Credence de Penelope Douglas

19 janvier 2020

Difficile d’évaluer ce livre que je n’ai pas vraiment aimé mais que j’ai lu tout de même avec plaisir et surtout curiosité car je défie quiconque de savoir où les choses vont aller et ce qui va arriver, avec qui l’héroïne va trouver l’amour ou même si elle va le trouver. En fait, j’ai aimé cette innovation, ce jeu perpétuel avec les limites morales et autres mais beaucoup moins l’histoire elle-même.

Penelope Douglas écrit bien et a un réel intérêt pour les héros pas toujours sympathiques, elle aime les tabous et les transgresser dans ses livres. Ici tout est là mais avec un certain manque de subtilité. Peut-être y aurait-il fallu moins et en jouer de façon plus délicate. précision importante, il s’agit d’une romance érotique et si pas mal de clichés des histoires d’amour habituelles disparaissent, ceux de l’érotisme sont bien là.

Tiernan est une jeune Californienne. Ss parents viennent de mourir dans des conditions assez terribles pour elle, dans un double suicide que l’on nous explique très vite. Sa mère était actrice, elle a toujours été élevée dans un milieu privilégié et sous les feux des projecteurs et de la presse. On comprend très vite que Tiernan vit dans un grand malaise. Elle semble enfermée dans une gangue glacée, parle peu, ressent presque rien, ne s’exprime guère. Et cela ne semble pas dater de la mort de ses parents. Le jour du décès ou presque, Tiernan est contactée par son oncle, le demi-frère de son père qui dit avoir sa garde ( elle a dix-sept ans et dix mois). Il lui propose de le rejoindre dans le Colorado où il vit avec ses deux fils, juste un peu plus âgés qu’elle. Changement de vie totale puisqu’ils ont une maison dans la montagne complètement isolée l’hiver. Pour une raison que l’on comprend mal, Tiernan accepte immédiatement. Elle ne connaît pas ses gens, n’en a jamais entendus parler mais il lui faut dix secondes pour partir. Pas très convaincant.

Là-bas, elle va plonger dans un milieu hyper masculin, auprès de Jake, son « oncle », Noah, son plus jeune fils, et Kaleb dont la première apparition st assez impressionnante. Je pense que vous avez l’idée : Tiernan, jeune femme plutôt vulnérable se retrouve plongée dans un monde éminemment masculin, car en plus de ces trois hommes, il y a un groupe de motards qui tourne autour. Jake et ses fils customisent des motos, c’est leur principale activité. ajoutons le fait que tout le monde chasse et que se mêle à tout cela une sorte de violence latente et sanguinolente.

Je ne suis jamais vraiment entrée dans l’histoire, je me suis juste laissée guider dans une intrigue qui plonge tout de même un peu dans le malaise. Évidemment, Penelope Douglas joue sur les tabous. Une jeune fille, au milieu d’hommes en pleine force de l’âge, qui affolent ses sens, tous, sans distinction. Tiernan trouve un mode de vie très différent aussi, dans lequel elle se coule avec une grande facilité sans doute parce qu’on la commande. Il y a clairement un petit jeu de domination qui s’installe. Le texte est très sensuel, érotique de façon subtile. les scènes ne sont pas très nombreuses mais typiques de la romance érotique et très bien écrites.

L’histoire ne va pas tellement plus loin. Il y a des rebondissements, des infos, parce que ce n’est pas très clair de comprendre pourquoi Jake et le père de Tiernan ne se voyaient jamais, de savoir pourquoi Jake a choisi de vivre cette vie de reclus, de comprendre l’étrange comportement de Kaleb…

J’ai souvent grimacé et je n’ai pas forcément aimé lire ses jeux un peu glauque avec les tabous d’une jeune femme avec un « oncle » forcément plus âgé, Kaleb dont le comportement interroge beaucoup, cet éveil à la sexualité dans ces conditions…

La construction du roman fait éclater pas mal de clichés habituels de la romance (pas d’un roman érotique, comme je l’ai déjà dit). C’est long, parfois vraiment trop, dérangeant, mais c’est le but, donc bien fait, mais je n’ai pas été totalement convaincue par ce que l’auteure propose. Oui, bousculons les limites, ne tombons pas dans la bien-pensance et réinventons la romance. Penelope Douglas le fait mais je n’ai pas adhéré à tout et de loin. Je pense que c’est donc une histoire de goût et d’envie de se laisser bousculer, dans le sens que propose l’auteure. On peut adorer ou détester, ou comme moi, voir l’effort, reconnaître que le but de renouveler est atteint mais n’avoir pas forcément tout aimé.

One Comment

  • Evenusia 19 janvier 2020 at 17 h 20 min

    Je viens de terminer Dark Obsession, je suis un peu mitigée aussi, même si j’ai trouvé l’histoire addictive. Presque 700 pages dont on aurait pu enlever un bon quart et des explications pas toujours très claires. Cela doit être un des points faibles de l’auteure apparemment. Mais j’avoue elle a un style intéressant.

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