L’anatomie du bonheur – Romy – 1 de Judicaëlle Bouget

10 avril 2018

Bon… Ce roman fait partie de la catégorie : « ce n’est pas fait pour moi ». Ou plus exactement les personnages me semblent tellement éloignés de moi et de ce que je pense des relations amoureuses que je n’ai pas vraiment pu m’y retrouver. Donc, il est bien évident que d’autres peuvent tout à fait apprécier cette lecture.

Je m’explique. Romy est une jeune étudiante en médecine qui, au début du roman,commence son stage dans un service de chirurgie orthopédique. C’est une bonne élève, studieuse, un brin naïve ( le mot est faible…) et elle est prévenue : les chirurgiens dans ce service sont des dragueurs, il faut qu’elle se méfie. Elle va vite pouvoir vérifier que c’est vrai lorsqu’elle fait la connaissance de Marco Latoré. Il est beau, musclé, brillant dans son domaine et flashe immédiatement sur la jolie petite externe. Il va la prendre sous son aile… dans tous les sens du terme. Petit détail sans importance : Marco est marié et père de famille ce qui ne semble pas le gêner outre mesure ni avec Romy, ni avec celles qui l’ont précédée.

Il y a quelque temps, je soulignais à quel point l’infidélité était peu exploitée dans la romance donc mon intérêt s’est éveillé. Je n’ai aucun a priori sur l’utilisation de ce thème dans la romance mais je n’ai pas été convaincue dans cette histoire, c’est le moins que l’on puisse dire.

Tout d’abord, je n’ai pas pu vraiment me passionner pour le sort des héros qui m’avaient l’air de sortir d’une romance vieille de trente ans. Marco, c’est le beau gosse, frimeur et dragueur tendance gros lourd. Même l’héroïne le dit : il est tactile donc en pleine salle d’op, il palpe notre héroïne, la drague, lui lance des œillades… Tout y passe y et il ferait partie aujourd’hui des hommes qu’on repousse pas forcément gentiment parce que la finesse n’est pas leur fort. Mais cela marche du feu de dieu avec Romy, qui va passer l’essentiel du livre à se demander si, elle, petite chose sans courbe peut sérieusement attirer un tel dieu vivant, puis, quand elle constate que oui, il la drague pour de bon, s’en réjouir. Ils n’auront jamais une vraie conversation sérieuse sur le détail signalé avant : le fait que Marco est marié et père d’une petite fille. En quelques phrases lapidaires, le sort de l’épouse sera réglé et cela ne freinera pas très longtemps Romy, et pas du tout Marco. Difficile de s’attacher à des personnages si peu sympathiques : lui peut difficilement passer pour un héros, quant à elle, elle a une personnalité de petite souris timide qui plaît terriblement à Marco. Évidemment.

Je passe sur des dialogues plutôt poussifs et dans un langage un peu fleuri, trop sucré qui semble dater aussi. Le scénario reprend beaucoup de poncifs de la romance.

J’ai passé pas mal de temps à lever les yeux au ciel et j’ai lu l’intégralité du livre en devinant sans peine tous les rebondissements, mais ils sont rares. La première partie qui détaille avec soin et exactitude la vie d’un service d’orthopédie est finalement la plus intéressante. Dans la seconde, c’est terminé et c’est bien dommage.

Je reste perplexe devant ce genre de romances qui sont totalement dépassées à mon goût. Oui, je suis persuadée que des Marco sont encore très nombreux dans des hôpitaux et qu’ils fondent sur les jeunes externes comme sur de la chair fraîche mais faut-il rendre cette situation normale et acceptable ? À mon avis, non. Je ne peux plus du tout m’attacher à un personnage masculin qui profite sans le moindre doute de sa position supérieure, ignore sa femme et reste avec elle « pour leur fille »

Ce roman n’est qu’une première partie d’un duo. La fin de ce premier opus est censée donner envie d’ouvrir très vite la suite. Mais on sait bien à quoi s’en tenir d’ores et déjà. Je ne sais pas si je lirai cette suite même si je pense qu’on entre dans un autre moment de cette histoire et que peut-être, l’auteure fera évoluer son héroïne. Il existe quelques personnages secondaires dont un certain Titouan, meilleur ami totalement platonique de notre héroïne, très en retrait dans ce premier opus, mais qui le sera peut-être moins.

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