Les Délices d’Ève d’Émilie Collins

17 juillet 2017

Le résumé était appétissant… Imaginez une relation prof/élève et ceci dans la pâtisserie… Il y a là deux ingrédients qui ne peuvent que me faire saliver. Si l’écriture très jolie et très soignée d’Émilie Collins est impeccable et est très agréable à suivre, l’histoire elle-même ne m’a tellement touchée, pas plus que les personnages et l’intrigue finalement plutôt faible.

Ève est donc élève dans une prestigieuse école parisienne de pâtisserie où elle souffre dans tous les sens du terme. Son professeur est un gros monsieur qui abat violemment une cuillère en bois sur les mains de ses disciples quand ils se trompent. C’est pourquoi, quand il meurt dans une crise de rage, elle n’est pas spécialement attristée. D’autant plus que les funérailles vont lui permettre de rencontrer Zach, mystérieux et follement séduisant. Ève n’hésite pas et cède au jeune homme pour mieux découvrir le lendemain qu’il est le remplaçant de son ancien tortionnaire et MOF – meilleur ouvrier de France –, titre prestigieux dans le métier qui fait de vous un demi-dieu. Mais Eve n’a pas que des amis au sein de sa petite promo. Elle a été vue très proche du MOF et évidemment, cela ne va pas améliorer l’opinion des autres, notamment de son ex.

La première partie est assez amusante, commençant sur la mort assez rocambolesque du prof de la jeune femme, traitée avec une certaine ironie et du recul. Cela partait bien. Le reste est très cliché et il y en aura beaucoup dans cette romance qui reprend ceux dont elle abuse depuis des années. Certaines fois, j’en ai levé les yeux au ciel car les seuls rebondissements viennent de vieilles ficelles de la romance donc qu’on sent venir de très, très loin.

La relation prof/élève n’est pas vraiment évoquée. Il n’y a rien de tabou ni de vraiment interdit dans cette relation qui se développe entre Zach et la jeune femme. Oui, il est son prof, oui, il serait mieux qu’ils s’évitent mais ils n’en ont pas envie donc font exactement ce qu’ils veulent. Pourquoi pas ? Mais cela retire vraiment pas mal d’intérêt à ce genre de relation. Ils auraient pu être voisins de palier. Zach donne bien quelques cours à la jeune femme mais il n’y a pas la tension, l’intensité, le goût de l’interdit qu’on associe à ce genre d’histoire. Il n’y a pas non plus la relation de maître à disciple, de celui qui est formé par un maître ou alors à peine.

Quant aux héros, ils sont un peu fades. J’ai eu un peu de mal à m’attacher à Zach qu’on n’entend presque pas dans cette histoire sauf à la fin où il donne en quelques pages son point de vue. Que sait-on de lui à part qu’il est MOF ? Il n’a pas de passé, juste des projets d’avenir et qu’il est très beau au point de faire craquer Eve en deux minutes. Quant à elle, elle est plus décrite, sa personnalité est plus travaillée mais elle n’est pas spécialement sympathique. Je sais qu’on adore aujourd’hui les héroïnes bagarreuses et j’aime quand elles ont du caractère, mais là, je n’ai pas trouvé cela réussi.

Il reste la pâtisserie, l’atmosphère gourmande, bien décrite, évoquée avec de jolis mots. L’écriture de l’auteure est impeccable, je l’ai dit, et elle s’en sort très bien en évitant quelques clichés pour le coup. Il manque peut-être un peu d’émotion, de sensualité, ces éléments dans une romance qui marquent un peu plus. Les difficultés du métier de pâtissier sont bien mises en avant, la jalousie et l’exigence quotidienne d’efforts aussi. Peut-être aurait-il fallu aller encore plus loin dans ce domaine.

Je sors globalement déçue de cette romance. Le sujet était bon, l’auteure a les moyens d’écrire mais l’histoire ne m’a pas convaincue et les personnages ne m’ont pas emportée avec eux.

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