Without Merit de Colleen Hoover

2 octobre 2017

Chaque sortie de Colleen Hoover suscite un peu d’émotion. On se demande toujours si on éprouvera le même plaisir à la lire, à découvrir une nouvelle histoire sous sa plume. Le style de ses histoires a évolué aussi et ce dernier ouvrage le confirme encore.

Comme d’habitude, j’essaierai d’en dire le moins possible mais maintenant, Colleen Hoover choisit de parler d’un thème ou de plusieurs sujets plutôt que raconter une « simple » romance. Il y a toujours une très jolie histoire d’amour cependant, au cœur de l’histoire de la jeune Merit. C’est bien elle qui est au centre de ce qui se passe, une jeune ado vulnérable qui a grandi au sein d’une famille qu’elle juge décevante et agaçante. Il faut dire qu’elle n’est pas banale… Son père, un athée convaincu a déménagé toute sa famille soit, sa femme, son ex-femme, ses quatre enfants dans une ancienne église. Merit passe sa dix-septième année au milieu de tout cela. Et si la maison est bien remplie, elle ne sent pas très entourée.

La première partie du roman va nous permettre d’apprendre à connaître cette tribu et là, tout le sens de l’humour parfois décalé de Colleen Hoover se révèle. La famille de Merit, elle-même, sont des personnages étonnants. La description est souvent tragi-comique car sous des dehors légers et humoristiques, ce qui est évoqué est loin de l’être. Un exemple ? Il est au tout début du livre et ne livre aucun spoiler : Merit adore collectionner les trophées depuis un certain incident dans sa vie. Depuis chaque souci est « récompensé » par un trophée qu’elle chine dans les brocantes ou les vide-greniers. Et c’est précisément en pleine recherche de son nouveau trophée qu’elle va tomber sur Sagan. Même le nom du héros est à tomber – c’est d’ailleurs aussi ce que pense Merit. Je ne vous en dis pas plus, vous découvrirez en lisant un des personnages masculins de Colleen Hoover comme elle sait tellement bien les réussir. Sagan a sa propre histoire, particulièrement poignante. Mais celle qui parle, qui nous conte son histoire, c’est Merit seulement.

Je n’en dirai pas davantage sur l’intrigue. On déguste ce roman qui choisit d’illustrer un problème grave de notre société. Sans jugement, avec intelligence et infiniment de délicatesse. Colleen Hoover revient vers des héros jeunes, à l’âge vulnérable de l’adolescence, ceux qu’elle préfère et réussit le mieux à mon sens. C’est fait avec une extrême finesse, sans qu’on ait l’impression de recevoir une longue explication ou une leçon. Et comme toujours, le message est lumineux. Il est à la fois très simple une fois que l’auteure l’explicite et il est porteur d’espoir. On ressort touché et ému de la lecture. S’il y a un thème central, il n’est pas unique, et quand Colleen Hoover fait dire à un de ses personnages que ce qui arrive dans la vie est parfois question de perspective, elle fait passer là aussi un message très juste. Il y a des leçons de vie dans les romances de Colleen Hoover.

L’histoire d’amour de Sagan et Merit se développe au milieu de tout cela. Jolie, délicate, difficile car Merit et Sagan ont fort à faire. Mais elle est bien présente et apporte elle aussi de la lumière au texte.

On sort du roman avec des phrases qui resteront dans notre mémoire tellement elles sonnent juste, des sourires devant des situations rocambolesques, des larmes parce que la vie réserve parfois bien des embûches et la conviction que Colleen Hoover est une auteure formidable, unique, avec sa voix bien à elle dans un genre qu’elle sublime. Ce n’est pourtant pas mon roman préféré de cette auteure mais comme chacun d’entre eux, il m’a beaucoup touchée et captivée.

 

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