voit pas comme ça au départ. Certains problèmes énormes sont résolus un peu vite entre tous ces protagonistes mais le message passe, avec toute l’émotion attendue.

Enfin, si Léa appartient à un milieu aisé, l’intrigue va lui faire croiser le chemin de Tony, jeune métisse particulièrement doué pour le basket. Ainsi elle effleure un peu un autre milieu que le sien. Là aussi, c’est un peu rapide, mais cela reste une excellente idée.

C’est une histoire grave et douloureuse mais jamais plombante où l’on voit une ado se débattre dans des problèmes qu’elle va apprendre à gérer malgré leur aspect insurmontable. Marie Vareille m’a encore convaincue !

Résumé

Quand la vie prend un virage aussi terrible qu’inattendu, comment se réinventer et garder espoir dans l’avenir ?
Léa a 16 ans, un talent immense et un rêve à réaliser. Entraînée par son père, qui est à la fois son modèle, son meilleur ami et son confident, elle avance avec confiance vers cet avenir tout tracé.
À 17 ans, Anthony, obligé de faire face à l’absence de son père et aux gardes à vue de son frère, ne rêve plus depuis longtemps.
Ils se sont croisés une fois par hasard ; ils n’auraient jamais dû se revoir.
Pourtant, lorsque la vie de Léa s’écroule, Anthony est le seul à pouvoir l’aider à se relever.
Leurs destinées s’en trouvent à jamais bouleversées.

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