Ton arrogance, Mon insolence de Nathalie Charlier

19 mai 2018

Nathalie Charlier est une auteure auto-éditée à succès dont je n’avais pas lu de romans depuis quelques années. À l’occasion de la sortie de son premier livre publié chez HQN, j’ai décidé de le lire grâce à Netgalley. Je ressors un peu dubitative de ce NA dont tous les codes ont été repris avec soin mais qui a peiné à me séduire vraiment.

Il s’agit en fait d’une romance sportive autour d’un joueur du PSG, Nathan Leray. Il est footballeur et sans éducation, donc il a fait quelques sorties intempestives à la presse, se ridiculisant un peu alors depuis il a pris du recul par rapport à ce monde. Il va faire la rencontre d’Ella, qui est son exact contraire. C’est un intello surdouée, qui a pratiquement achevé ses études de chirurgienne à vingt-trois ans. Ella souffre un peu d’être si douée, cela l’a souvent isolée et fait d’elle le grand espoir de ses parents. Son père, un homme politique de province a bien décidé d’en faire une neuro-chirurgienne.

Sur le papier, c’est très sympathique et l’on se doute, étant donné le titre que cela ne va pas être facile entre ces deux-là. Abandonnez cette idée, je n’ai jamais vu la moindre insolence dans Ella (car je suppose que l’arrogance revient à Nathan, qui peut être en effet qualifié ainsi). Ella est bien trop réservée et en doute sur elle-même pour être insolente. Et puis très vite, on va tomber dans le NA classique avec au-delà des différences des deux héros, leur formidable attraction physique. Pendant toute la première partie, l’auteure coche tous les clichés du NA : un héros amateur de femmes, grand séducteur mais avec une fêlure intérieure, les scènes de sexe, les rebondissements attendus, deux héros qui ne veulent pas s’engager car l’amour, c’est dangereux… La suite est un peu différente mais très inégale.

En réalité, c’est le mot qui me reste à la fin de cette lecture. À certains moments, le livre parvient à son but, nous plaire, quand par exemple, Nathalie Charlier aborde le problème d’un QI élevé à travers l’exemple d’un enfant mais cela passe très fugitivement. D’autres scènes sont caricaturales, certains personnages aussi (Que dire des parents d’Ella, de son père notamment, ou de sa mère qui semble soudain se réveiller en fin de livre ?) Je pourrais multiplier les  exemples. Il en est de même pour les deux personnages qui ne m’ont pas toujours convaincue. Nathan et Ella devraient apitoyer, chacun avec leur problème mais voilà, vouloir montrer un héros benêt est difficile. Il manque de vocabulaire, ce qui fait irrésistiblement penser à Ribéry (une des péripéties fait aussi penser à ce joueur), pas vraiment de quoi rêver. Mais en réalité, l’auteure oublie parfois qu’il est ainsi et le voilà qui nous sort des phrases bien plus élaborées. La partie sportive est survolée. Je ne sais pas à quel poste il joue et on est un peu étonnés de le voir parfois très célèbre, parfois pas du tout reconnu par ses fans. Il en est un peu de même avec la médecine et Ella.

Il reste que Nathalie Charlier est expérimentée et a un style bien à elle qui devient un peu hybride ici avec un esprit très français, mêlé à ces codes du NA très anglo-saxons. Et une fois de plus, je déplore le vocabulaire très grossier que beaucoup d’auteures se sentent obligées d’employer et qui me fait grimacer très souvent.

Cette lecture plaira certainement aux fans de l’auteure. Je n’ai pas détesté ma lecture mais c’est un NA un peu poussif et peu original. L’histoire est simple, les héros corrects sans plus. Bref, c’est une lecture assez moyenne.

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