La romance francophone prend la parole…

14 mai 2018

J’ai demandé il y a quelques temps à des auteures francophones de romance volontaires de participer à un petit questionnaire. Plus que de présenter telle ou telle, mon idée est de comprendre un peu qui compose cette romance francophone qui s’est fortement développée il y a quelques années. La croissance a été très forte et rapide, posant sans doute un certain nombre de questions sur qui sont ces femmes (elles restent très, très majoritaires), ce qui les a conduites à se lancer dans l’écriture, ce qu’elles pensent de la romance et de l’édition de ce genre… J’ai reçu une  vingtaine de réponses (22 exactement) et je remercie vivement celles qui ont pris la peine de répondre à ce questionnaire. Je citerai leur nom à la fin de ce billet, mais pas dans l’article lui-même parce que le but est de tirer des idées générales de leurs réponses. Mon but n’est pas de révéler qui dit quoi, ni de soulever la moindre polémique. Toutes ont joué le jeu avec une  sincérité totale, que j’apprécie énormément. Une vingtaine de réponses ne constitue pas évidemment un panel suffisant pour tirer des conclusions définitives mais cela demeure très instructif, je pense.

Ces auteures viennent d’horizons très différents. Je ne les ai pas choisies donc leur expérience, leur convergence ou pas, me paraît passionnante.

Voilà pour le préambule que je conclurai en disant que la plupart des personnes qui ont participé se sont excusées pour la longueur de leurs réponses. Et c’est vrai que c’était souvent très détaillé et riche. Il semble y avoir une envie de s’exprimer que je note parce que cela pourrait me donner de nouvelles idées d’articles ! Je suis très intéressée par cet envol de nouvelles auteures. Donc, voilà le résultat de vos réponses !

 

Qui sont les auteures de romance ?

  • Tout d’abord, pour la plupart d’entre elles, elles vivent en couple et avec leurs enfants, sauf lorsqu’ils sont déjà devenus adultes. Cela fait tomber l’image de l’auteure de romance qui vit seule avec ses chats en attendant le prince charmant qu’elle décrit dans ses romans, ou celle qui a compris enfin le sens de sa vie grâce au mommy porn. Je vous avoue que cela fait plaisir de confirmer ce que je savais déjà et de pouvoir prouver chiffres à l’appui que nous sommes loin de personnes qui exorcisent leur frustration sexuelle ou autre de cette façon. Cela ne signifie pas que l’écriture n’a pas été un exutoire pour certaines, nous y reviendrons.
  • Second point, la moyenne d’âge des auteures ayant répondu est de quarante ans environ (40,2 ans pour être précis, avec une fourchette s’étalant de 22 à 53 ans), ce qui m’a surprise davantage. Cette romance dite nouvelle met en scène des personnages jeunes, bien plus que leurs auteures. Cela fait tomber aussi, me semble-t-il, l’idée que nous avons affaire à de jeunes rêveuses qui se lancent dans l’écriture pour parler de leur quotidien ou de celui qu’elles aimeraient avoir. Il est vrai que les lectrices peuvent être plus âgées que leurs héros préférés. Alors pourquoi pas les auteures ? Par contre, celles qui attendent des romances avec des héros plus âgés ou qui pensent que lectrices et auteures évoluent en fonction de leur âge en sont pour leurs frais.
  • Troisièmement, toutes les auteures ont fait des études supérieures, parfois très poussées et exercent un métier à l’heure actuelle ou si ce n’est pas le cas c’est un choix parfois lié à l’écriture. Tout y passe et contrairement à ce que l’on pourrait penser en dehors de quatre ou cinq auteures, elles n’ont pas forcément suivi des études de Lettres. Il y a donc des profils très différents comme par exemple deux personnes ayant fait des études d’infirmières, une qui sort de Sciences Po, certaines qui ont fait des études commerciales, de langues ou de droit. Parmi celles qui ont suivi des études de Lettres, une est professeure des écoles, une autre bibliothécaire… Ce qui marque, c’est que la plupart d’entre elles ont un bac + 3 au minimum. Celles qui ont arrêté à Bac + 2 ont repris de études après, ont changé de voie. Une seule auteure affirme n’avoir pas fait d’études et être autodidacte. Il ressort dans l’ensemble une impression d’opiniâtreté, de solide détermination. Est-ce cela qui explique leur « audace » à se lancer dans l’écriture ? Je ne sais pas mais ce sont plutôt des profils solides avec une expérience professionnelle (la plupart exercent encore un emploi, c’est à dire ne vivent pas de l’écriture).

Comment tout a commencé ?

  • En premier lieu, on peut s’interroger sur la raison d’écrire dans un genre qui n’a pas encore ses lettres de noblesse c’est le moins qu’on puisse dire. La question a parfois été un pu compliquée pour certaines auteures car elles ne savent pas vraiment pourquoi elles écrivent de la romance. Il ressort quelques grandes idées : – La plupart des auteures se reconnaissent romantiques, le terme « fleur bleu » est revenu plusieurs fois. Elles adorent les histoires d’amour elles-mêmes et les cherchent partout, dans les films, les livres qu’elles lisent y compris quand il ne s’agit pas de romance pure. Ainsi, elles privilégient les thrillers qui ont une trame amoureuse, par exemple. Les quelques auteures qui ont commencé dans d’autre genres (essentiellement le paranormal ou le gore, autres littératures de genre) se sont aperçues qu’elles adoraient la partie romantique de leur histoire.– La plupart apprécient la fin heureuse, de mettre en avant les premiers temps d’un amour, ceux qui demeurent les plus beaux et les plus intenses. Elles sont adeptes de ces moments et aiment les offrir à leurs lectrices. L’idée est de faire rêver, de montrer quelque chose décalé de la réalité, de l’embellir.
  • En ce qui concerne les débuts de l’écriture elle-même, il y a une vraie multiplicité d’aventures. Cinq auteures (sur 22) ont eu un déclic aux alentours de 2012 ou 2015 (date de publication de Cinquante nuances et After). Une l’a eu au moment de la sortie de Beautiful Bastard (et de son héroïne si atypique à l’époque). La lecture de ces livres a souvent conduit à découvrir Wattpad ou des plateformes diverses qui ont changé leur vie en leur permettant d’offrir à la lecture leur œuvres et d’ainsi être encouragées. Toutes les autres revendiquent un envie d’écrire remontant à très longtemps, parfois interrompue par les aléas de la vie, les enfants, le manque de temps. Mais elles y sont revenues. Pour deux d’entre elles, cela a été un moyen d’exorciser une frustration ou des problèmes personnels graves. Parfois c’était aussi un défi personnel ou un pari entre amies.
  • La plupart de ces auteures sont donc passées par la case Wattpad ou autre. Neuf d’entre elles ont testé Wattpad avec en général une vraie satisfaction (encouragements des lectrices ou contact avec une maison d’édition qui a rapidement suivi). Une n’a pas forcément apprécié l’expérience, trouvant le site brouillon. Deux autres ont indiqué ne pas vouloir passer par ce genre de sites à qui elles ne font pas confiance (peur de voir ses idées reprises, plagiat…) Dans l’ensemble, beaucoup d’auteures ont testé une plateforme d’écriture du type Wattpad ou Fyctia ou encore des sites comme MyMajorCompany Books ( aujourd’hui disparu) ou MyBestSeller.com. Si on ajoute des sites personnels ou des pages de fanfiction, on arrive à seize auteures ayant débuté de cette façon. Très peu ont envoyé directement leur manuscrit à un éditeur ou ont décidé d’auto-éditer sans « tester » au préalable son texte sur ce genre de support.
  • La motivation première se résume en trois mots : « Pourquoi pas moi ?  » La plupart des auteures se sont un jour posé la question, encouragées par les réactions des premières lectrices, d’un éditeur, d’un ami… Elles se sont lancées dans l’écriture pour cela, sans forcément penser à une publication. Pour une grande majorité d’entre elles, la quasi totalité, la lecture de romance est importante ou l’a été. Écrire réduit en général la lecture, tout simplement par manque de temps. Quelques auteures, trois pour être précise, ne sont pas vraiment lectrices de romance ou pas uniquement.

Édition et/ou auto-édition ?

  • Tout d’abord sur les vingt-deux réponses obtenues, une seule auteure n’est pas publiée encore (mais c’est par choix). Pour les autres, la situation est très diverse. Cela va d’un titre publié à vingt-trois. Celles qui ont édité beaucoup ont souvent plusieurs maisons d’édition (cela va jusqu’à six). Il n’y a plus, en dehors des clauses signées par contrat, de fidélité et un attachement à une maison. On ne « met pas ses œufs dans le même panier », on cherche la maison idéale pour tel ou tel livre. Il est courant que les auteures soient à la fois auto-éditées et publiées dans des maisons d’édition. Et ceci par choix. L’auto-édition n’est jamais un pis-aller dans les réponses qu’ont m’a fournies. C’est la volonté de bénéficier des avantages de ce moyen de publier.
  • En gros, le débat entre auto-édition et édition se joue autour de quelques mots : l’auto-édition est synonyme de liberté et de contrôle de son travail; pour certaines auteures, c’est justement ce qui leur fait peur. Elles n’ont pas la maîtrise technique ou le temps de faire leur propres couvertures, de corriger leur travail… Celles qui ont des titres auto-édités payent les services d’autres personnes parfois, justement pour cela. Cela a un coût, prend du temps et ce n’est pas forcément facile à faire. Deux des auteures qui ont répondu sont très satisfaites de ce mode de fonctionnement, sans exclure un jour de travailler avec une maison d’édition. Ce qu’elles ont apprécié aussi, ce sont les rencontres : avec les lectrices ou avec les gens qui les ont aidées, comme des graphistes, des imprimeurs. L’auto-édition peut permettre aussi d’être distingué par Amazon qui invite chaque année des auteures au salon du Livres, expérience forcément riche pour une personne qui auto-édite. Une seule auteure a souligné le côté administratif complexe de ce statut. Par contre, la grande majorité des écrivaines qu’elles soient auto-éditées ou publiées en maison d’édition préfèrent cela, même si pour trois d’entre elles, elles réfléchissent à l’auto-édition. Là aussi, être publié en maison d’édition se résume à quelques mots : soutien et promotion. Si dans l’immense majorité des cas, elles sont heureuses d’être publiées, c’est surtout par la reconnaissance que cela apporte : un professionnel a reconnu leur travail, cela donne une légitimité que peinent à avoir les auto-éditées (même si cette idée semble moins évidente maintenant). Mais il y a presque autant de déception ! Beaucoup reprochent au moins l’un de ces points à une maison d’édition : un livre qui échappe un peu à son auteur (pas de choix du titre, de la couverture, et dans certains cas c’est encore plus grave), la faiblesse de la rémunération (l’éditeur prend une large part des bénéfices) qui fait tomber très vite l’idée de vivre de son écriture, la promotion toujours moins bonne que ce qui était attendu (voire promis), la faiblesse du travail éditorial. Je me permets d’ailleurs de souligner ma relative surprise quant à ce constat. La plupart des auteures n’attendent pas de travail sur le texte de leur éditeur. Est revenue plusieurs fois une vraie demande de promotion, de visibilité, de participation à des salons, parfois de correction du texte, mais seules quelques écrivaines (cinq) ont souligné leur envie de travailler sur le texte avec un éditeur professionnel. Cela donne l’impression que la maison d’édition n’existe que pour remplacer ce qu’un auto-édité doit entreprendre lui-même : faire un couverture, promouvoir, organiser des dédicaces. Les auteures semblent ne pas penser nécessaire de travailler sur leur texte en dehors de ce qu’elles font avec leurs bêta-lectrices. Or, un éditeur n’est pas qu’un publicitaire/graphiste/distributeur… Je ne sais pas comment interpréter cela. De façon très optimiste, je pourrais conclure que c’est tellement évident qu’on ne pense pas à le dire, mais si je suis pessimiste, je penserais plutôt que cela ne semble pas nécessaire aux yeux de beaucoup. À méditer… En tous cas, étant donné mon métier, je vais méditer !!
  • Ce qui pousse à la réflexion aussi c’est que les auteures auto-éditées (totalement ou seulement en partie, hybrides comme dit l’une d’entre elles) sont largement plus satisfaites du résultat : financièrement, cela ne se discute même pas. Celles qui vivent de leur plume, bien que rares dans le groupe de réponses, le doivent à l’auto-édition. Si elles maîtrisent et assument le processus plus lourd de la publication, c’est très satisfaisant. À titre personnel, et là, je m’exprime en mon nom uniquement, je m’interroge sur la réelle plus-value qu’apporte alors un éditeur dans la romance. Je la connais parfaitement, elle est réelle mais peut être très inégale selon la maison d’édition, petite ou grosse, installée avec pignon sur rue ou plus concentrée sur le numérique. Il manque semble-t-il une vraie politique d’auteurs dans beaucoup de maisons d’édition. La romance est encore trop considérée comme une pompe à argent (même chez les petites) et les auteures de romance comme un produit qu’on lance et qu’on… regarde retomber plus ou moins brutalement. Ça peut marcher mais l’auteure n’a pas l’impression d’être vraiment estimée. Je pense aussi qu’il y a des exceptions et que dans son choix d’une maison d’édition, une auteure devrait toujours prendre cet aspect en considération. Enfin, il semblerait qu’il y ait une vraie relation de confiance à établir entre une auteure et son éditeur et que cela ne soit pas toujours facile.
  • Très peu d’auteures ont souligné une satisfaction totale par rapport à leur expérience. Une seule en fait. La plupart ont été plus ou moins déçues par deux éléments : la maison d’édition n’a pas tenu ses engagements notamment en matière de promotion et de visibilité (cela revient très souvent); or comme le choix de publier en maison d’édition a souvent été fait dans ce but, c’est forcément un désappointement si cela ne suit pas. L’autre souci est que les auteures ont découvert un milieu de l’édition loin d’être fleur bleue ! La moitié des auteures ont souligné des problèmes de jalousie sur les réseaux sociaux, entre maisons d’édition, des petites guégerres internes qui plombent un peu l’ambiance. La grande majorité qui ne s’est pas exprimée en ce sens, souligne avoir fait le choix de ne pas s’occuper des autres, d’être passé au-delà des attentes du départ, de profiter de ce qu’on a ce qui n’est déjà pas mal. Cela cache aussi une forme de déception qu’on a déjà digérée. Il faut toutefois relativiser cette impression un peu mitigée. J’y reviendrai.

La romance, un monde de femmes

Cette partie du questionnaire permettait d’exprimer assez librement son avis. Il en est ressorti plusieurs points :

  • C’est un monde de femmes en effet, parlant d’elles, de leurs fantasmes, de leurs rêves. Cela fait une communauté solide, forte, rassurante où l’on peut échanger en toute liberté, sans honte, sans tabou car chacune sait ce que l’autre lit ou écrit et peut l’assumer. Cela a été très libérateur pour certaines auteures et beaucoup de lectrices mais il y a le revers de la médaille.
  • Plusieurs auteures signalent, à leur grand dam, que justement, c’est sans doute parce que c’est un milieu féminin qu’il est mal considéré. Ce qui est certainement vrai. Plusieurs ont cité des anecdotes où des hommes méprisants leur demandaient pourquoi elles écrivaient « ces conneries » ou si le fait de rédiger des scènes érotiques faisaient d’elles des filles ouvertes à toute proposition.
  • Il ressort aussi que la plupart des auteures se disent non sectaires et prêtes à ouvrir grand les portes aux lecteurs et écrivains. Beaucoup ont dit qu’il y en avait beaucoup qui s’appelaient Marc Lévy, Guillaume Musso ou Nicholas Sparks, Bruno Combes… Mais se reconnaissent-ils eux-mêmes comme des auteurs de romance ? Pas sûr. Quant aux hommes lecteurs de romance, il semblerait que cela ne soit pas facile, encore moins que d’être une femme. Et un homme lisant de la romance… serait très difficilement assumé. Or, certains conjoints des auteures en lisent puisqu’ils sont les premiers critiques de leur compagne…
  • Enfin, plusieurs auteures ont signalé que ce monde de femmes qui écrit pour d’autres femmes a des responsabilités. En effet, parler des fantasmes des femmes ne veut pas dire cautionner des comportements dépassés de la part des personnages masculins comme on le lit parfois dans la romance. Milieu féminin oui, mais pas forcément caricatural.

Il y a donc clairement une ambivalence : oui c’est un milieu féminin et que c’est agréable quand on se retrouve virtuellement ou dans la vraie vie entre copines à parler de sa passion mais attention, ce n’est pas un secte et ce n’est pas genré !

Quel avenir pour la romance ?

Là aussi les avis divergent. En fait, les auteures sont relativement optimistes. L’idée générale est que la romance est maintenant sortie du placard, elle a sa place dans les librairies, elle a un lectorat soudé et revendiqué, elle existe. Quelques auteures, un peu plus âgées ont souligné qu’elle a été inventée il y a longtemps et qu’elle s’est toujours renouvelée. Alors la New Romance actuelle ou le NA changera peut-être mais la romance restera.

Plusieurs soulignent néanmoins quelques points qui peuvent inquiéter un peu :

  • La saturation du marché par la multiplication des sorties. Cela rend impossible à certains titres d’exister et permet de comprendre la nécessité vitale de la promotion (mais là aussi, attention, si tout le monde fait la même promotion, personne ne se distingue). Certaines maisons d’édition mettent actuellement la clé sous la porte, ou arrêtent des collections, signe évident qu’il n’y aura pas que des vainqueurs et que cette explosion de titres et d’auteures risque de se calmer un peu.
  • La tentation de saturer le marché en vendant beaucoup de livres, très vite, est un danger. Cela va noyer les bons romans dans un océan de moins bons. La question de la qualité se pose pour certaines auteures qui se demandent si le monde de la romance ne mérite pas parfois les critiques qu’on lui oppose : problème de français, relecture trop rapide, manque d’originalité, surenchère…
  • Certaines auteures, assez peu, à ma grande surprise, soulignent aussi le danger du piratage qui affaiblit les maisons d’édition ou les auto-édités.

Auteure de romance pour la vie ? Pour une vie nouvelle ?

Sur les vingt-deux réponses, pour une fois, c’est l’unanimité : tout le monde veut continuer à écrire, il est même inconcevable pour toutes d’arrêter; évoluer, oui, varier son écriture, changer de genre éventuellement (très minoritaire dans les réponses) mais s’arrêter, non. Pour deux auteures, il y a même un vrai projet de se consacrer entièrement à l’écriture, pour une très prochainement, pour l’autre, dans un avenir plus lointain. C’est pour cela que je relativisais les déceptions citées précédemment. Celles-ci n’ont en rien découragé les auteures mêmes celles qui estiment avoir subi de vrais revers après publication.

Une grande majorité des auteures reconnaissent un changement dans leur vie, même celles qui le nient ! Quatre ont répondu que cela n’avait pas modifié grand-chose mais en réalité deux ont précisé qu’elles avaient tout de même moins de temps. Pour les autres, c’est un gros « oui ». Leur vie a changé sur plusieurs points:

  • Le temps consacré à l’écriture a beaucoup augmenté rognant sur le reste : cinéma, vie familiale parfois, autres hobbies. Écrire de la romance est chronophage. Surtout que cela se mélange avec l’activité sur les réseaux sociaux jugé indispensable.
  • Maintenant, elles ont de nouvelles amies qui sont aussi des lectrices ou des personnes associées à leur travail d’écriture. Elles en parlent sur les réseaux sociaux, se rencontrent sur les salons, les festivals… Cela fait un nouvel entourage, de nouvelles relations fortes… Plusieurs soulignent à quel point le contact avec les lectrices est riche pour elles et leur apporte énormément.
  • Cela a parfois modifié la façon de voir leur avenir : j’ai signalé que plusieurs auteures envisageaient à plus ou moins courte échéance de se consacrer à l’écriture et c’est déjà le cas pour plusieurs d’entre elles (mais relativement peu).
  • Cela a souvent entraîné de nouvelles relations avec la famille : l’entourage est dans la grande majorité des situations passer d’un étonnement un peu goguenard à une vraie admiration. Dans quelques cas seulement, peu de gens sont au courant. Quelques auteures soulignent que cela a changé leurs relations de façon très forte avec leur mère, devenue attachée de presse/première relectrice/admiratrice, ou avec un conjoint, qui a été le premier à encourager et qui prend en charge la maison, les enfants quand c’est nécessaire. D’autres soulignent l’impact de ces lectures sur leur vie personnelle : une façon différente d’aborder la vie, ses relations avec les autres, son opinion de soi…

Dans la grande majorité des cas, hormis les craintes de quelques-unes concernant un milieu qui paraît souvent agressif et malveillant, l’expérience a été déterminante et très positive.

Voilà un très long article mais je pense qu’il est très éclairant sur un milieu, celui de la romance, qui demeure très mal connu et largement méprisé. Je pense que les défauts de ce microcosme sont connus de toutes et que les auteures auront à cœur de le faire changer ! Je demeure persuadée pour ma part que les problèmes sont les mêmes ailleurs. J’espère avoir éclairé vos lanternes et je tiens à remercier toutes les auteures, une fois de plus, pour leur totale franchise, le temps qu’elle ont consacré à ce questionnaire. Je les cite (dans l’ordre où étaient rangées mes fiches!) en espérant n’oublier personne.

Kristen Rivers, Battista Tarantini, Emma Cavalier, Loraline Braden, Emma Landas, Nina Prada, Laura Wen, Caro M. Leene, Iris Hellen, Shana Keers, Angela Behelle, Séverine Richerme, Emilie Mafille, Danielle Guisiano, Frédérique de Keyser, Juliette Di Cen, Lilie Desseaux, Delinda Dane, Audrey Alba, Suzanne Roy, Thaïs Liloone, Maddie Auteur.

 

5 Comments

  • Piko Lynna 14 mai 2018 at 14 h 35 min

    Très bon article.

    • Sylvie Gand 14 mai 2018 at 14 h 45 min

      Merci!

  • Gwen Delmas 15 mai 2018 at 8 h 29 min

    Très bon article dans lequel, auteur débutante (deux romans publiés seulement ) je me retrouve beaucoup.

  • Richerme severine 15 mai 2018 at 17 h 13 min

    Merci Sylvie pour cet article très complet. Tout est dit. Merci de croire en nous.

  • NoraDavy 15 mai 2018 at 20 h 44 min

    Article qui pousse à la réflexion… Tout comme Gwen Delmas (2 romans publiés) je comprends les propos et parfois les partage. Merci !

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