Medicine Man de Saffron A. Kent

5 octobre 2018

J’aime beaucoup ce qu’écrit cette auteure qui n’a pas une plume facile et aborde souvent des sujets délicats avec une certaine audace. C’est le cas ici et si tout ne m’a pas convaincue, certains aspects de l’histoire m’ont particulièrement plu.

Tout commence dans un hôpital psychiatrique privé dans lequel la jeune Willow qui a à peine dix-huit ans a été internée après une tentative de suicide. Willow souffre depuis longtemps de dépression chronique qui font qu’elle a des hauts et des bas. Quand elle va mal, elle parle alors de « mauvais jours ». Willow nie farouchement avoir voulu se suicider et a même fourni une explication logique selon elle à son geste. Elle attend avec impatience de sortir de cet hôpital jusqu’au jour où débarque Simon, un nouveau psychiatre qui vient remplacer un collègue malade. Elle est immédiatement fascinée par cet homme plus âgé (il a plus de trente ans) et va l’être encore plus lorsqu’il va commencer à discuter avec elle. Va commencer alors une sorte de huis-clos oppressant et assez fascinant entre cet homme qu’elle surnomme medicine man et qui a pas mal de problèmes lui-même et cette jeune femme fragile. Petit détail mais qui ajoute au charme de Willow :  son seul réconfort en ce lieu (avant l’arrivée de Simon), c’est les livres de Harry Potter (et tout ce qui se rapporte au petit sorcier). Cela apporte légèreté et quelques scènes très importantes du livre.

J’ai eu beaucoup de mal à croire à l’amour qui se développe dans ce couple, surtout de la part de Simon. Il est englué dans des problèmes personnels importants, peut-être trop d’ailleurs qui devrait le tenir très éloigné de Willow mais il n’en sera rien. Par contre, ce qui est très réussi est la fascination qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, surtout celle de Willow. Car Simon va vite trouver le moyen de pénétrer les murs qu’elle a élevés autour d’elle et trouver la clé, non pas de sa guérison, car elle sera toujours ainsi mais d’une solution qui va lui permettre de vivre plus heureuse mais plus stable. Les conversations qu’ils ont alors sont passionnantes, très bien écrites, très tendues. Le livre devient très fort dans ces moments-là. Il en est de même lorsque leur relation va devenir sexuelle. Les scènes sont magistrales. Il est assez rare que les scènes sensuelles apportent plus au texte, parfois, elles sont même contre-productives. Ce n’est pas le cas ici. C’est cru, provocateur, mais jamais malsain. L’auteure joue à la perfection avec tout cela. le tout se déroule dans un hôpital installé dans une maison victorienne avec une atmosphère plombée et humide car il pleut souvent. Willow adore la pluie d’ailleurs.

Un autre point positif est le groupe de jeunes patients autour de Willow. Il y a plusieurs jeunes femmes notamment qui auront droit à leur histoire à l’avenir. Toutes sont là pour des raisons différentes et cela risque d’être intéressant de voir ce que l’auteure leur a réservé à toutes.

Simon a évidemment une place très importante dans ce roman mais il n’est pas le plus fascinant des héros. Il le devrait pourtant. Il est complexe, bourré de problèmes et s’engage dans une relation avec une très jeune patiente. Nous n’avons que très peu son point de vue ce qui le maintient dans un clair-obscur qui fonctionne bien mais le rend un peu distant. Dommage.

Ce n’est pas totalement réussi mais la plume de l’auteure est assez unique. Sans violence, sans en faire trop, elle bouscule, elle aborde des thèmes assez tabous. Cela fonctionne et son écriture emporte tout sur son passage. C’est précis, intelligent. Bref, une auteure à suivre et un livre qu’il s’il n’est pas parfait, ne s’oublie pas facilement.

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