Recovered de Jay Crownover

5 avril 2018

Voilà une histoire touchante un peu inattendue dans l’œuvre de Jay Crownover mais pour celles qui la connaissent bien, ce n’est finalement pas surprenant. dans un avant-propos, elle explique que cette histoire est inspirée de son premier amour, de sa relation avec un jeune homme addict avec qui les choses ont été très compliquées mais l’ont beaucoup marquée. Cela donne une dimension supplémentaire à ce roman qui a des bases classiques du New Adult.

Affton est une jeune femme sur le pointe de commencer ses études dans une prestigieuse université californienne. Originaire du Texas, elle a beaucoup lutté pour en arriver là; Elle a été élevé par son père, sa mère est décédée des suites de problèmes avec la drogue. Autant dire que c’est un sujet hyper sensible pour elle. Alors quand le bad boy du lycée, Cable sombre dans l’addiction, elle le repère, tout de suite. Elle va même prévenir sa famille car elle ne veut pas que si un malheur arrive, personne ne soit averti. Et en effet, il va se passera quelque chose qui va conduire Cable en prison et en désintoxication. Une fois sorti, il se retrouve dans la maison familiale, sur le rivage texan. Cable est un gosse de riches, il est séduisant, mais également brisé. Quand la mère de Cable contacte Affton pour qu’elle aide Cable à passer un été sobre et l’aider à trouver un sens à sa vie, elle n’a guère le choix de refuser.

Le roman porte véritablement sur l’après-drogue mais aussi sur ce qui reste après. Cable a sombré dans l’addiction pour une bonne raison. C’est un garçon apparemment sans souci avec tous les atouts de son côté et pourtant, il n’a jamais trouvé sa place dans la vie, ni sa voie. Son estime personnelle est nulle et rien de tout cela n’est résolu quand il se retrouve dans la superbe villa parentale. Affton et Cable sont confusément attirés l’un par l’autre. Ils ont deux personnalités opposés mais ont un point communs : l’addiction. Celle à laquelle a été confrontée Cable et celle qui a emporté la mère d’Affton. Celle-ci en a conçu une véritable terreur pour toute forme de drogue et elle a mené un vie sage, rangé, presque renfermée sur elle-même. Cable, c’est le beau gosse, surfeur, charmant, qui enchaîne les conquêtes. Il a tout du petit fils de riche qui tue son ennui en faisant des bêtises.

Nous suivons cet été de rêve dans une villa magnifique, au bord du golfe du Mexique. Affton est le garde-chiourme de Cable. Elle subit ses changements d’humeur, ses faiblesses, ses périodes de repli sur soi. C’est beaucoup pour une jeune femme et elle est pourtant très solide, veille sur lui comme une louve tout en se laissant troubler. On reconnaît bien cette attraction que représente un homme profondément malheureux, qui a beaucoup de secrets et vous touche au cœur.

L’histoire est douce, appliquée, montre avec une grande finesse le processus psychologique qui conduit à chercher refuge dans des substances nocives et les difficultés pour en sortit. Comme l’auteure le dit elle-même dans son avant-propos, cela se termine souvent très mal dans la réalité. Là, Affton a les bonnes réponses et les meilleures réactions possibles, ce n’est as toujours aussi simple. Malgré ce côté un peu facile du processus, l’évolution de Cable est jolie et émouvante. Le dévouement d’Affton l’est tout autant. Le roman se passe dans un quasi huis-clos à peine interrompu quelques fois par une visite ou deux. Cela illustre bien aussi la dépendance qu’un tel couple peut développer de l’un ou de l’autre.

Le dénouement est ce que l’on peut attendre d’une romance. Cette histoire, qui a une valeur aussi personnelle, touche beaucoup. Elle ne fait pas dans le pathos, les héros sont aussi ceux de Jay Crownover. On les reconnaît, mais il y a cette petite émotion indéfinissable en plus qui flotte, qui vient sans aucun doute de sa part authentique. Ce n’est peut-être pas le meilleur de ses livres, il est un peu à part mais il est très personnel, très révélateur. Avant d’être un roman sur l’addiction et la façon d’ne sortir, c’est une jolie histoire de premier amour qui commence dans des conditions difficiles. Il y est beaucoup question de tatouages aussi et on ne peut s’empêcher d’y retrouver beaucoup de l’auteure.

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