La vie enfuie de Martha K. d’Angélique Barbérat

19 mars 2017

Angélique Barbérat montre ici un autre aspect de son grand talent d’écrivain en abordant un genre nouveau avec un certain brio, celui du thriller autour d’une héroïne qui a perdu la mémoire et qui va peu à eu élucider ce qui lui est arrivé.

En effet, elle a été retrouvée à la frontière entre l’Allemagne et la Pologne dans un camion. Elle a visiblement eu un accident de voiture mais ne sait plus qui elle est et ne va retrouver sa famille que plusieurs semaines plus tard.

Le roman se décompose en plusieurs parties. Le début est un peu lent et reflète sans doute le malaise qu’éprouve Martha à essayer de réintégrer une vie qu’elle ne connaît pas mais dans laquelle, elle se sent vilement plutôt mal. Elle a épousé un homme, un banquier et vit juste à la frontière suisse, là où son mari travaille. Nous sommes un peu accablés de détails dans cette première partie qui décrit beaucoup sa vie, sa maison, ses amis, sans que l’on comprenne pourquoi. Il y aurait sans doute été possible de passer plus vite car tout n’est pas indispensable. En fait, tout s’envole lorsque l’héroïne a soudain des pans de sa mémoire qui luis reviennent.

Le ton change, l’intrigue commence à s’emballer et tout le talent d’Angélique Barbérat est de nous emmener dans une intrigue qui s’éclaircit quelques lignes pour mieux s’obscurcir un peu plus tard. Chaque révélation fait naître beaucoup de questions et il apparaît plusieurs points. Martha n’est en effet pas une simple accidentée de la route et il est fort probable que sa vie ait changé quelque temps avant ce qui est arrivé.

Le rythme est intense, on a très envie de savoir ce qui est arrivé dans cette paisible famille bourgeoise qui menait une vie bien calme dans un coin de campagne de France qui n’est pas très agité en général. Il y a bien sûr cette intrigue qui occupe l’essentiel du roman mais on retrouve le goût de cette auteure pour les histoires d’amour magique et fusionnelle également. C’est un peu fugitif, parfois un peu fragile dans la cohérence mais c’est passionnant. On aurait presque aimé en savoir plus sur cette histoire. Petit détail significatif, le modèle amoureux de Martha est celui formé par Bertrand et Lola qu’on croise fugitivement dans une promenade au bord du Léman.

C’est un roman qui se lit très vite dont l’intrigue est en général bien menée même si parfois c’est un peu tiré par les cheveux et qu’il y a beaucoup de détails très précis qui nous font perdre le fil. Mais il n’est pas évident de savoir ce qui se cache derrière la vie enfuie et bien calme de Martha. À la fin du roman, on a une vision totalement différente de son existence, de ce qui lui est arrivé et des gens autour d’elle.

Angélique Barbérat a réussi ce roman différent pour elle mais qu’elle a écrit il y a déjà quelques années, avant de le reprendre pour sa publication. Son style et son imagination sont très efficaces et j’espère la lire régulièrement.

 

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