Consolation Prize – Forbidden Men – 9 de Linda Kage

26 novembre 2016

consolation-prizeLe titre, le prix de consolation, est le nom que Colton, le héros du livre, va se donner lui-même lorsque son frère va lui proposer d’aller tenir compagnie à Julianna lors de son mariage. Julianna se morfond en effet et est plutôt mal à l’aise puisqu’elle avait plus ou moins envisagé de sortir avec le frère en question. Colton n’est pas son premier choix, il l’agace prodigieusement et quand il va arriver à sa table, elle n’a qu’une envie, c’est l’envoyer balader. Mais voilà, Colton a un charme bien personnel que vous verrez se déployer pendant tout le roman et c’est diablement efficace, sur Julianna mais également sur les lectrices !

Ce roman est le neuvième d’une longue série de livres un peu inégaux mais qui s’améliorent à chaque fois. Linda Kage n’a pas l’approche la plus fine ni l’écriture la plus élégante mais elle a un enthousiasme communicatif et elle aborde chaque sujet avec conviction et intelligence. Le thème général de cette saga de romans indépendants est des hommes interdits, des relations compliquées par les conventions sociales ou la loi. Cela se déroule au cœur d’un groupe d’amis et de personnages qui ont souvent des liens familiaux. L’une des caractéristiques est que tous sont issus de familles qui dysfonctionnement gravement et la plupart du temps, les frères et sœurs aînés se sont occupés des plus jeunes. Colton est donc le benjamin d’une famille bizarre. On l’a croisé encore enfant à plusieurs reprises et l’on connaît son histoire. Inutile de lire toute la série avant celui-ci, sauf si on ne veut pas savoir ce qui arrive aux héros précédents. Colton n’est pas le plus malheureux des enfants de cette famille mais il a eu son lot de problèmes.

Colton est un des grands atouts du roman qui en a beaucoup. C’est ce que l’on peut appeler, un petit con. Il a un peu plus de dix-huit ans, il plaît aux filles et le sait. Il abuse de ce talent avec bonheur, parle fort, la ramène souvent, frime…Qu’il agace Julianna est tout à fait normal mais derrière ce paquet de défauts, il est aussi formidablement attachant et a suffisamment de recul sur lui-même pour que tout le monde comprenne qu’il est bien plus que cela. Colton, pour les lecteurs assidus de la série, est un gamin poussé en graine ; Linda Kage va le transformer en homme et héros parfaitement acceptable lors de ce roman, avec un talent indéniable. Alors, oui, il est encore très jeune, plus que Julianna qui a presque vingt-deux ans, mais il a une maturité due à son histoire familiale et il est loin d’être un imbécile.

Évidemment, nous sommes dans une série qui parle de relation interdite, donc celle-ci l’est forcément. Et à plus d’un titre. Tout d’abord, Julianna est plus âgée et a plus ou moins été associée à Brandt, le frère de Colton. Pas facile ensuite de l’introduire au sein de la famille. Mais surtout, et c’est très rare sous la plume d’une auteure américaine, Julianna est afro-américaine, issue d’une famille qui milite pour l’égalité ethnique aux Etats-Unis et elle a été élevée dans l’idée qu’elle aura du mal à obtenir du respect de la part des blancs. Cela ne posera aucun souci à la jeune femme et à Colton, mais à leur entourage, beaucoup plus. L’auteure aborde ainsi un thème rare montrant la crispation qui peut exister de part et d’autre sur l’idée d’unions mixtes aux Etats-Unis. Enfin, ajoutons que Colton est à peine majeur, n’a pas encore le droit de boire de l’alcool, ce qui n’est pas le schéma habituel des romances.

Linda Kage s’en sort admirablement bien. Certaines scènes sont absolument brillantes comme la première, longue, détaillée, très travaillée où Colton va déployer tout son talent et complètement changer la vision qu’on a de lui et celle que Julianna croyait avoir également. D’autres le sont un peu moins, certains rebondissements sont un peu « faciles », certains passages un peu longs mais franchement c’est une romance d’une grande qualité, longue, dynamique, très sexy avec des couples qui donnent l’impression qu’on peut les croiser dans la rue, qu’ils existent vraiment, tellement ils sonnent juste.

N’oublions pas qu’au bout de neuf romans, l’auteure a constitué une véritable tribu qui se retrouve régulièrement et dont nous suivons les différentes histoires. Ici, Linda Kage aborde un sujet lui aussi délicat qui est celui de la dépression postpartum avec la belle-sœur de Colton qui souffre d’un cas sévère. C’est secondaire mais très intéressant car rare et souvent évité. Les autres membres de la famille sont là, presque tous, bruyants, mal embouchés. Parfois le niveau ne vole pas haut mais la chaleur dégagée par leur relation est évidente. Tous ont souffert et se sont battus pour trouver l’âme sœur ou garantir tout ce qu’il faut à un petit frère ou une petite sœur.

C’est le genre de roman qui vous fait sourire, tressaillir, vous émouvoir. Les ficelles sont parfois grosses mais on oublie tout cela pour mieux plonger dans la scène d’après. Linda Kage semble également progresser de livre en livre. Bref, tout est réuni pour donner envie de la lire encore et encore.

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