The Lie de Karina Halle

30 août 2016

the lieDébutée autour d’une histoire relativement simple, la saga des McGregor se bonifie au fil du temps, gagne en profondeur et en force. Si vous suivez la série, vous savez qui est Brigs. Il a fait de brèves apparitions auprès de son frère, Lachlan le rugbyman. Brigs est plus âgé et a connu un drame épouvantable: il a perdu sa femme et son fils dans un accident de voiture. Pire encore, il a une part importante dans cet accident. C’est donc un homme brisé à la fois par le deuil mais aussi par les remords auquel nous avons affaire. Quand le roman débute, quatre ans ont passé et pour la première fois depuis le drame, Brigs reprend son travail de professeur loin de son Ecosse natal, à Londres. Il est professeur de cinéma et sa vie a connu une parenthèse longue et douloureuse qu’il souhaite refermer. Mais il va retrouver alors Natasha. Elle est liée à son passé et son drame personnel de façon très étroite.

Le roman est raconté très habilement à la fois par Brigs et par Natasha et nous alertons aussi entre le présent le passé, quatre ans auparavant. Nous savons dès le départ quel est le drame, tout est dit dans le prologue et c’est la chronique de cette catastrophe annoncée que le passé reprend mais également les moments clés de la relation débutante de Natasha et Brigs. Dans le présent, c’est les retrouvailles maladroites et complexes. Tout cela fait un roman plutôt intense, pas totalement parfait mais avec des moments extrêmement brillants. Karina Halle a la faculté parfois de décrire avec une telle précision ce qui se passe dans la tête de ses personnages que l’on sent leur malaise, leur souffrance. C’est ce qui est très réussi dans ce livre. Jamais elle ne cherche à tirer des larmes malgré le sujet si dur et difficile. Evidemment, il est question de deuil et de remords mais également de l’amour. Pour une fois, dans une romance, il n’est pas montré forcément comme quelque chose de beau et positif, au moins pendant un temps.

C’est un thème qu’elle avait abordé dans sa première romance contemporaine, Love in English, où elle avait abordé le sujet difficile d’un homme marié qui rencontre une jeune femme. Ici, la situation de départ est similaire mais tout ne va pas bien se passer. C’est la question de savoir si l’amour peut être destructeur, s’il peut échouer à rapprocher deux êtres amoureux. c’est un thème fort, riche et Karina Halle en parle fort bien.

Ses personnages sont très réussis et on ne peut qu’admirer son talent à parler de héros différents. Lachlan était en souffrance, Brigs également mais il l’est de façon totalement différente. Habilement, l’auteure joue sur la relation entre Brigs et Natasha : il est prof, elle est étudiante. Ce n’est pas du tout une romance classique sur ce sujet. Le thème principal est bien celui dont j’ai parlé précédemment. Mais cela apporte un plus. Il n’est pas simplement question non plus de douleur et de larmes, le livre a des côtés très sensuels également. C’est donc une romance très complète, sobre, malgré le sujet, forte et sexy.

Evidemment, la série continue avec un sujet aussi grave que celui-là, inscrite dans une actualité plutôt brûlante. Brigs a un cousin, Keir, qui vient de quitter l’armée et a un collègue qui a blessé, dans un coup de folie, des gens en plein Londres. L’héroïne sera l’une d’elle. Le sujet est difficile mais faisons confiance à Karina halle pour le traiter aussi bien que celui-ci.

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