Si tu crois un jour que tu m’aimes… de Charlie Wat

17 juin 2018

Voilà un joli roman émouvant et drôle sur lequel je suis tombée un peu par hasard et qui vous emmènera sur un magnifique bateau de croisière dans la traversée de l’Atlantique aux côtés de Manon, une à peine trentenaire que vous apprendrez à connaître.

Manon se réveille un beau matin sur une chaloupe d’un magnifique paquebot. Elles le connaît bien, il vient de sortir des chantiers de Saint Nazaire où travaille sa mère. Quant à elle, elle a la gueule de bois et ne se souvient plus très bien ce qu’elle fait là. la situation devient fort compliquée lorsqu’elle réalise que le navire est déjà en mer, en plein croisière inaugurale. Mais que fait Manon ici ? Et qu’a-t-elle bien pu faire de on sac à main ?

Cela n’a l’air de rien mais tout est dit dans ces deux questions. Nous allons avoir les réponses que nous attendons au fil du roman, lorsque Manon se décide à sortir de sa chaloupe et à éviter le sort peu enviable de passagère clandestine. Mais l’auteure choisit de nous raconter aussi ce qui s’est passé avant, lorsque Manon n’était pas à bord du paquebot mais accompagnée de son meilleur ami pour la vie depuis toujours, Raphaël. Les souvenirs reviennent peu à peu et sont absolument fondamentaux pour comprendre Manon et ce qui lui est arrivé.

Les aller-retour dans le temps et notamment les flashbacks ne sont pas ma tasse de thé et j’ai craint le pire quand j’ai vu que c’était la parti-pris de l’auteure. Mais ici, c’est parfaitement justifié. Les chapitres sont courts, rapides et racontent l’amour-amitié de Raphaël et Manon. Amis ils le sont, amoureux, le deviendront-ils même si cela n’a jamais été le cas avant ? Et puis les moments sur le bateau sont fantastiques, permettant de rencontrer toute une galerie de personnages formidablement attachants.

Le ton est doux-amer, joyeux, léger mais grave et profond à la fois. L’auteure distille les indices au fil des chapitres et l’on voit peu à peu se dessiner une explication à tout cela, un sens à cette aventure. Et la vérité est douce-amère, elle aussi.

Le seul reproche que je ferais est qu’il se passe beaucoup de choses en quelques lignes. L’auteure est parfois étonnamment concise étant donné la gravité de ce qui se passe, du temps qui serait nécessaire pour mieux comprendre. Mais c’est un choix là aussi.

Les différentes scènes sont parfois un peu inégales, les personnages plus ou moins sympathiques ou attachants mais il y a de grands moments, des idées très bien trouvées. Shoko-bon, un Yorkshire en est un excellent exemple, je n’en dis pas plus!

Il reste une jolie histoire, sans véritable morale mais avec une conclusion limpide et simple, juste et belle. L’auteure garde un légèreté appréciable tout au long d’un livre qui aurait pu devenir plombant, c’est l’une de ses vertus.

Laissez-vous tenter par ce récit bien plus profond qu’il n’y paraît au départ.

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