Les scènes « FacePalm » de la romance – Épisode 1 : le malentendu

30 avril 2018

Ce titre mérite une petite explication et mise au point dès le départ ! La romance est bourrée de clichés, c’est comme ça, mon but n’est pas de les démonter, il y a bien assez de moqueurs qui s’en chargent mais de mettre le doigt sur les énormités que les auteures de romance s’autorisent parfois. En effet, à force de lire certaines scènes, elles deviennent légitimes ou normales alors que c’est tout de même difficile à avaler ou très stupide. Un des exemples est la coïncidence, ou plutôt les coïncidences : le héros et l’héroïne se retrouvent à plusieurs reprises face à l’autre dans une grande ville, sans se concerter. Moi je veux bien mais cela n’arrive pas souvent dans la vie, et pas plusieurs fois surtout. C’est ce qui me fait lever les yeux au ciel parfois en lisant.

Deuxième point, il m’arrive de tomber sur l’une de ces scènes et de l’apprécier ! Parce que je suis de mauvaise foi ? Sans doute… Mais aussi parce que certaines auteures parviennent à vous convaincre que cette scène a été inventée par elles et n’a rien à voir avec les énormités écrites par les autres. Cela s’appelle le talent pour l’auteure, parfois, la mauvaise foi pour la lectrice que je suis. Et quand un très bon livre comporte ce genre de scènes, je peux être bien plus indulgente.

Alors à quoi fais-je allusion ? À des scènes récurrentes de la romance, reprises parfois sans aucun recul, qui pour moi dénotent un manque d’imagination certain ou une envie de créer des rebondissements terriblement prévisibles. Je citerai, mais la liste n’est pas exhaustive : la grossesse surprise qui relance tout et qui est d’une telle fréquence que cela devient suspect ; les héros, sur le point de s’embrasser ou de faire l’amour, interrompus, par un portable qui sonne, un copain qui débarque, une soucoupe volante qui se pose dans le jardin (tout est bon…), et beaucoup d’autres choses, mais je vais me focaliser aujourd’hui sur le malentendu. Rassurez-vous, je reviendrai sur les exemples cités et pas seulement, car les scènes facepalm sont très nombreuses.

Le malentendu, c’est lorsque les deux héros se fâchent ou se séparent parce qu’ils croient que l’autre ne veut plus de lui, qu’il a trouvé quelqu’un d’autre, qu’il le trompe… Cette scène est parfois antérieure à l’action contée dans le livre, c’est ce qui va donner une superbe romance de seconde chance (ça, c’est un trope !) Comme les héros n’ont pas pu se séparer pour de vraies raisons, puisqu’il s’aiment toujours, il faut une cause acceptable, alors les auteures pensent que pas de raisons du tout… c’est bien. Eh oui, ils se sont fâchés, mais en fait, la cause de la dispute n’est pas réelle, donc il ont vécu dans le chagrin parfois de longs mois, de longues années, en continuant à éprouver de tendres sentiments pour leur cher et tendre parce qu’ils ont mal compris. Ou pas écouté. C’est là que j’enfouis mon front dans ma main. Vous avez toutes lu cette scène : le héros ou l’héroïne dit : « non, mais ce n’est pas ce que tu crois, je vais t’expliquer… » Et que fait l’autre? Il refuse, plusieurs fois, d’écouter, s’en va, la rage au cœur. Ou alors c’est le méchant de l’histoire, le vilain ou la vilaine, l’ex machiavélique, la belle-mère démoniaque, le père autoritaire… Bref, celui qui a toutes les raisons de mentir ou de détruire le couple, qui vient susurrer à l’oreille des héros: « Il ou elle t’a trompé(e), tu devrais te fâcher et le/la larguer ». Et que font les héros ? Eh oui, ils se disent: « mais bon sang, mais c’est bien sûr, il ou elle a raison… je m’en vais. »

Hum…

Alors, on peut comprendre que sous la colère nos héros réagissent stupidement mais un jour, elle retombe, cette saine rage, non ? Changent-ils d’avis ? Se disent-ils : « Peut-être que je devrais écouter un peu ce que lui ou elle a à me dire ?  »

NON… BIEN SÛR QUE NON !

Le héros ou l’héroïne persiste et signe. Ou alors l’auteure, décidément peu inspirée, en rajoute. Un des membres du couple tente de les aider mais le héros ou l’héroïne a perdu son téléphone avec le numéro de l’amour de sa vie, est obligé(e) de partir au bout du monde, donc ne voit plus sa famille ou ses amis, est frappé(e) d’amnésie, est enlevé(e) par les extra-terrestres sortis de la soucoupe volante citée précédemment… Bref, il lui arrive une série de soucis invraisemblables qui justifient qu’aucune discussion ne sera possible. Pratique… pour l’auteure surtout.

Donc, un terrible malentendu a séparé nos tourtereaux. Et vous, pauvre lectrice, vous vous dites que si le destin a réuni tellement d’obstacles, c’est qu’ils ne doivent pas être faits l’un pour l’autre et vous plongez votre front dans votre main quand enfin, à un moment ils ont LA conversation qui aurait dû avoir lieu des pages avant…  l’un des héros dit, tristement : « Que de temps perdu, si nous avions, parlé/Si je t’avais écouté(e)…

Oui, Einstein… Tu viens de mettre le doigt sur le problème…

Si, comme moi, vous enfouissez votre visage dans votre main en lisant ce genre de scènes, c’est que l’auteure a raté son coup avec vous aussi.

Ce type de malentendu se retrouve souvent à deux moments de la romance : avant, comme je le disais précédemment, dans les histoires de seconde chance ou alors dans la plupart des autres, à peu près à 80% de la lecture lorsque tout semble réuni pour que nos héros filent le parfait amour dans un arc-en-ciel de lumière et qu’on a droit à une dernière menace sur le happily ever after.

Le souci de cette scène est qu’elle fait passer les héros pour des idiots bornés qui se créent leurs propres problèmes. Cela fait aussi des réactions stéréotypées, comme si chacun réagissait de la même façon à une information ou à ce qu’il voit. L’auteure peut jouer avec l’idée du malentendu mais peut l’améliorer comme elle veut. C’est son super-pouvoir.

Vous pouvez vérifier lors de votre prochaine lecture… Et encore une fois, ce n’est pas parce qu’un rebondissement se trouve dans la plupart des romances que l’on lit, qu’il doit rester comme tel. Parfois, c’est même mieux de remettre cette péripétie en question.

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