Cigarettes, whisky… et romance.

20 novembre 2017

Dans le paysage de la romance, un minuscule détail commence à apparaître de façon récurrente. Mais justement, le diable est dans les détails comme on dit et je me dis que c’est assez intéressant…

Regardez plutôt…

 

 

 

 

 

 

 

 

Le point commun est évident… La clope…

Je pourrais vous parler de la série de Jessica Hawkins que je viens de déguster où là aussi, le héros fume et bien d’autres encore où il est question de cigarettes.

Si vous lisez de la romance depuis quelques années, vous aurez du mal à trouver des couvertures présentant directement un héros en train de fumer et il est très rare qu’il en soit fait mention dans l’histoire. Fumer finalement n’était plus très sexy. On insistait sur la réalité : la cigarette entraîne des cancers et avant de vous tuer lentement, elle abime, votre peau, vous donne une haleine de cendrier, une voix, surtout quand on est une femme, caverneuse, évoquant déjà la tombe où la chose vous précipite. En gros, la clope, ce n’était pas bien, pas glamour du tout, et cela disparaissait de la romance, genre bien-pensant la plupart du temps. Bon, les héros boivent toujours beaucoup. D’ailleurs, ce serait l’objet d’une sacrée réflexion car il y a dans TOUTES les romances une scène, au moins, d’ivresse avec des conséquences plus ou moins catastrophiques. Bien sûr on condamne l’alcool au volant, mais en dehors de ça… aucune limite ou presque. Mais le tabac, non.

Ces auteures sont américaines donc n’ont pas exactement le timing que nous connaissons dans notre pays mais la politique anti-tabac est sensiblement la même de part et d’autre de l’océan atlantique. Le prix du paquet est élevé, on a enlève soigneusement les clopes au bec des hommes (le cowboy Marlboro a perdu la sienne il y a des lustres, Jean Paul Sartre aussi, sur certaines photos) et il y a même une député qui demande la suppression des images de cigarettes au cinéma. On ne peut donc pas dire que la mode est au développement du tabac.

Et pourtant, sans que cela soit un raz-de-marée, nous voyons apparaître ces couvertures enfumées et de plus en plus de textes où le héros fume.

Alors, peut-on en déduire quoi que ce soit ? Je ne sais pas mais je ferai quelques remarques.

  1. Le héros fume, l’héroïne, non : cela revient à une pratique très ancienne où la cigarette était considérée comme un phénomène masculin. Quand les femmes fumaient, elles devaient faire un effort d’élégance en ajoutant des fume-cigarettes. Je pense que la recrudescence de héros fumeurs correspond à une façon de souligner une forme de virilité, de masculinité. Les poses qu’ils affectent sur ces couvertures le montrent : l’oeil à moitié fermé pour éviter la fumée, la façon de tenir la cigarette entre deux doigts… Peut-être que cela ne vous fait ni chaud ni froid mais si le cowboy Marlboro, qui a illustré les pubs de cette marque depuis très longtemps, a perdu la sienne, c’est que ce cowboy solitaire, à cheval, le regard perdu dans le lointain, plaisait bien trop. La cigarette était la cerise sur le gâteau. Même chose pour un certain Lucky Luke a maintenant un simple brin d’herbe entre les lèvres !

 

 

  1. Le héros qui fume est un bad boy. Il peut aussi se droguer, boire ou autre chose mais le fait de se distinguer en fumant en dépit de tous les avertissements de prudence fait de lui un mauvais garçon qui n’envisage pas sa vie plus tard, dans un futur où il sera vieux et potentiellement malade. Non, il fume parce qu’il le vaut bien et se fiche des conséquences, du qu’en dira-t-on, comme de son premier mégot. Ai-je besoin de commenter les titres anglais des romances dont vous avez les couv ici ? Pas la peine de connaître l’anglais : Bad, Vicious, Womanizer… Même l’esthétique de ces couvertures est assez semblable.

C’est un détail, minuscule. Mais après avoir fait des héros dominateurs, qui commandent, ultra alpha, la romance cherche peut-être un autre angle pour parler des hommes, des vrais… De ceux qui font trembler aussi.. Gentiment, hein… Parce que la cigarette est tout de même encore autorisée et n’est pas une transgression totalement folle.

Pour le reste… Il est encore trop tôt pour en dire plus. Verra-t-on la même indulgence qu’il y a pour l’alcool se développer pour la cigarette ? Ou est-ce qu’on éteindra le mégot avant même qu’il se consume ? À suivre…

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