Le vente des steppes de Penny Watson-Webb

5 septembre 2018

Penny Watson-Webb ne choisit jamais la facilité et elle aborde des sujets que personne, dans la romance historique n’aborde. Rien que pour cela, j’ouvre avec un énorme plaisir ses livres car raconter l’histoire d’amour compliquée entre Makéba, descendante de la Reine de Saba et un prince vandale, Laudaric est une vraie gageure.Le défi est relevé haut la main.

J’ai beaucoup la romance entre les héros, j’y reviendrai, mais j’ai peut-être encore plus apprécié le contexte historique qui n’est pourtant pas facile à aborder car il est complexe, lointain, avec des peuples qu’on ne connaît plus vraiment (et c’est bien dommage), des mœurs qui nous sont étrangères aussi.L’histoire se déroule aux alentours de 450 en pleine déliquescence de l’empire romain, au moment où les faibles empereurs romans perdent peu à peu leur influence et que différents peuples barbares commencent à en prendre des petits bouts. Vandales, Wisigoths, Huns, Alains et Huns bien sûr sont en train de dévorer le grand empire qui ne domine plus guère. Pas facile de parler de cette époque car elle est trouble, le pouvoir oscille entre de nombreux peuples et les intrigues sont multiples. Nous avons tous entendu parlé des Huns et de leur barbarie qui leur a laissé la réputation d’un peuple dont le passage empêche l’herbe de repousser. Attila aussi est resté dans les mémoires, preuve qu’il a marqué l’Europe de l’Ouest.

Penny Watson-Webb nous plante vite le décor dans une zone qui est celle de l’est de la France, là où sont arrivés les Huns qui menacent directement Rome. Makéba est une princesse africaine, élevée à Rome, guerrière autant que séductrice. Elle va jouer un rôle majeure dans l’histoire, non pas en tant que faible femme, mais en tant que guerrière et espionne. J’ai adoré le portrait fait de ce personnage fort, crédible, qui essaie de défendre son empire d’adoption mais devra zigzaguer entre bien des personnages notamment, Attila lui-même. Le portrait qui est fait du Hun est intelligent, nuancé, tout comme celui de nombreux personnages secondaires. Tous incarnent un élément décisif dans le jeu qui se déroule à cette époque, les évêques, les différents Barbares, les Romains…

L’intrigue est loin d’être simple. Makéba est au centre de nombreuses intrigues, entre différents camps. Mais pour mener à bien sa mission, elle doit approcher Laudaric, prince vandale au service des Huns. Elle va y parvenir au-delà de ses espérances. Tous deux vont alors essayer de trouver leur chemin dans cette période difficile et surtout tenter de trouver la paix pour vivre l’amour qui a fini par naître entre eux, malgré tout.

Il souffle vraiment le vent des steppes sur ce livre. Comme souvent, cette romance se rapproche du roman historique par les détails du contexte, riche et travaillé. Ce n’est malgré tout pas du tout une leçon d’histoire et par petites touches, on finit par avoir un clair visage de la Gaule, de l’empire, des Huns dans cette époque lointaine pour nous. l’histoire d’amour entre une princesse africaine et un Vandale blond est jolie et une leçon de tolérance dans une époque où l’on rejetait farouchement ce qui est différent et où l’on prenait ce qu’on voulait sans craindre de tuer ou piller. L’auteure ne sous-estime pas la violence fameuse des Huns mais elle la resitue dans son contexte.

J’ai beaucoup aimé ce roman et je reste admirative devant le travail effectué par l’auteure dont l’écriture, en plus, est très élégante. N’ayez pas peur de plonger dans cette période ancienne, tout est évoqué avec simplicité et semble très vivant.

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