Absinthe de Winter Renshaw

14 août 2017

Voilà un roman intéressant et pas aussi classique qu’on pourrait le croire. Tout n’est pas réussi mais il fonctionne très bien. Le thème est classique puisqu’il s’agit d’une relation tabou entre un directeur d’un lycée et d’une élève; la fonction est un peu différente qu’en France mais peu importe, il est bien évident qu’il n’est pas autorisé à ces deux-là de se fréquenter.

Comme souvent, dans ce genre d’histoires, la rencontre se déroule de façon inopinée. L’héroïne, Halston a un passé difficile et a été recueillie par son oncle. Elle a vécu des moments très compliqués et n’a qu’une envie : être indépendante et partir de loin de sa famille et notamment de sa cousine avec qui elle ne s’entend pas du tout. Désœuvrée au début des vacances, elle va s’inscrire sur un site de rencontres. Elle ne veut aucune liaison durable mais uniquement du sexe. Elle prend le pseudo d’Absinthe par référence à ses yeux verts et va rencontrer Kerouac; le nom la frappe car elle adore la littérature mais pas cet auteur. Kerouac est le nouveau directeur de son futur lycée et s’appelle en réalité, Ford. Lui aussi est à la recherche de relations sans lendemain. Tout semble donc aller pour le mieux.

Malgré ce départ assez classique, l’histoire va évoluer un peu différemment de ce qu’on pourrait attendre. La première partie du roman est essentiellement une relation à distance puisque les deux héros ne se rencontrent pas. Ils échangent par mail et discussions instantanées. C’est la période de séduction, avec un caractère ouvertement sexuel, puisque c’est ce que chacun des héros recherche. Honnêtement, l’auteure n’excelle pas à faire monter la tension sexuelle et ce n’est pas la meilleure partie du livre. Mais si on persiste, on se prend de plus en plus de sympathie pour la jeune Halston et celui dont elle tombe amoureuse malgré ses préventions. La jeune femme est très mûre pour son âge et cela est justifié par ce qu’il lui est arrivé. Il est très peu fait cas de ce qu’elle a vécu. Et c’est normal. Halston a tourné la page et regarde vers le futur. C’est assez rare pour être signalé. Ford est aussi intéressant. Il a misé sa vie sur son travail et évidemment ne veut prendre aucun risque. cette relation tabou, il ne l’assume pas du tout et fera son possible pour la tenir à distance.

Il y a une forme de réalisme dans cette histoire qui joue moins sur le côté sulfureux que sur la fatalité d’une telle liaison. Elle existe même si chacun des deux personnages ne l’assument pas vraiment.

Au cœur du roman, il y a aussi la littérature et ce qu’elle peut apporter à la vie de chacun. Joli message.

Le roman n’est pas parfait; il surprend parfois par sa froideur, par les choix des héros mais c’est aussi sa force : il ne ressemble pas vraiment aux autres. Cela donne envie d’explorer plus avant l’œuvre de cette auteure.

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