A Wish for Us de Tillie Cole

16 juin 2018

Il faut s’appeler Tillie Cole pour réussir un livre pareil, un mélodrame, un roman qui volontairement cherche à vous faire pleurer, à vous toucher, ce que je n’aime pas trop en général. On peut même trouver qu’elle va un peu trop loin avec cette histoire, c’est ma seule remarque et mon seul reproche. L’accumulation de malheurs nécessite un doigté délicat. Sous la plume de l’auteure, cela est possible.

Cromwell au début du livre est une jeune DJ de dix-neuf ans, déjà fort connu pour ses mix et ses apparitions publiques. Il enflamme les foules, les contrôle et a un avenir brillant devant lui. Pas facile de comprendre alors pourquoi il boit autant et collectionne les coups d’un soir. Il semble traîner un gros problème que l’on ne comprend pas forcément au départ. Cromwell est américain mais a été élevé en Angleterre et c’est justement après un show qu’il tombe sur une jeune femme, qui pour une fois, ne semble pas éblouie par son talent, loin de là. Quelques mois plus tard, Cromwell retourne au États-Unis pour suivre les cours d’un brillant prof de composition dans une petite université. Que fait cette presque star dans un tel endroit ? Et pourquoi a-t-il accepté ?

La première partie du livre est brillante et digne d’une romance classique. Cromwell est écorché vif et on commence à comprendre pourquoi. Il bouillonne littéralement de colère et repousse tous ceux qui l’entourent. Évidemment le hasard fait que Bonnie étudie au même endroit que lui mais dans cette histoire, cela semble presque normal, tellement le destin semble à l’œuvre avec ces deux héros. Bonnie n’aime pas ce que fait Cromwell d’autant plus qu’elle le connaît et sait qu’il est un musicien prodige depuis son plus jeune âge. En effet, Cromwell, à l’instar de Mozart dirigeait des orchestres alors qu’il n’était qu’un petit garçon et composait des symphonies.

Il y a de nombreux voiles à lever dans cette histoire. Tillie Cole a trouvé beaucoup d’idées et Cromwell est juste parfait. Sombre, torturé, brillantissime, c’est un héros magnifique qui saura en plus, évoluer au cours du roman. Il a aussi quelques secrets et particularités dont je ne parlerai pas pour ne pas spoiler les lecteurs mais une des idées est poétique, belle, lumineuse et Tillie Cole sait magnifiquement en jouer. Bonnie est un héroïne forte et fragile à la fois, comme on les aime. Elle est moins bonne musicienne mais complète parfaitement Cromwell puisqu’elle est une parolière hors-pair.

Mais évidemment, on le comprend vite, les choses seront bien plus complexes. Par petites touches, l’auteure insinue le doute sur l’avenir de cette relation, sur Bonnie. C’est là où l’on tombe dans quelque chose de bien plus mélodramatique. Même quand on devine ce qui va arriver, même si l’on sent l’issue de l’histoire, il est difficile de résister au déferlement d’émotions que cela provoque. Les mots sont choisis avec soin et Tillie Cole impose sa vision des choses même si j’ai sourcillé quelques fois parce que vraiment, elle accable ses héros et tous ses personnages de malheurs. Mais cela fonctionne au talent, par l’écriture impeccable et très juste.

Le tout donne une histoire grave, profonde avec une romance de deux âmes soeurs complémentaires et très fortes qui ne se laissent pas oublier. Certaines phrases sont magnifiques, d’une justesse absolue. Tillie Cole a décidément bien du talent et elle aborde des gens très différents avec une aisance insolente. Ce roman se rapproche de Mille Baisers pour un Garçon à qui j’avais reproché sensiblement les mêmes choses. Si vous n’avez pas peur des lectures qui bousculent, vous secouent et vous arrachent des larmes, n’hésitez pas ! Mais préparez-vous ! Tillie Cole veut vous bouleverser et elle y arrive sans problème !

2 Comments

  • Evenusia 17 juin 2018 at 7 h 38 min

    Mille Baisers pour un garçon m’avait tellement agacée avec son énorme lot de drames, le style qui tire les larmes à tout prix m’exaspère profondément. Quand il y a surenchère de malheurs c’est insupportable.

    • Sylvie Gand 17 juin 2018 at 9 h 12 min

      Je suis d’accord et il y avait une forme de complaisance dans le malheur qui devenait malsaine. Là, on s’en approche une fois de cette complaisance. J’ai vu venir ça de loin qui plus est. Mais la première partie avec ce jeune mec surdoué follement en colère est géniale. il y a un côté Avicci d’ailleurs chez Cromwell. La seconde m’a moins plu donc mais cela reste mieux fait que Mille Baisers pour un garçon où tu te noies dans le drame.

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