La malédiction de la zone de confort de Marianne Levy

6 novembre 2017

Voilà un titre attractif qui donne tout à fait envie d’ouvrir le livre et quand en plus, il est mentionné que le roman est un hommage aux comédies romantiques, je ne pouvais que foncer et plonger dans les aventures parisiennes mais néanmoins rocambolesques de Rose et de Ben.

Pour résumer très vite la situation, Rose est une actrice dont la carrière va peut-être être sur le point d’exploser puisqu’elle vient de décrocher un rôle dans LA série télé qui va cartonner, dite « à l’américaine » et qui porte justement sur le monde de la télé et en particulier celui du journal télévisé. Quant à ben, sa carrière est au point mort. Écrivain et scénariste, il n’arrive plus à écrire. Il est en train de se replier sur lui et ses cahiers de moleskine. Il erre sans but jusqu’à ce que son pote lui offre un petit boulot de rien du tout. Il est producteur de télé, justement de la dernière série télé à la mode.

Vous croyez avoir tout compris ? Sans doute pas, car dans le livre de Marianne Levy, ce qui compte c’est moins la façon dont toute l’intrigue va se dérouler que la façon dont c’est raconté. Chacun des deux personnages principaux va prendre alternativement la parole dans des chapitres drôles en diable la plupart du temps. Le tout est plongé dans un Paris sympathique, un brin bobo quand même et dans une atmosphère ultra-contemporaine où l’on retrouve, pêle-mêle, les réseaux sociaux, l’effet de poster une vidéo sur Youtube, la fascination pour les séries, l’impact des sites de rencontres ou de Tinder sur les relations amoureuses. J’en passe et des meilleures. Sans oublier, et c’est bien moins contemporain, l’importance de la poésie médiévale sous la forme d’un certain Guillaume mais je n’en dis pas plus !

N’oublions pas aussi l’importance des comédies romantiques et du cinéma de façon plus générale dans cette histoire. Rose consomme les Love Actually et les Pretty Woman avec délectation. Pour Ben, c’est un peu différent mais il va y prendre goût. Précisons que parler de ces comédies romantiques, c’est forcément évoquer Hugh Grant par exemple. C’est loin d’être un problème !

En un mot, c’est une écriture vive, enlevée, un brin déjantée, pleine de bons mots et de moments marrants. L’impression est excellente et je ne me suis pas ennuyée même si j’ai quelques bémols à apporter. Oui, c’est drôle mais parfois, c’est un peu trop l’effet qui est recherché au détriment de l’émotion. Or, la particularité de la comédie romantique c’est ce mélange qui fait craquer, d’émotions, de sentiments et de drôlerie. Il manque sans doute une pointe d’émotion, cette petite touche d’empathie supplémentaire avec les personnages qui fait qu’on a la larme à l’œil à la fin. Cela manque un peu ici, particulièrement pour Rose, je trouve. Ben fait un héros assez parfait de comédie romantique, ronchon et sombre mais prêt à s’épanouir si on lui offre ce qu’il faut.

En tous cas, l’idée d’aller franchement dans ce genre qui a connu ses lettres de noblesse au cinéma mais moins en littérature est très bonne; Cela offre un moment de lecture qui nous pousse allègrement dans notre zone de confort à nous ! Et ça fait du bien par les temps qui courent !

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