Nos Vagues à l’Âme – Nos chemins de travers – 2 de Georgia Caldera

22 janvier 2018

Il y a quelques mois paraissaient le premier tome de ce duo de Georgia Caldera qui s’attaquait ainsi au NA, ce genre New Adult qui est très à la mode depuis quelques années. Il est inutile de lire ce second tome et par conséquent cette chronique si vous n’avez pas encore découvert le premier. Le récit reprend là où il s’est arrêté.

Nous avions donc laissé Emma et Louis séparés. La jeune femme a appris quelque chose qui ‘la fait prendre la fuite  très vite, laissant Louis particulièrement désemparé. Il va lui falloir enquêter, pister Emma qui sait si bien se dissimuler s’il souhaite en savoir plus et se faire pardonner ce qu’il a fait même s’il l’ignore encore. Pourtant tout avait évolué superbement pour eux dans le premier tome : le séducteur sans scrupule qu’était Louis était tombé amoureux et la jeune femme solitaire, complètement bloquée par la souffrance qu’était Emma avait commencé à se libérer de son carcan. Il va falloir recommencer, donc.

Cette première partie ne m’a pas totalement convaincue, je dois bien le reconnaître même si je l’ai lue sans déplaisir. Nous nous trouvons dans un schéma hyper classique du genre où un malentendu qui n’aurait pas lieu d’être si les héros s’écoutaient cinq minutes va les séparer. Cela dure un peu longtemps, surtout qu’Emma est loin d’être sotte. Mais heureusement, nous allons énormément progressé dans la connaissance de leurs problèmes.

Le NA est spécialiste de ces être traumatisés que le malheur a brisés mais qui vont, grâce à l’autre, retrouver un sens à leur vie. Pour Emma, tout était clair. Elle  a avec son corps une relation presque de haine, comme si ce traitre n’avait fait que compliquer sa vie. Elle ne croit pas en son potentiel de séduction et vit avec ses complexes qu’elle porte comme une tortue soutient sa carapace. Par moment, son mal-être est palpable sous la plume de Georgia Caldera. Il est lourd, étouffant, débilitant. C’est pour ça que lorsqu’elle commence à sortir de cela, c’est très libérateur même pour le lecteur. C’est lent et laborieux car on ne vit pas si longtemps avec cela sans difficulté. Pour Louis, la souffrance est différente et plus pernicieuse. Je vous la laisse découvrir mais la blessure qu’il a subie dans le premier tome, n’est pas vraiment responsable de cela. c’est plus complexe.

C’est surtout dans la seconde partie que tout se dénoue et que l’histoire évolue davantage. Et plusieurs messages sur les normes, sur les femmes, thèmes qui sont très importants pour les jeunes gens mais pas seulement, sont développés. ils amènent à la réflexion.

L’écriture de Georgia Caldera est un grand atout de ce NA, ce qui le rend atypique aussi parce justement, si les thèmes sont ceux du NA, les personnages sont très emblématiques de ce genre aussi, l’écriture ne l’est pas. Le vocabulaire est soigné, le rythme plutôt lent, le style très agréable et travaillé. Rien à voir avec certains NA. Cela peut déstabiliser mais cela peut aussi devenir un atout de plus, qui tranche avec la production habituelle.

Georgia Caldera est une auteure à suivre, qui s’approprie avec habileté ce genre sans perdre un iota de son style très identifiable. L’histoire sans être follement originale prend ainsi une autre dimension. Si elle parvient à chasser les quelques réflexes un peu faciles

 

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