Wait for it de Mariana Zapata

10 novembre 2017

Si vous voulez lire ce roman, dégagez du temps. Comme toujours avec cette auteure, vous partez en immersion dans vie de ses héros, dans une exploration lente, méthodique, très prenante de leur histoire et de leurs émotions. Tout est raconté du point de vue de l’héroïne, qui s’appelle Diana Casillas. Elle vient d’emménager dans un nouveau quartier d’Austin au Texas avec ses deux neveux. Josh et Louie vivent avec elle pour des raisons que le livre va préciser. Diana les adore et a bien l’intention de les élever du mieux possible.

L’arrivée dans cette nouvelle ville et dans sa maison ne va pas se faire sans incidents. Alors qu’elle est au fond de son lit, elle et réveillée par une agitation dans la rue et va intervenir courageusement pour empêcher un homme de se faire casser la figure. Il s’avèrera plus tard qu’il vit chez son frère, un certain Dallas et qu’elle va être appelée à le revoir très souvent dans sa vie.

Inutile de vous dire qu’il ne ‘agit là que des tout premiers moments de la relation entre Dallas et Diana et qu’il va se passer des quantités de choses que l’auteure nous détaille avec minutie, précision. C’est ce style, très particulier qui finit presque inévitablement à vous emporter. Car, au fil des (nombreuses) pages, vous devenez très familiers avec les personnages, les héros mais également leur entourage. C’est comme si l’auteure prenait une histoire d’amour comme elle arrive dans la vraie vie : vous ne tombez pas souvent amoureux au premier regard (ou alors ça se révèle souvent vite une belle erreur ! ), vous avez de nombreuses personnes autour de vous, votre famille ou des amis et celui que vous aimez aussi. Diana est très loin de penser à l’amour en croisant Dallas même s’il attire son œil très vite. Et il lui fait clairement comprendre qu’il ne cherche personne lui non plus. Affaire classée ? Eh bien non, car la vie, la minuscule étincelle d’attirance du tout départ va faire en sorte que tout va évoluer très progressivement. Chaque chapitre correspond à une scène où l’auteure montre comment la relation entre les deux héros s’approfondit. Cela part de presque rien, ils ne se voient même pas, à des moments clés, lourds d’émotions, de désir et d’amour.

Les deux héros sont parfaits, très riches psychologiquement. Mariana Zapata affectionne les personnages masculins plus âgés, très silencieux, très fermés. Ils ne nous apparaissent qu’à travers l’œil de l’héroïne, qui lentement mais sûrement succombe. Le moindre petit geste, effleurement, regard appuyé se transforment en une déclaration intense. Cela fonctionne totalement avec Dallas, c’est ex-membre de la Navy qui n’a pas eu trop de chance dans sa vie sentimentale. Quant à Diana, elle est adorable, incroyablement généreuse, débordante d’affection qu’elle veut donner aux autres, d’une maladresse attendrissante et surtout, c’est une mère exceptionnelle même si les deux garçons qu’elle élève n’ont pas été conçus par elle.

Ces deux gamins sont merveilleux chacun à leur façon. Josh a onze ans et est déjà un peu un mini-mec qui prend ses distances avec Diana comme un petit garçon le fait à cet âge. Louie est adorable. Il a cinq ans et touche tout autant à sa façon. Ces deux enfants sont réalistes, se comportent comme des gamins de leur âge et ont un rôle fondamental dans la romance car ils sont très importants dans la vie de leur tante. Tous les personnages secondaires sont parfaits. Pour ceux qui connaissent l’auteure, on croise les héros de Kulti et The wall of Winnipeg and me. Les héroïnes se connaissent et les héros sont tous plus ou moins des sportifs (Dallas entraîne l’équipe de baseball de Josh).

De nombreux thèmes sont abordés, comme celui du deuil, de la maternité aussi bien sûr et l’amour maternel, de la famille aussi. Diana a beaucoup à se prouver dans ce domaine et d’autres aussi. sa vulnérabilité, ses doutes sur elle-même sont très réalistes et touchants.

Ce genre de roman est un long voyage dont on sort avec difficulté tellement on s’imprègne de l’histoire des héros. On les vit avec eux. C’est leur réalisme mais également la puissance des émotions qui emporte complètement le lecteur. Pour être tout à fait honnête, il y a quelques longueurs, l’auteure répétant ou détaillant parfois certains passages à outrance. Mais c’est un avis personnel. Il faut laisser à Mariana Zapata le temps de nous conter son histoire.

Sa façon d’écrire est inimitable. Si les émotions sont fortes comme je l’ai dit plusieurs fois, c’est sans pathos aucun et n’exclut pas de rire de temps à autres. Je recommande tout particulièrement le rôle inhabituel des chaussettes selon Diana !

Bref, cette auteure me plaît de plus en plus et sa façon d’écrire du slow burn (littéralement cuissons lente), de faire monter la pression degré par degré est excellente. Elle est sans doute la meilleure du genre dans ce domaine.

3 Comments

  • Evenusia 10 novembre 2017 at 21 h 46 min

    Je l’adore, je l’adore, je l’adore. Je prends mon pied quand je la lis tellement je suis complètement dedans même si des fois je dois l’admettre elle répète 50 fois les mêmes choses mais qu’est ce que c’est bien !!!!

    • Sylvie Gand 12 novembre 2017 at 17 h 52 min

      Je mets parfois du temps à rentrer dedans et par moment, j’ai envie de leur botter le derrière à tous les deux! Oui, vous êtes faits l’un pour l’autre!! Mais tu les connais à fond à la fin, comme de vrais amis!

      • Evenusia 17 novembre 2017 at 16 h 57 min

        Exactement ! Du coup on a du mal à passer à autre chose vu le temps qu’on a mis à les connaître et les centaines de pages avalées, on peine à les quitter

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