A hazy shade of winter – Summertime – 2 de Fleur Hana et Jacinthe Nitouche

12 septembre 2016

ahsow_finalcover_webC’est avec grand plaisir que j’ai commencé ce second tome de la série commencée par une étonnante romance où nous suivons Six et Lou-Ann, deux copines embarquées dans un road trip improbable. Dans ce second roman, nous croiserons à nouveau Lou-Ann mais elle n’est pas l’héroïne du roman. Non, c’est Medhi, lui aussi très présent, dans le premier opus, que nous allons retrouver.

De longs mois se sont écoulés après la fin du premier roman et Medhi est un autre homme. Il a un peu perdu les pédales et sort de prison, sous condition qu’il suive un programme réservé aux addicts à la drogue. Ce qu’il n’est pas mais la perspective de sortir était trop intéressante. Medhi va donc faire contre mauvaise fortune bon coeur et suivre ce programme où il va découvrir que sa marraine est une jeune femme appelée Lolita. La première rencontre est houleuse. Medhi n’est pas vraiment prêt à reprendre une vie normale. Empêtré dans sa colère, ses regrets, son chagrin, c’est un homme morose et en colère. Quant à Lola, c’est une danseuse, qui reprend le cours de sa vie après des moments très difficiles avec la drogue et c’est la seule chose qui la retient auprès de Medhi. Car l’enfer qu’elle pense qu’il a connu la touche et la concerne. Du moins, le croit-elle.

Contrairement au premier opus, cette romance est beaucoup plus classique dans sa construction et ses personnages. Nous allons suivre Medhi et Lolita dans une relation comme on les aime avec deux personnages qu’on apprécie tout autant. Medhi est un mélange de colère rentrée, surtout contre lui-même et de d’envie de s’en sortir. Cela le rend taciturne, agressif, compliqué à approcher mais très séduisant aussi. Il souffre et a du mal à tourner la page et une grande partie de son histoire est de faire le deuil. Lolita le dérange plus qu’autre chose car elle bouscule bien des certitudes. Quant à elle, elle a dépassé la plupart de ses problèmes et est bien plus tournée vers son avenir, dans la danse. Cette dimension artistique dans l’histoire est un plus, une sorte de fleur épanouie dans une atmosphère plutôt sombre.

La romance est simple et suit des étapes que l’on connait, elle s’intéresse aussi à un sujet classique de la romance, celle de la rédemption par l’amour mais c’est très bien fait. Mais ce qui fait sans doute le plus des romances de ces deux auteurs c’est l’atmosphère qu’elles réussissent à créer. L’émotion est là juste sous les mots, sous le vocabulaire parfois simple. Il n’y a jamais de pathos ou de grands déferlements de sentiments mais on ressent profondément ce qui arrive aux différents protagonistes. La plaie ouverte de Medhi est quasi palpable et visible. Notons, cela peut paraître être un détail mais c’est rare dans la romance française que Medhi est d’origine maghrébine et que tout se déroule à Perpignan, dans une ville que l’on sent traversée de tensions et peuplée d’une population très bigarrée. La romance n’est pas là pour faire un portrait social de cette cité mais cela lui donne une étrange densité.

L’histoire vous happe très vite avec ses personnages attachants, cette émotion à fleur de mots, ces scènes sensuelles, ces dialogues tendus. Le rythme est soutenu, le contexte complexe et dangereux. C’est un bel exemple de la romance contemporaine à la française, sans aucune facilité ni complaisance, mais avec une écriture à quatre mains harmonieuse et originale.

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