Bane – Sinners of Saint – 4 de L.J. Shen

11 mai 2018

Ai-je déjà dit à quel point j’aime ce que cette auteure écrit ? Sans doute… Mais je vais le redire !

Ce nouvel opus est encore une fois une vraie réussite dans cette série et le talent de l’auteure est indéniable. Son écriture est puissante et vient servir des histoires qui pourraient sombrer dans le too much très vite. Mais voilà, elle maîtrise totalement son histoire et on la suit avec délice.

Vous connaissez Bane si vous avez lu Scandalous et l’histoire de Trent. Bane est le surfeur hyper cool, à la morale élastique qui est sorti avec Edie et qui était son compagnon de glisse. On aperçoit la jeune femme d’ailleurs à quelques reprises. Sept ans se sont écoulés, Bane a maintenant vingt-cinq ans et il est devenu le petit caïd de leur ville du sud de la Californie. Il vit de diverses trafics, couche avec les femmes pour de l’argent et il surfe chaque jour. Il est sûr de lui et va le prouver en débarquant chez Vicious (une autre de nos vieilles connaissances !) pour lui demander beaucoup d’argent afin d’ouvrir un espace dédié au surf. Vicious va le réorienter sur un autre homme d’affaires qui va accepter de le financer en échange d’un curieux marché : s’occuper de sa fille adoptive, qui, à vingt ans et vit recluse après un drame que l’auteure révèle très vite. L’enjeu n’est pas de savoir ce qu’a vécu Jesse. Bane a déjà croisé Jesse plusieurs années plus tôt et avait flashé sur elle. Il accepte d’abord parce que rien ne lui pose vraiment problème et puis, il s’agit de Jesse.

Le début du roman est dur, un brin décousu. Il nous fait voyager dans le temps, revient sur l’horreur qu’a vécue la jeune femme. Si vous connaissez l’auteure, vous savez qu’elle construit es romans en réservant quelques grosses révélations. Il y en aura, pas toutes prévisibles et cela donne du sel à l’intrigue toujours très bien construite.

Et puis, il y a ces personnages et ce style si caractéristique de l’auteure. Bane est une sorte de perfection dans le genre, ce faux bad boy, tatoué, fumeur de shit, prend de l’argent en échange de sa protection. Il a une vision de l’honnêteté très personnelle mais n’est pas foncièrement mauvais et va être très sincèrement ému par l’histoire de Jesse. Mais il ne va pas la sauver, il ne va pas être non plus le prince charmant. Il n’en a pas l’étoffe et surtout, dans nos romances actuelles, les princesses se sauvent elles-mêmes. C’est justement la phrase qui commence le roman pour que ça soit très clair. Et cela fait du bien, de voir une héroïne qui n’a pas forcément besoin de l’amour pour aller mieux ni d’un homme pour se sortir de ses problèmes. Il va jouer, comme dans le conte Blanche-Neige, auquel il est très fréquemment fait référence, le rôle de celui qui réveille la princesse… Et encore, c’est plus complexe que cela. Cela donne une dimension formidable à Jesse. Elle est brisée, seule et encore, au début du roman, au sein d’un nid de vipères. Elle va lentement trouver le chemin vers la rédemption. En se battant, en affrontant ses démons. En faisant tomber Bane à ses pieds.

L’auteure séduit totalement par son écriture qui réussit ce mélange rare d’être à la fois d’une grande crudité et très poétique. Je fronce le nez à certaines expressions, je me tords de rire aux comparaisons qu’elle va chercher. Et parfois la justesse des mots frappe au cœur. Comme cette phrase de Pouchkine qui revient souvent, comme d’autres de l’auteure elle-même.

L’histoire se ressent de cela. Elle est à la fois âpre, incroyablement crue parfois. Les scènes de sexe ont une sorte de sensualité brute très marquante. Des passages sont terrifiants par ce qu’ils évoquent. On rit, on pleure, on grimace… C’est un torrent d’émotions différentes qui fait toujours mouche. Il reste le message passé sur le fait qu’aucune faute ne reste impunie, qu’on n’est pas toujours une victime ou qu’on peut sortir de ce statut et que la force est à l’intérieur de chacun. C’est un message que j’aime.

Bref, c’est un roman superbe, parfaitement mené. Les grognons trouveront sans doute que Jesse a trop souffert, que l’auteure en fait trop parfois, que Bane n’a rien d’un vrai bad boy… Tout cela est vrai mais c’est utilisé avec tellement de talent que je lui pardonne tout cela et que je me réjouis qu’elle me fasse réagir ainsi. J’attends déjà son prochain roman avec une grande impatience.

2 Comments

  • Sfans 11 mai 2018 at 13 h 24 min

    Fan de lj shen et maintenant de tes retours sur les romans en général! J’avoue que tes rubriques m’aident dans mes choix de lecture. J attends avec impatience le 3eme volet SCANDALOUS… En français🤗. Merci pour ce beau retour!😎

  • Sylvie Gand 11 mai 2018 at 17 h 24 min

    Hé, hé. Merci! Je l’adore aussi…

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