Obsession Mine – Tormentor Mine – 2 d’Anna Zaires

17 novembre 2017

Je lis toutes les publications d’Anna Zaires maintenant et le seul reproche que je lui adresserais est de publier des trilogies qui nous laissent dans une très difficile expectative. C’est le cas avec ce tome, j’aime mieux vous prévenir et je vous déconseille aussi de commencer la lecture si vous n’avez pas lu le premier. C’est la suite directe.

Cette série tourne toujours autour du monde de sa toute première saga avec Julian et Nora. Peter, le héros est d’ailleurs un peu fâché avec Julian car il avait obtenu une précieuse liste de noms grâce à Nora et avait un peu énervé Julian ! Cette liste livrait les responsables de la mort de l’épouse de Peter et de son fils, drame qui profondément changé sa vie déjà fort complexe. On en apprend d’ailleurs un peu plus sur son enfance dans ce livre. Peter est entrée en contact avec Sara, l’héroïne, de la façon la plus brutale qui soit. Il l’a torturée pour la faire parler puis la séquestrer avant de tuer son mari, justement lié à son drame personnel. Résumée comme cela, l’histoire a l’air abominable et tout le talent d’Anna Zaires est de nous montrer que la romance (mais est-ce le bon mot à employer ?) peut s’épanouir malgré tout.

Car le grand bonheur de cette série est l’impeccable développement de la psychologie des personnages, l’analyse minutieuse, presque chirurgicale des pensées des deux héros pour essayer de comprendre ce qui se passe dans leur tête. Cela permet une réflexion passionnante aussi sur la dark romance, sur sa crédibilité, sur jusqu’où on peut accepter de voir un des deux héros faire mal à l’autre.

Sara, par rapport à d’autres héroïnes de romance notamment de dark romance est un peu plus âgée et surtout, elle est gynécologue. Elle est une femme indépendante, intelligente qui ne perd jamais de vue le fait que ce qui lui arrive est profondément anormal, injuste et qu’elle ne peut pas aimer, porter de tendres sentiments à Peter. Mais entre l’amour absolu, inconditionnel et la haine, il y a toute une gamme d’émotions très complexes qu’elle peut éventuellement ressentir. Tout cela est d’une justesse absolue.

Du point de vue de l’histoire, cette seconde partie inverse un peu la situation. Cette fois, Peter va soustraire Sara à sa vie, la retenir captive. Bravo à Anna Zaires d’avoir inventé un nouveau lieu reclus, au Japon, au sommet d’une montagne bordée de falaises. C’est un véritable nid d’aigle, qui renforce la sensation de huis-clos et d’oppression ressenti par l’héroïne. Du point de vue psychologique, la situation est passionnante : Peter aime Sara. À sa façon, c’est à dire très obsessionnelle. Sara ne l’aime pas, refuse de se laisser aller à ce sentiment et si elle reconnaît éprouver beaucoup de choses dont une attirance physique, elle sait pertinemment que jamais, elle ne pourra aimer un homme qui la séquestre. Cela a donc la conséquence excellente de créer une confrontation entre les deux héros. Sara résiste, Peter pousse. Il utilise tout pour provoquer des sentiments qu’on lui refuse. Pour les gens qui sont choqués, comme moi, par l’absence de consentement dans une relation sexuelle, on en est bien loin ici. C’est plus dans les sentiments, dans une approche plus cérébrale qu’il y a un souci. C’est dérangeant mais Sara n’est jamais une victime pathétique. Peter conserve toujours ce côté un peu pathologique et obsessionnel. Il ne devient pas différent, elle non plus. Et pourtant leur relation évolue. C’est du grand art dans le genre.

L’autre aspect est qu’il y a de l’action. C’est un des domaines où l’auteure excelle. Peter et sa petite équipe exécute pour de grosses sommes d’argent des gens influents. Cela va rythmer le roman, ainsi que son histoire personnelle de vengeance. Elle est assez peu évoquée ici, sans doute pour mieux revenir dans l’épilogue.

Il y a quelques longueurs, quelques passages moins réussis, mais sinon cela vire parfois au thriller psychologique. la relation entre Sara et Peter est passionnante, dérangeante, intelligente. Il n’y a pas de surenchère de violence physique, c’est totalement inutile. Comme je l’ai dit, entre Sara et Peter, ce n’est pas le souci. Mais il est dominateur, n’a pas beaucoup de limites, et retient Sara.

Pour moi, dans ce genre et tout particulièrement ce genre qui mêle enlèvement, violence et action, c’est ce qui se fait de mieux. Il est évident que réussir une telle tension psychologique est bien plus difficile que d’imaginer des scènes gore entre les héros. J’attends avec impatience la dernière partie de l’histoire de Sara et Peter. J’espère aussi que l’auteure poursuivra dans ctte voix car elle arrive à renouveler subtilement son propos et améliore sans cesse son approche psychologique.

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