Verity de Colleen Hoover

4 décembre 2018

Il n’aura pas échappé aux fans de Colleen Hoover qu’elle explore en ce moment des genres un peu différents. Too Late montrait déjà son penchant pour les personnages tordus et dérangeants, pour les intrigues bien plus sombres et complexes, proches du thriller. Ici, accrochez-vous, Colleen Hoover ne fait pas dans l’histoire douce et émouvante, elle flirte avec beaucoup de limites et la seule chose qui reste d’elle, c’est son goût pour certains thèmes : le danger de se fier aux apparence, la manipulation psychologique, le fait que l’on peut faire du mal sans être mauvais soi-même. Le nombre de thèmes qu’elle aborde est important, je n’en citerai que deux en guise d’exemples : l’écriture et le pouvoir des mots (les deux personnages féminins sont des auteures), l’amour maternel et ses difficultés, la possibilité souvent ignorée dans notre société qu’une femme peut faire du mal à ses enfants. 

Évidemment, Colleen Hoover va nous emmener dans son histoire et le petit jeu du lecteur est de mesurer, d’essayer de deviner la vérité (le titre est bien trouvée et que c’est fascinant de savoir qu’un des personnages s’appelle ainsi !)

Lowen est une auteure de romans à suspense sans grand succès lorsqu’elle reçoit une curieuse proposition : poursuivre la série de thrillers commencée par une auteure à succès, Verity Crawford, mais qui est actuellement dans l’incapacité de le faire. Elle a eu un grave accident de voiture qui l’a laissée dans une forme de coma. Lowen apprendra que ce n’est pas le premier malheur qui affecte la famille Crawford. Verity et son mari Jeremy, ont perdu deux petites filles peu de temps auparavant. Cette accumulation de malheurs surprend Lowen et elle n’est pas auteure de romans policiers pour rien. Tout cela la trouble et ce n’est que le début. Lowen, malgré ses doutes, va accepter le travail et surtout de venir travailler chez les Crawford pour se plonger au cœur des notes et des livres de Verity, jusqu’à tomber sur son autobiographie…

Je n’en dis pas plus. Comme toujours, il faut se laisser emporter par Colleen Hoover et son envie de nous dire des choses sur les apparences, sur les choix que l’on doit faire. Et elle ne fait pas dans la dentelle. Tout particulièrement quand elle nous plonge dans l’esprit dérangé de Verity à travers son autobiographie. Les chapitres de ce livre viennent s’intercaler entre ce qui se passe dans la grande maison du Vermont des Crawford. Il contribue à faire peser une sorte d’atmosphère oppressante, lourde, perturbante car ils révèlent les différents personnages sous un autre jour. Peu à peu, le lecteur se demande où est la vérité ? Qu’est-ce qui dans l’histoire de cette famille frappée par le malheur est vrai ? Ou faux ? Qui est le gentil et qui est le méchant ? Ou faut-il encore raisonner de cette façon ? On se met à douter de tout et de tous y compris de Lowen qui raconte l’histoire sauf quand Verity prend la parole dans son autobiographie. 

L’intrigue est très bien menée, malgré quelques petite failles, des pistes qui parfois ne se referment pas tout à fait mais je soupçonne Colleen Hoover de vouloir nous faire réfléchir encore à la fin du livre ! Ce qui l’est encore plus c’est l’atmosphère, irrespirable parfois, dans cette grande maison, au bord d’un lac, qui a abrité une famille qui avait tout pour être heureuse. Il y a une sorte d’ambiance à la Daphné du Maurier ou même de romans gothiques dans cette grande bâtisse où se passent parfois des choses qui semblent fort étranges. La lecture est assez fascinante. C’est un huis-clos à trois ( comme dans Too Late justement), les autres personnages comme Crew, le petit garçon de Jeremy et Verity, ne venant qu’alourdir l’ambiance car on se demande quel sera son sort.

Ce n’est pas une lecture facile, c’est dérangé et dérangeant, les personnages ne sont jamais totalement ce qu’ils semblent être et Colleen Hoover fait passer un message qu’elle rabâche depuis quelques livres : on peut être quelqu’un de très négatif et faire du bien ou quelqu’un de très positif et faire le mal. Difficile de classer ce livre qui n’est pas un pur suspense, pas un pur thriller psychologique, pas un livre d’horreur mais si certaines choses le sont. En tous cas, il titille la curiosité et illustre une fois encore le talent de Colleen Hoover et sa mise en perspective du travail d’un auteur, d’une oeuvre de fiction est fascinante.

Wrap Up

Pros

Cons

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