The Last letter de Rebecca Yarros

12 mars 2019

Ce livre a un potentiel considérable doublé d’un pitch très alléchant : tout commence entre Ella et Beckett par des courriers. Elle vit au Colorado et à l’instigation de son frère, Ryan, elle va commencer à écrire à l’un de ses collègues. Tous deux sont militaires, déployés sur un terrain de guerre loin de chez eux. Beckett est très solitaire et Ryan a imaginé ce moyen pour le sortir de son isolement. Ella s’exécute. Elle vit donc aux USA, au fin des Colorado où elle vient de restaurer une propriété pour y accueillir des vacanciers. Elle a deux jumeaux nés d’un bref mariage alors qu’elle était encore adolescente. Le décor est planté quand la tragédie surgit : Ryan est tué sur le terrain et Maisy, la petite fille d’Ella tombe gravement malade. Ella perd non seulement son frère mais aussi Chaos, alias Beckett. Sans qu’elle ne comprenne pourquoi, il disparaît lui aussi. Elle ne saura jamais que celui qu’elle surnomme Chaos est aussi Beckett. l’histoire démarre vraiment lorsque Beckett en congé très long débarque chez Ella. Ryan lui avait fait promettre d’aider sa sœur s’il disparaissait; Beckett tient promesse mais la situation est complexe.

Rebecca Yarros s’est attaquée à un sujet très lourd et l’accumulation de malheurs qui tombe sur la pauvre Ella est assez terrible. Abandonnée par son mari alors qu’elle attend des jumeaux, la mort du frère, de ses parents avant, la maladie de sa fille… c’est une femme d’un grand courage indéniablement mais c’est presque trop; Cela justifie que Beckett débarque et est très utile. Elle évite le piège qui consisterait à dire qu’il vient la sauver de tout. Il a un rôle à jouer et la façon dont il glisse une épaule secourable sous le bras d’Ella est remarquable. Il vient juste prendre une place à ses côtés sans bousculer, ni forcer. Il est juste là. Le personnage est très réussi, risque plus qu’Ella qui prend les coups du sort avec courage pourtant mais y perd de la crédibilité. Le plus dans le livre c’est Havoc, la chienne de Beckett, dressée pour combattre à ses côtés. Elle est une sorte de présence presque humaine. Quand il rejoint Ella, Havoc va passer du chien de ‘armée à chien des cours en montagne (le nouveau boulot de son maître) mais également gardien des jumeaux d’Ella. Sa présence silencieuse et rassurante est très impressionnante.

La maladie joue un rôle très important. le sujet est très documenté et nous suivons le très grave cancer de Maisy qui impacte toute sa famille et notamment son jumeau. Le petit garçon souffre de voir sa sœur ainsi. Le portrait de cette famille est très beau, les personnages forts et crédibles. Les passages au présent alternent avec des lettres, celles écrites entre Chaos et Ella, dans un ordre non chronologique qui reviennent sur ce qui a motivé tout ce qui s’est passe.

Malgré tout, certains passages sont un peu longs, cela avance doucement. On comprend mal certains choix de Beckett dont on se doute qu’ils vont terriblement compliquer les choses. L’histoire de ce fait perd un peu de l’émotion inévitable qu’un tel sujet fait naître. C’est un peu dommage car tout est bien vu, depuis les ravages que la guerre commet sur les soldats, sur leur famille, jusqu’au drame de la maladie. Rebecca Yarros est une auteure solide, à la très belle écriture et si elle n’atteint pas tous ses objectifs, elle a écrit un livre fort et marquant.

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