Tormentor Mine de Anna Zaires

20 mars 2017

Si vous lisez Anna Zaires, vous vous souvenez certainement de Peter Sokolov, le héros de ce roman. Il joue un rôle important dans la première trilogie que l’auteure a créé dans ce milieu, autour de Julian Esguerra. Il passe assez brièvement mais on connaît un peu son histoire et aussi ce qu’il fait. Il met ses considérables talents de tueurs au service de qui le paye et passe le reste de son temps à pourchasser ceux qui ont tué sa famille. La première trilogie explique bien comment il est entré en possession d’une liste pour l’aider à atteindre cet objectif.

Nous allons retrouver Peter aux États-Unis justement en train d’essayer de trouver un homme. La meilleure façon qu’il a trouvée est de contacter son épouse, Sara. C’est une jeune gynécologue brillante et dévouée et il va débarquer chez elle pour lui soutirer des informations. Il va tout faire pour obtenir ses confidences y compris utiliser la torture. Cette première rencontre est marquante pour tous les deux. Pour Sara, c’est un immense traumatisme suivi de l’exécution de son mari. Mais, de façon plus surprenante, Peter va avoir du mal à oublier Sara et va revenir délibérément auprès d’elle et s’imposer dans sa vie.

Que dire sinon qu’Anna Zaires maîtrise cette intrigue de bout en bout et que c’est peut-être son meilleur roman dans le genre de la Dark romance, la vraie ? C’est un genre exigeant, précis, qui joue beaucoup avec nos limites morales et la cohérence psychologique des personnages et rarement cela a été à ce point maîtrisé.

Comme toujours, c’est le lien étrange, malsain, toxique même qui s’instaure entre les deux héros qui est au centre de l’histoire. Il y a bien une intrigue générale mais qui reste un peu au second plan pendant une large partie du livre. Non, et c’est un pur bonheur, nous restons témoins de la relation complexe que Peter va imposer à Sara. Il est bien question de ça. Peter n’est pas un doux agneau, n’a pas beaucoup de scrupules et prend ce qu’il veut quand il veut. C’est à dire, Sara, sans bien comprendre pourquoi et comment. Chacune des deux personnages est parfait. Peter a, au fond de lui, des capacités à aimer qui se sont éteintes quand sa famille lui a été arrachée dans des conditions épouvantables. Peter n’est pas un psychopathe, pas un homme violent gratuitement. Il renouvelle la panoplie de héros de cette série. On a affaire ici à un homme endurci par la vie, qui en gardera sans doute de dures séquelles toute sa vie et un rapport aux autres très altéré. C’est tout. Ses capacités  à aimer  peuvent se réveiller. Il est fascinant dans sa dureté et sa douceur. Oui, il y a les deux à la fois ! Sara est dans une toute autre position même si son mariage est déjà responsable de pas mal de souffrances et de culpabilité. C’est surtout une héroïne forte, qui va tenter de sortir de la situation que le héros lui impose, avec intelligence, sans jamais faiblir, sans pour autant hurler dans le vide. Elle fait au mieux, étant donné sa situation.

Les thèmes abordés sont toujours les mêmes : le consentement ou son absence, le fait que le héros refuse la liberté à l’héroïne mais aussi la façon dont celle-ci change, s’adapte, met en place des limites. Anna Zaires évite beaucoup de clichés du genre ou les voit de façon très différente. Par exemple, Sara cède à son désir parfois mais ce n’est pas jamais sans que cela lui pose un énorme problème et sans qu’elle ne cherche à changer cela.

La fin du roman est le résultat de leur relation complexe, torride, intelligente. Ils s’affrontent, se cherchent, s’interrogent aussi sur eux-mêmes, sur la culpabilité, sur ce qui est acceptable ou pas… Bref, c’est assez brillant!

Évidemment, je renouvelle la mise en garde habituelle. Si ce roman n’est pas le plus violent ni le plus horrible du genre, il présente des situations qui peuvent déranger et il aborde des thèmes peu consensuels. Il n’est donc pas destiné à toutes les lectrices. Ce n’est pas central mais c’est un plus : il utilise le contexte de la guerre dans les républiques caucasiennes et le rôle des Russes et des différentes puissances étrangères. C’est léger mais indispensable.

Enfin, la fin du livre n’est pas un cliffhanger épouvantable mais l’ouverture vers une autre histoire, différente qui s’annonce tout aussi passionnante car Peter et Sara ont évolué. Bref, je meurs d’envie de connaître la suite et quand la Dark romance est écrite comme ça, sans être édulcorée ni tomber dans la surenchère de violence pour satisfaire des lectrices de plus en plus endurcies, c’est juste parfait !

One Comment

  • k 14 avril 2017 at 10 h 35 min

    Hate de l’avoir en VF !!!!!

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