The Darkest Sunrise – The Darkest Sunrise – 1 de Aly Martinez

16 juillet 2017

Oh quelle histoire superbement réussie ! Son seul défaut est que c’est une première partie et qu’il va falloir attendre la suite et que le twist est un peu prévisible mais cela n’enlève rien à la beauté et au plaisir de découvrir Charlotte et Porter.

Charlotte est une jeune médecin, une pneumologue. Elle a réussi ses études et est une brillante praticienne mais elle vit dans une sorte de clair-obscur depuis la disparition de son fils alors qu’il n’était qu’un tout petit bébé. Elle a toujours vécu séparée du père de son enfant et vit donc dans une profonde solitude, et a un mal fou à voir des enfants, à en parler et refuse de prendre en charge des patients enfants. Porter a pourtant besoin de ses services. Son fils, Travis, souffre de graves problèmes respiratoires et il recherche désespérément un médecin top niveau pour le suivre. Il sait que Charlotte en est une et il va donc littéralement manœuvrer pour essayer de l’obliger à changer sa règle de conduite.

Il y a tant de bonnes choses dans ce roman… La première est l’extrême intelligence et sensibilité du regard porté sur Charlotte et sa vie. Elle vit une situation qui est une sorte de torture permanente où elle oscille entre douleur, culpabilité, incertitude. Elle ne sait pas ce qui est arrivé, elle ne sait rien, sauf que le bébé a enlevé et qu’elle se reproche d’avoir manqué de vigilance. L’auteure utilise souvent la comparaison entre jour et lumière. Charlotte vit dans la nuit même en plein jour parce qu’elle ne peut plus s’autoriser ni trouver le moyen de voir la lumière. C’est une image très forte et particulièrement bien mise en évidence dans le roman. Face à elle, Porter vit son propre calvaire. Il a un fils malade, une petite fille à charge et son épouse n’est plus de ce monde. Sa situation est une autre forme de torture elle aussi. Ils vont se reconnaître comme deux personnes en souffrance et se retrouver maladroitement, avec un peu de réticence surtout de la part de Charlotte. Mais elle veut changer et l’attraction qu’ils éprouvent est trop forte. Et puis, malgré toute cette douleur, leurs moments ensemble sont lumineux, joyeux, faciles, tellement différents de leur quotidien. Là aussi, l’auteure réussit parfaitement à faire passer son message.

L’essentiel de cette première partie est donc la sortie du deuil, l’entrée dans ce moment où on décide de lâcher prise, pas d’oublier, mais de continuer malgré tout, comme on peut. Il y a des passages particulièrement bouleversants, des mots très forts prononcés par l’un ou par l’autre. C’est très beau et ne serait-ce que pour cela, ce livre est à lire. Les deux personnages sont très forts, chacun dans leur genre. Charlotte est toute en douleur contenue ; Porter cache mieux son jeu. Ils se complètent parfaitement.

Mais il y a un peu plus aussi, quelque chose qui trouvera tout son sens dans le second tome de ce duo et dont je ne parlerai pas ici.

Non seulement, le livre est bouleversant, mais il est écrit avec une grande justesse de ton. Il n’en fait pas trop dans le pathos malgré la lourdeur du sujet, il sait rester joyeux, un peu gamin bien que nous ayons affaire à deux adultes accablés. Il est aussi très bien construit, avec des indices qui font progresser l’intrigue personnelle des deux héros mais également celle plus générale de la série. Les personnages secondaires sont juste parfaits également tout particulièrement Tanner, le frère de Porter.

Voilà une excellente romance, superbement écrite, qu’on dévore comme s’il s’agissait d’un suspense en découvrant une magnifique histoire d’amour entre des personnages follement attachants. Aly Martinez a de façon évidente un grand talent.

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