Le Megxit… Digne d’une romance !

12 janvier 2020

Une fois n’est pas coutume, il semblerait que la vie réelle ressemble vraiment à une de nos romances. Je parle bien évidemment du Megxit, ce drama comme seuls nos amis anglais savent en concocter, c’est à dire l’annonce de Meghan et Harry de ne plus jouer leur rôle protocolaire et de vivre une partie de l’année en Amérique du Nord d’où est originaire Meghan. Et de travailler. Vous vous rendez compte, un prince et son épouse qui travaillent ? Il n’y a que dans les romances que l’on croisait des histoires pareilles !

En effet, un des thèmes de la romance est de mettre en scène des princes et princesses. Ce type de héros a longtemps été l’apanage de Harlequin et de sa collection Azur. On inventait des princes de royaumes d’opérette, le plus souvent inspirés par Monaco, parfois des cours scandinaves, bien plus discrètes et simples et plus récemment par la famille britannique. Je pense d’ailleurs que nous devons le renouveau du prince dans la romance au Royaume-Uni et à l’avènement de la génération des enfants de Diana et Charles. Tout le monde se souvient du mariage de conte de fée de William et Kate, celui encore plus conte de fée de Meghan et Harry.

Imaginez… Un fils d’Angleterre, certes pas en position de régner sauf catastrophe, épouse une jeune femme issue du peuple, métisse, divorcée, et actrice de son métier. Normalement, cela n’arrive que dans les romances, une chose pareille. La plupart des monarques ou futurs monarques épousent des princesses ou au moins des filles de la noblesse spécialement programmées pour cela. C’était le cas de Charles et Diana et on a vu que cela ne fonctionnait pas toujours, c’est le moins que l’on puisse dire. Là, on a laissé l’amour guider le choix de Harry. Le belle jeune femme est venue vivre en Angleterre, a accepté d’oublier son métier (comme Grace Kelly il y a des années, en épousant Rainer de Monaco). Ils se se sont mariés, ont rapidement attendu un enfant. Bref, nous voilà dans la quintessence du conte de fée qui a inspiré tant de romances. Cela aurait pu s’arrêter là, le tableau était charmant.

Mais ils sont allés plus loin ! Comme dans une romance. Eh oui, l’une des intrigues majeures de ce type d’histoires est la difficile adaptation de la roturière à la vie princière. On prend des jets privés, on vit dans des maisons somptueuses, on est acclamé partout mais on doit se taper des inaugurations pas toujours passionnantes, sourire tout le temps même en sortant de la maternité avec son ventre de grossesse, l’utérus en vrac, accepter que tout vos faits et gestes soient surveillés et commentés fort peu gentiment. Bref, on a des problèmes de princes et princesses. Dans les romances, c’est très fréquent et que fait le prince dans ces cas-là ? Eh bien, il renonce à son rôle. Ou il se dit qu’il ne règnera pas, ou bien il n’était pas en position de régner et laisse son frère aîné s’en occuper. Justement ce que vient de faire Harry ! Il choisit l’amour ! Il abandonne ses fonctions princières… dans une certaine mesure quand même… il conserve les gardes du corps et la belle maison britannique. Dans la romance aussi, les héros ne deviennent pas tout à fait monsieur et madame Tout-le-Monde.

Ils auraient dû se douter, les Anglais, que ces deux-là allaient leur faire un mauvais coup, digne d’une romance. Meghan n’avait pas très bien pris que la soeur de Boris Johnson dise qu’elle avait des « origines exotiques », qu’un journaliste britannique poste une photo de chimpanzé sur les réseaux quand son bébé est né, qu’on ne lui demande pas si elle va bien, qu’on lui cherche des poux dans la tête dès qu’elle prend un jet pour traverser l’Atlantique… Et puis, choisir d’appeler son bébé Archie, plutôt qu’un nom bien anglais et dynastique… ça sentait la rébellion ! Même la carte de voeux 2020 annonçait la couleur : un cliché rigolo d’Archie en gros plan devant papa et maman, loin de la pose figée de ses cousins. Bref, cette sortie a pas mal de panache et beaucoup de romances aiment cela, la fin glorieuse !

Pour conclure, une romance un brin féministe pourrait même s’en donner à coeur joie sur les explications de cette fuite du jeune couple. C’est la faute de Meghan, de la femme qui tord le bras à son mari dans le style : « C’est moi ou elle (la reine). Si tu ne me suis pas, je te quitte et je file chez ma mère. » C’est bien connu dès que quelque chose change, c’est la faute de l’épouse et son mari, pauvre petite chose manipulée et aveuglée par l’amour, obtempère. D’où le Megxit et pas le Harxit (Je reconnais que ça sonne moins bien !)

La romance se termine souvent sur la décision de quitter la vie publique et ne donne pas forcément de détails sur la suite mais travailler pour Meghan, pourrait vouloir dire reprendre son métier d’actrice ou devenir mannequin. Certaines marques sont déjà intéressées. Si j’écrivais une romance princière inspirée par eux, c’est ce que je ferais. Et comme il y a souvent des séries dans ce genre avec des spin-off sur les frères et soeurs, il faudrait concocter une suite sur William et Kate. Je vous laisse imaginer ce qu’elle serait !

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