L’amant des hautes mers d’Agathe Kerlan

25 septembre 2016

lamant-des-hautes-mersLa romance historique francophone commence à émerger, après l’engouement qu’a suscité la romance contemporaine. Agathe Kerlan reprend un thème qui a connu son heure de gloire il y’a  quelques dizaines d’années et qui mérité vraiment qu’on y revienne : les romances autour de pirates et les aventures innombrables qui peuvent en découler. Aventure et passion, c’est le titre d’une collection qui publiait justement ce genre. C’est un cocktail efficace qui mérite qu’on se penche dessus. Agathe Kerlan s’est attaquée longuement et plutôt brillamment au genre ( j’aurai quelques bémols à exprimer!).

Elle met en scène un couple qui lui aussi a fait ses preuves, un héros, Gabriel et une héroïne, Capucine, qui ne s’entendent pas du tout, du moins au départ. I faut dire que leur histoire a commencé sous des auspices difficiles avec Gabriel, poussé par la vengeance qui va enlever la jolie et très jeune Capucine dans son couvent. Dans une première partie qui aurait d’ailleurs pu être réduite à un simple prologue, on fait la connaissance de Gabriel, jeune noble, apprenti chirurgien dans un moment très difficile de sa vie où son monde s’effondre autour de lui. Isolé, destitué, ruiné, il veut se venger des hommes responsables de cela et prend la décision d’enlever la fille de l’un d’entre eux et de s’embarquer dans une carrière peu banale de pirate. Il part donc avec sa captive et son cousin, le joyeux et très sympathique Timothée. Nous les suivrons surtout deux années après. de façon surprenante, Capucine est toujours sur le bateau du pirate et celui-ci a commencé une brillante carrière.

Le décor est planté, sans doute un peu longuement, d’ailleurs. Nous voilà donc embarqués sur le Sainte Victoire, le navire de Gabriel qui sillonne les mers et rencontrent tous les aléas que l’on peut imaginer. Il faut reconnaître à Agathe Kerlan de nombreux points positifs. Les deux héros sont parfaits, tout autant que l’amusant Timothée. Gabriel est un homme chargé de responsabilité et d’un passé très lourd. Il n’aime pas beaucoup la capricieuse Capucine. Quant à celle-ci, ne vous attendez pas à une romance avec une petite héroïne affaiblie et privée de liberté. Elle a pris ses aises sur le navire, a une intelligence, vive, une langue acérée et adore faire tourner en bourrique Gabriel. Les dialogues sont vifs, enlevés, pas forcément toujours crédibles mais c’est assez délicieux à lire. On sait évidemment comment tout cela va finir mais peu importe. Surtout, que l’intrigue parsemée de rebondissements, de scènes classiques du genre se multiplient. On voyage, on plonge dans cette fin du dix-huitième siècle et ce monde de la navigation.Ce n’est pas gratuitement pittoresque, le contexte et fouillé…

C’est sans doute la raison pour laquelle les nombreux anachronismes de l’auteure étonnent et déçoivent un peu. Ils ne sont même pas utiles à l’histoire alors pour quoi un des personnages lance à Capucine qu’elle n’est pas sur un bateau de croisière (Costa n’existait pas encore…) ou fait-on de Gabriel ( surnommé Gab…) un noble qui va devenir chirurgien? Le chirurgien n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui et un noble aurait fui comme la peste ce métier peu ragoûtant. Je pourrais donner une foule d’exemples. Alors, certes, cela n’altère pas la lecture mais si on veut construire un contexte crédible, autant aller jusqu’au bout.

L’autre défaut est peut-être la longueur de ce roman dont certains passages auraient pu être coupés. Comme je l’ai dit plus haut, cela commence dès la première partie.

Il n’en reste pas moins que le livre est enlevé, l’intrigue très vive et que cela donne une sorte de jolie comédie romantique historique, pas follement vraisemblable mais allie avec talent amour et aventure. Si vous êtes amateur du genre, allez-y sans crainte. Les héros sont français, le contexte l’est aussi globalement. Cela change agréablement.

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