Nos coeurs à vif d’Isabelle Louis

16 septembre 2020
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Résumé

Lorsqu’il apprend la mort de son père, Jackson n’est pas triste. Pourquoi pleurerait-il celui qui l’a brutalement abandonné ? Dans l’héritage, il découvre une vieille bâtisse dans laquelle il ne voit d’abord qu’une belle opportunité immobilière. Mais il découvre que le bâtiment est occupé et que son père y avait fondé un centre d’accueil pour enfants maltraités.

C’est là qu’il rencontre Zach, une jeune femme qui a trouvé un véritable foyer dans cet institut après avoir été une enfant battue. Si elle a pu se reconstruire, c’est grâce au père de Jackson. Peu à peu, en dépit de leur méfiance, Jackson et Zach nouent une relation passionnée. Ces deux êtres malmenés par la vie vont découvrir que les blessures de l’enfance rendent leurs sentiments plus forts, à l’épreuve de tout… ou presque. Car l’amour suffit-il toujours à guérir les cœurs à vif ?

Voilà une jolie romance douce et loin des canons habituels, écrite avec subtilité. Si vous avez envie de changer un peu et de découvrir un texte sensible, parfois un peu dramatique, n’hésitez pas.

L’histoire met en scène la farouche Zach. Nous découvrons rapidement qu’elle travaille dans une sorte d’orphelinat nommé La Maison des autres. Elle en a été une pensionnaire avant d’y vivre et d’encadrer d’autres enfants. Elle était très proche de Pepp, le propriétaire des lieux et celui qui l’accueillie là. Malheureusement Pepp est décédé, ouvrant une période d’incertitude. C’est Jackson, son fils, avec qui il n’avait aucun lien, qui apprend qu’il est obligé, s’il veut hériter des bâtiments, de passer deux mois avec les enfants et de suivre un protocole bien précis. Jackson va rester et découvrir le personnel, Zach bien sûr et les enfants qui vivent là.

Pour commencer, soulignons que l’histoire est jolie, très bien racontée et va faire la part belle à la présentation de Zach, des enfants et du personnel encadrant. la Maison des autres est importante, comme le thème qu’elle sous-tend, celui de la parentalité, des enfants qui sont abandonnés ou chassés de leur foyer par les insuffisances de leurs parents. C’est le sujet principal autant que l’histoire d’amour qui se noue entre Jackson et Zach. Celle-ci est un atout primordial du roman. Farouche, indépendante, très sensible, elle est un peu à vif au début du livre, en deuil de Pepp, cet homme qui a joué un rôle décisif dans sa vie et dont elle comprend mal la démarche, d’autant plus que Jackson qui n’a jamais connu ce père a une vision toute autre. Jackson est plus falot et c’est un peu dommage. Pour une fois, les sentiments sont plus mis en avant que les muscles et la beauté du héros, c’est à noter et on voit bien comment ces deux-là tombent amoureux.

Je n’ai pas trouvé tout très réussi dans ce livre et j’ai deux reproches essentiels à formuler. Le premier concerne l’absence de repères géographiques. Tout porte à croire que nous sommes aux États-Unis sauf… La Maison des autres, superbe monastère avec cloître remontant au seizième… Tout sonne français dans ce texte hormis les noms et prénoms des personnages. À quoi bon situer cette intrigue aux US ? C’est loin d’être un détail pour moi car cela m’a sortie plusieurs fois de ma lecture et de l’émotion que j’étais censée ressentir.

L’autre point un peu décevant est que le récit manque justement d’émotion. L’histoire des deux personnages est assez dramatique et leur enfance, un vrai massacre, surtout pour le cas de Zach et si les mots sont jolis, l’intrigue est un peu plate, manque de moments intenses. Il y a peut-être aussi quelques longueurs et un manque de dialogues.

Il n’en reste pas moins que l’écriture est belle, inhabituelle dans la romance actuelle. Et si l’histoire n’est pas follement originale, elle est bien menée avec des rebondissements judicieux et malins.

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