Pour t’avoir de Shirley L.B.

8 septembre 2017

Que dire sur ce roman qui s’est révélé une assez grosse déception ? Peut-être peut-on commencer par ce qui m’a attirée et poussée à le lire, un contexte très intéressant, rarement traité dans la romance française, celui de l’intervention des casques bleus au Mali et au développement de mouvements islamistes radicaux dans cette zone de l’Afrique. C’est un choix courageux, intéressant mais qui finit par se perdre dans les maladresses ou incohérences de cette histoire. Et c’est bien dommage car il y a beaucoup d’idées dans ce roman mais il part un peu dans tous les sens.

Cela commence dès le départ avec la présentation des personnages. Et là aussi, quelle idée courageuse et intéressante de présenter une héroïne aussi odieuse que Gaëlle ! Dans les premiers chapitres, nous découvrons une jeune femme agressive, arrogante, sans la moindre empathie, qui ne pense qu’à elle et surtout à écraser les autres. Pas facile de nous la faire aimer. Mais le plus dommage est que l’odieuse personne va disparaître assez vite et qu’on a du mal à définir sa personnalité exacte. Gaëlle va partir en Afrique, envoyée par son père, pour lui apprendre la vie. Quand on sait, plus loin, pour quelles raisons elle se comporte ainsi, on est médusée par ce choix de ses parents. Mais là voilà partie au Mali où elle débarque avec l’arrogance qui la caractérise et rencontre dès l’arrivée dans un camp de l’ONU, un casque bleu américain, Austin. Lui est le soldat typique, qui en a vu beaucoup trop et a choisi de devenir casque bleu pour ne plus porter d’armes. Là aussi, c’est une idée intéressante mais mal exploitée. En effet, Gaëlle va passer son temps à l’appeler « mon héros de guerre ». C’est plutôt incohérent avec un personnage qui n’accepterait pas ce titre, cela ne lui correspond pas et celle qui tombe amoureuse de lui ne s’en apercevra jamais…

Tout est ainsi. L’intrigue commence donc par ce contact qui devrait être profondément choquant entre une Gaëlle, parisienne, d’origine très bourgeoise et une zone de guerre en Afrique. Jamais on ne sait vraiment ce qu’elle vient faire là. Quelques allusions sont faites au camp, au rôle de l’ONU dans la région mais on ne voit guère de réfugiés, d’autres membres de l’équipe. On ignore les compétences de Gaëlle pour se trouver là. Il en est de même avec Austin qui semble avoir deux collègues en tout et pour tout et dont la mission demeure mystérieuse au-delà de l’évidence, la protection des habitants .

Le roman se perd ensuite dans des pistes multiples et diverses qui vont bien nous éloigner du départ. Dans la seconde partie, c’est plutôt une intrigue policière qui touche Austin directement. Mais il se passe une foule de choses dans toutes les directions, les révélations se multiplient, des pistes s’ouvrent et se referment plus ou moins… Tout cela donne une impression assez brouillonne. De ci, de là, les bonnes idées réapparaissent.

Il y a beaucoup trop de choses dans ce roman y compris des passages assez sentencieux sur le terrorisme, la violence, la guerre, le rôle des Européens dans ce qui se passe en Afrique maintenant… Encore une fois, cela fait du bien d’avoir un vrai fond dans une telle histoire mais je suis restée très frustrée la plupart du temps car cela reste superficiel et rapide. Il en a été de même pour la romance entre Gaëlle et Austin. Ces deux opposés mettront peu de temps à dépasser leurs différences. Quel dommage là aussi.

Bref, le roman avait un potentiel énorme mais il est comme resté à un premier stade. Quelques scènes ou dialogues, tout comme le portrait du départ de l’héroïne semblent là pour choquer ou surprendre. Un tel thème, un sujet aussi grave et une romance entre deux personnages qui avaient tout pour être charismatiques méritaient mieux.

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