Ce qui ne te tue pas… de Georgia Caldera

23 mars 2019

J’attends toujours avec un grand plaisir les livre de Georgia Caldera, surtout dans le domaine fantastique, mais elle sait très bien aussi s’exprimer dans le genre NA, sans pour autant perdre son style si identifiable ni son univers et ses convictions.

Ce livre qui reprend le début de l’aphorisme, « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » est en réalité la première partie d’un duo de roman qui terminera l’histoire des deux héros Violette et Adam. Je m’n doutais parce que je sais que l’auteure prend toujours son temps mais rien ne l’indique sur le livre, ce qui est un peu dommage. Si la fin n’est pas un suspense insoutenable, on a bien entendu envie de connaître le fin mot de l’histoire et savoir qu’il faudra attendre un prochain tome est toujours frustrant.

En dehors de cela, le livre présente de nombreuses qualités, notamment ce style soigné, précieux, précis qui décortique les états d’âme des personnages notamment d’Adam et Violette. Ils sont jeunes, entre dix-huit et dix-neuf ans et commencent leurs études supérieures ensemble dans une école d’art, à Tours. Violette vient de revenir chez a mère après une dernière année de lycée très pénible où elle a été victime de harcèlement. Couper avec son passé lui fait le plus grand bien et lui permet de renouer avec sa mère, séparée de son père. Elle vient d’épouser un autre homme qui a un fil du même âge que Violette et qui suit le même cursus. Adam est réputé difficile, violent et Violette est très méfiante dès le départ.

Si vous vous attendez un jeu sexy entre un demi-frère et a demi-sœur, oublier tout de suite vos a prioris. Il n’est pas du tout question de cela mais de la découverte très progressive et mutuelle de ces jeunes adultes qui s’expriment tous les deux. Ce tome est très porté sur Adam, dont nous ignorons tout, comme Violette. Taciturne jusqu’au mutisme, renfermé, il a tout de l’ado torturé. On découvre progressivement pourquoi et je vous le laisse découvrir. Mais ce qui fait la force de ce personnage, c’est sa vulnérabilité, sa sensibilité à fleur de peau. Il et pourtant grand et costaud mais il est bien plus fragile qu’il n’y paraît. J’aime beaucoup ce parti-pris de ne pas jouer sur un homme toujours fort et dominateur. De plus en plus de romances mettent en scène des héros différents, qui n’ont pas besoin de faire étalage de ce qu’on prend à tort pour de la virilité. Le passé d’Adam est difficile et il est encore pris dans une nasse dont il ne sait pas, n’a jamais su comment sortir. De façon plus classique, c’est Violette qui va l’aider et le sortir d’une solitude terrible. On n’en sait pas encore beaucoup sur son passé, juste ce qu’il faut pour comprendre que les choses ont été compliquées pour elle aussi.

L’histoire est classique dans le NA, deux personnes qui allient leurs faiblesses pour devenir plus fortes mais elle est traitée avec la plume très personnelle de cette auteure qui lui donne ainsi une dimension supplémentaire. Ma seule réserve est la relative lenteur de l’évolution de l’intrigue et le vocabulaire un peu précieux utilisé par deux très jeunes gens mais je préférerai toujours cela à trop de vulgarité ou un pseudo langage parler.

Je suivrai avec intérêt la suite de cette histoire de rédemption pleine de sensibilité et douleur. Je pense que le sort de Violette sera plus détaillée et qu’Adam continuera sa reconstruction.

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