Le traitre de Grace Burrowes

5 novembre 2016

le-traitreÀ la fin de la guerre contre Napoléon, les Anglais rentrent chez eux vainqueurs, mais blessés. Physiquement ou psychologiquement, la guerre laisse des traces. Parmi eux, Sebastian Saint-Clair connu de ses pairs pour avoir été à la solde des Français et avoir soutiré les secrets des officiers anglais les plus récalcitrants. Avec le premier tome de la série, nous avons appris à le détester pour sa cruauté, dans ce second tome, l’auteur nous démontre que les apparences sont trompeuses.

Depuis son retour du front, Sébastian Saint-Clair assume son surnom de « baron traitre » avec fatalisme. Il a humilié plus d’un officier avant de les renvoyer à Londres contre une rançon. Aussi, lorsqu’on le provoque en duel il accepte, blasé, en espérant se faire tuer et en refusant au dernier moment de tirer sur son adversaire. Sauvé jusque-là par miracle, il devient de plus en plus amer et s’enfonce dans une forme de dépression quand il rencontre la nouvelle dame de compagnie de sa vieille tante adorée.

Millicent Danforth fuit son passé. Elevée par ses tantes, elle a aussi dû vivre chez des cousins qui ont profité de sa gentillesse et de ses difficultés pour lire, pour la traiter plus mal qu’une domestique. Millie c’est Cendrillon dyslexique. A l’époque de l’histoire la dyslexie n’est pas connue, ceux qui étaient atteint de cette maladie étaient considérés comme des idiots. C’est au nom de cette ignorance que Millie a été maltraitée et volée par sa famille. Comme dans les autres tomes, Grace Burrowes traite son thème avec sérieux, pointant du doigt un fait malheureux de la société.

L’optimisme de l’héroïne va avoir raison de Sebastian, ils deviennent l’un pour l’autre des soutiens. Gentleman mystérieux et stratège, c’est un personnage séduisant qui finit par être rattrapé par ses angoisses. On ne peut qu’être séduite par lui, et trouver la douce Millicent sympathique. A la longue, la foi sans faille qu’elle a en lui est lassante, c’est une vraie gentille. Autant l’auteur maîtrise très bien sa première partie, autant dans la seconde, certaines scènes pêchent dangereusement. Heureusement le final est à la hauteur. La difficulté pour Grace Burrowes était de faire accepter « le traître » et de lui trouver toutes les circonstances atténuantes, elle y arrive.

 

Terry

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