Lazar de Matthieu Biasotto

23 janvier 2020

C’est le second livre que je lis de cet auteur de langue française, autopublié qui touche à différents genres dont la romance ici. Le pitch m’intéressait particulièrement. Nous voilà en Russie, dans le monde impitoyable du sport et plus particulièrement du patinage artistique.

Lazar est un champion amer, qui a décidé de patiner seul après une expérience peu satisfaisante avec une partenaire. Il en est de même pour Talya, jeune patineuse qui a été blessée grièvement lors d’un accident sur la glace. Elle a chuté sur la tête après un porté et depuis a du mal à revenir au haut niveau et à accepter d’être soulevée ou projetée par son partenaire. Pourtant, ils vont se retrouver à faire équipe pour des compétitions.

Le milieu sportif est riche et très utilisé par les auteurs de romance, le patinage a été assez peu exploité jusqu’à aujourd’hui, cela paraissait partir très bien. Ajoutons que l’auteur est expérimenté, a un style nerveux et efficace.

Je suis entrée facilement dans cette histoire avec deux héros qui s’estiment peu au départ et qui vont devoir faire équipe et vite découvrir qu’ils se plaisent beaucoup finalement. Classique donc.

Ce qui m’a posé plus de problèmes est l’avalanche de pistes proposées par Matthieu Biasotto. L’aspect sportif est assez vite oublié. En dehors de la préparation de la glace, de quelques figures évoquées, ce qui est d’ailleurs très visuel donc ne rend pas grand-chose par écrit, on parle peu de patinage de nos héros. j’ai été une peu surprise aussi de l’absence d’entraîneur ou de contexte étoffé sur le sujet. C’est un peu dommage, j’imagine que l’aspect très concurrentiel de ce sport, sa dureté, sa rigueur auraient pu être développés. Il n’en est rien.

Au contraire, on découvre au fur et à mesure que Lazar a une soeur handicapée, Talya, une mère et une grand-mère a géré. Les pistes s’ouvrent, se referment très vite, simplement effleurées. Il faut que le lecteur reste captivé mais il faut aussi qu’il est le temps de se passionner pour une histoire, d’en comprendre tous les ressorts, d’en voir toutes les nuances psychologiques. Certains de ces rebondissements étaient carrément de trop, d’autres, peu intéressants.

Je me suis peu à peu détachée des personnages à cause de cela. On lit, on lève les sourcils parfois et on se dit que tout cela pourrait être bien plus subtil et exploiter plus à fond. Les codes de la romance sont là mais, l’émotion moins, alors que l’histoire des deux héros devraient la susciter.

Bref, je sors mitigée de cette histoire. C’est plaisant mais sans plus, et surtout, j’ai la sensation que ça pourrait être bien mieux, que l’auteur a un potentiel inexploité encore.

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