Interview de Natasha Madison

11 avril 2018

Merci à Natasha Madison d’avoir pris le temps de répondre à mes questions alors qu’ell dédicaçait sur le stand de son éditeur français, Juno Publishing. Merci à elle d’avoir parlé français la plupart du temps ! Merci aussi à Juno de m’avoir proposé cet entretien, cela m’a permis de découvrir l’auteure de plusieurs livres que j’ai énormément appréciés et dont la chronique est sur le blog.

 

BM : Bonjour Natasha, on ne vous connaît pas encore très bien en France, que pouvez-vous nous dire pour vous présenter aux lectrices françaises ?

NM : Bonjour, je m’appelle Natasha Madison et je suis canadienne. C’est la raison pour laquelle je parle français même si je suis née dans la partie anglophone du pays. J’ai toujours, toujours écrit des histoires. J’avais plus ou moins le projet d’écrire pour publier, mais je voulais attendre que mes enfants soient tous à l’école, d’avoir plus de temps et soudain… la série Cinquante nuances est sortie ! Et là je me suis mise à lire, à lire de plus en plus. C’était tellement facile, sur ton téléphone par exemple, pas besoin d’aller à la bibliothèque.

BM : Et cela t’a donné envie d’écrire aussi ?

NM : Oui, voilà, mais je n’aurais jamais imaginé que ça devienne ce que c’est maintenant et que je me retrouve ici (à Livres Paris).

BM : Maintenant tu écris à plein temps ?

NM : Oui, j’avais un autre emploi mais je ne pouvais plus faire les deux. Alors j’écris à plein temps. Je m’y mets vers 8h30, le matin après que j’ai conduit les enfants à l’arrêt de bus. Puis je prends un café et je me lance jusqu’à 14h ou 14h30. Parfois, je reprends après parce que mes enfants sont plus grands maintenant et ont moins besoin de maman (Ils ont 18, 16 et 13 ans). Je profite aussi des moments où mon mari est voyage pour son travail. Mais après 20 h, c’est fini, je ne peux plus écrire, je suis trop fatiguée. Je fais autre chose. En fait, je ferme mon ordinateur, mais je continue à penser à l’écriture. Comme ça, le lendemain, à 8h30, j’ai un plan, je sais ce que je vais écrire.

BM : Quel est ton tout premier livre ?

NM : Something so right. Jamais je n’aurais cru écrire un livre comme ça. Je l’ai écrit et je pensais qu’il y aurait une quarantaine de personnes qui l’achèterait, en dehors de ma famille. Je l’ai mis en ligne sur les plateformes, je me suis couchée et le lendemain matin, c’était déjà bien plus que cela ! On parlait de bestseller… Je me demandais ce qui se passait et forcément ça m’a donné envie de continuer ! Alors, j’ai écrit le premier, puis le second et je viens de terminer le quinzième ! Le premier, c’était en juillet 2016 ! J’ai été très, très occupée ces dernières années !

BM : Tu as choisi d’écrire de la romance grâce à la série Cinquante Nuances.

NM : Oui, un peu mais j’aime bien changer de genre dans la romance, faire du romantic suspense par exemple. De la romance contemporaine, de la comédie romantique… Parfois je prévois d’écrire quelque chose et non… ça ne marche pas. Il m’est arrivé d’écrire 50000 mots pour un nouveau roman et l’arrêter pour en commencer un que je termine en quelques semaines. Je ne peux pas me forcer à terminer un roman que je n’aime pas, j’aime mieux recommencer tout depuis le début. Si le livre ne me plaît pas, il ne sera pas bon, à mes yeux et certainement à ceux de mes lectrices. Elles méritent le meilleur.

BM : Tu écris dans des genres donc assez différents et peut-être mon livre préféré est Hell and Back.

NM : Ah c’est un roman différent, pas du tout une comédie romantique comme The Boss qui est paru chez Juno. Il ne te laisse pas forcément un sourire aux lèvres. Mais j’avais cette histoire dans ma tête et je n’aurais pas pu m’empêcher de l’écrire. Cela m’a pris deux mois, je pense et à bien y réfléchir, c’est peut-être ce que j’ai fait de mieux. Je ne sais pas pourquoi… Peut-être à cause de tout ce que l’héroïne doit traverser, les émotions qu’elle doit affronter. C’est une histoire d’amour mais elles ne sont pas toutes lumineuses et joyeuses. Certaines ont un début très sombre, personne n’est parfait. Dans le cas de ce livre, le message que je voulais faire passer était le plus important. J’ai reçu des messages de lectrices à ce propos notamment d’une femme dont le fils avait sombré dans la drogue et qui m’a dit qu’elle avait compris qu’il avait dû toucher le fond pour s’en sortir.

BM : On peut donc en déduire que c’est le rapport avec les lectrices qui te plaît le plus ?

NM : Tout à fait. J’adore leur parler, recevoir des messages. C’est tellement gratifiant quand une lectrice te dit : « j’adore vos livres ». Cette réaction est la plus importante de toutes. C’est addictif et je ne pourrais donc pas m’arrêter d’écrire, les voix dans ma tête seraient de toute façon plus puissantes que tout.

BM : Sur quel livre travailles-tu actuellement ?

NM : Je termine de travailler sur une trilogie. C’était supposé être un seul tome mais j’ai travaillé sur la couverture et soudain… en fait c’est devenu une trilogie ! Le livre qui vient de sortir (en vo) parle d’un petit garçon malade et de son père qui est un hockeyeur. C’est un personnage que l’on a vu dans des livres précédents de la série Something. Je pense que c’est ce que j’ai fait de mieux. C’est un romance sur le hockey mais pas seulement. En réalité c’est très peu sur le hockey et beaucoup sur ce petit garçon malade. Certaines scènes ont été difficiles à écrire et m’ont pris beaucoup de temps. C’st difficile d’écrire sur la maladie, surtout des enfants. D’ailleurs, il y a souvent des enfants dans mes romances… je ne sais pas pourquoi ! Peut-être parce que je parle de la vie de tous le jours ; les bébés, la mère ou le père célibataire, les ados…

BM : Lis-tu de la romance toi-même ?

NM : Seulement lorsque je n’écris pas. Ma plus grande angoisse est de lire quelque chose et de le reprendre en écrivant ans même m’en rendre compte. Quand j’écris, je ne lis que mes livres, comme ça je ne pourrai que me copier moi-même. Par contre, je lis les autres entre deux livres (je me laisse deux semaines de battement entre deux romans). Je lis Kristen Ashley, Jody Ellen Malpas, Aurora Rose Reynolds.

BM : As-tu déjà visité la France ?

NM : Oui, j’ai passé quatre jours en France l’année dernière, après une dédicace en Allemagne, à Berlin. J’adore Paris ! On a marché partout dans la ville, il faisait très chaud ! Je m’asseyais sur un banc, juste pour observer les gens. J’ai trouvé qu’ils parlaient plus entre eux qu’en Amérique. Ils passent moins de temps sur leur téléphone. Il a bien pris trop d’importance maintenant, tous comme les réseaux sociaux et ça m’a fait un bien fou de m’asseoir et d’observer.

BM : Imagines-tu tes héros quand tu écris ? Tu les vois incarner par des acteurs ?

NM : Non ! Sur la plupart de mes couvertures, on ne voit pas de visages en entier. Je laisse chacun imaginer qui peut être le héros. Parce que si tu imposes un personnage aux lectrices t que ce n’est pas celui qu’elles imaginent… ça change l’histoire. Parfois, j vois une photo d’un personnage masculin et je me dis, ça sera lui, mais c’est tout. Et puis, je ne veux pas être influencée par le physique du personnage choisi : aller vérifier s’il a des tatouages, des yeux bleus et les décrire dans mon livre !

BM : Comment écris-tu ? Totalement seule ? Avec une équipe ?

NM : J’écris seule en général mais j’ai publié un livre avec Aurora Rose Reynolds. Pour nous amuser ! Je travaille sinon avec cinq personnes qui sont là depuis le début. J’ai fini mon premier livre le jour de Noël, j’étais restée auprès de ma fille qui était malade. J’ai laissé le livre puis je l’ai envoyé à des amies plusieurs semaines plus tard, sans même dire que c’était de moi ! J’ai des bêtas lectrices, des gens qui me corrigent, c’est fondamental d’avoir des yeux différents des miens pour lire le roman. Sinon, on peut le lire cinquante fois sans voir les soucis. Je me fais aider pour les couvertures aussi parce que je n’ai pas une fibre artistique assez développée pour me débrouiller seule. J’ai une graphiste qui travaille avec moi depuis le début et à qui je dis : voilà ce que je veux et c’est tout.

BM : Que penses-tu du fait d’être traduite en français ?

NM : C’est juste génial ! La plupart de mes amies sont francophones. Et à chaque livre, elles me demandaient si ça allait être traduit un jour et je leur répondais que je ne savais. Alors quad Juno Publishing m’a contactée, je leur ai demandé : Mais à qui avez-vous parlé ? Laquelle d’entre vous a fait cette démarche ?! Non, c’est un rêve devenu réalité en fait !

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