Brooklynaire – Brooklyn Bruisers – 4 de Sarina Bowen

21 février 2018

Quel délicieux livre que celui-là, soutenu par un héros qui ne l’est pas moi et que les amateurs de cette série connaissent puisqu’il s’agit du propriétaire de l’équipe de hockey de Brooklyn. Cela éclaira d’ailleurs le titre puisque Nate Kattenberger est un milliardaire (billionaire en anglais) qui possède cette équipe d’un des quartiers de New York. On a croisé souvent cet homme qui est un peu le contraire des montagnes de testostérone que sont ses joueurs. On connaît aussi l’héroïne, Rebecca, qui est son assistante depuis sept ans, embauchée alors qu’il n’était qu’un jeune homme, un intello, geek, accroché à son ordinateur, toujours en train de créer quelque chose de nouveau. Leur histoire s’est déroulée en filigrane, derrière celles des autres. La voilà au grand jour. Et si justement, peu de choses étonnent parce qu’on sait déjà quelles sont les bases de leur histoire, leur jolie romance est adorable.

Tout a changé pour eux lorsque que Rebecca s’est aventurée sur la glace de la patinoire en chaussures de ville et est lourdement tombée sur la tête. Les conséquences de son traumatisme crânien se révèlent bien plus longues et compliquées qu’elle ne le pensait. Son congé maladie va se prolonger et elle va découvrir que sa santé préoccupe énormément son patron et ami, Nate. Tout le monde a repéré depuis longtemps qu’il craque pour elle. Cette histoire est un mélange du patron qui tombe amoureux de son employé et de l’ami qui devient l’amant. Attention, Nate n’est pas le patron à la Christian Grey, dominateur, et qui manie les millions depuis le haut de sa tour, froid et malheureux. Nate est un ancien geek, pas riche qui est maintenant aux prises avec la gestion financière de son groupe. Il est aussi très seul parce que le pouvoir et l’argent isolent. Enfin, Nate est sans doute l’archétype du héros qui va sans doute de plus en plus s’imposer dans la romance post mouvement #metoo. C’est un homme de pouvoir à plus d’un titre et qui le sait. Il se rend parfaitement compte de ce que des avances faites à une employée qui ne semble pas les souhaiter pourraient donner comme impression. Il sait que l’argent et le pouvoir ne donnent pas tous les droits. Il y a plusieurs passages dans ce livre sur le fait que malgré son envie de protéger celle qu’il aime, il ne peut pas prendre les décisions à sa place, il faut respecter ses choix… Le message est très clair et cela donne un héros presque original. Son côté geek, un peu inadapté socialement, pas très sûr de lui, va dans ce sens. Cela ne lui retire aucune virilité pour celles qui s’en inquiéteraient car on peut être un homme dans tous les sens du terme sans se frapper sa poitrine velue en criant « tu es à moi ».

Cela donne une romance entre les deux personnages absolument délicieuse. Becca a rayé définitivement des possibilités une liaison avec Nate depuis longtemps. Elle tombe de l’armoire donc quand elle perçoit l’attraction qu’il éprouve pour elle. Elle a une mauvaise opinion d’elle-même et sa santé n’étant pas au top, elle se sent vulnérable. Ils sont drôles ensemble, attendrissants, très justes. Et finalement, cela donne une romance très fraîche, douce et sensuelle. Sur fond de hockey. L’histoire se déroule en parallèle de celles des héros précédents donc on sait à peu près ce qu’il se passe dans l’équipe et sur la glace. On est juste plus du côté des décideurs, de l’organisation que d’habitude.

Le livre n’est pas parfait cependant, il y a quelques longueurs. L’auteure met beaucoup de temps à mettre en place des rebondissements un peu prévisibles qui préparent de toute évidence la suite de la série. Quelques personnages dont la très réussie stagiaire de Becca, une dénommée Heidi Jo, font leur apparition et auront probablement droit à quelque chose plus tard. C’est aussi probablement le cas d’Alex, une amie de Nate.

Malgré le fait que l’histoire surprend peu, à la fois parce qu’elle se déroule en même temps que d’autres, déjà connues, et que les rebondissements sont prévisibles, on craque pour Nate et Becca. Je terminerai en donnant une mention spéciale à l’application/assistant personnel virtuel créé par Nate, un certain Bingley ( quelle référence!) qui l’aide dans sa vie de tous les jours en répondant à tous ses désirs en lui parlant avec son délicieux accent anglais et son vocabulaire châtié. C’est un détail amusant comme le goût que Nate et Becca ont développé pour les palindromes ( mots ou expressions qui se lisent dans les deux sens). Ce sont des détails mais qui viennent comme une cerise sur un gâteau déjà réussi.

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