Chapitre 1 de Réclame-moi, le troisième tome de la trilogie Capture-moi de Anna Zaires

25 août 2016

Le dernier tome de la trilogie d’Anna Zaires sort le 31 août. La critique est sur le blog : Réclame-moi

Voici un échantillon de ce qui vous attend.

 

Chapitre 1

Lucas

― Répète ? Je serre encore plus fort le téléphone et je suis sur le point de le broyer dans ma main alors que mon incrédulité se change en une rage brûlante. Putain, qu’est-ce que ça veut dire, elle s’est enfuie ?

― Je ne sais pas ce qui s’est passé. La voix d’Eduardo est tendue. Nous sommes rentrés chez toi il y a une demi-heure et elle n’était plus là. Les menottes étaient sur le sol dans la bibliothèque et les cordes avaient été coupées avec quelque chose de tranchant, un petit objet. Nous avons demandé aux gardes de passer la jungle au peigne fin et ils ont retrouvé Sanchez inconscient près de la bordure nord du domaine. Il avait un sacré traumatisme crânien, mais nous avons réussi à le réveiller il y a quelques minutes. Il dit qu’elle a croisé son chemin dans la forêt, mais qu’elle l’a pris au dépourvu et l’a assommé. C’était il y a plus de trois heures. Et maintenant, nous examinons les enregistrements des drones, mais ça n’a pas l’air prometteur.

À chaque nouvelle phrase du garde, ma rage s’amplifie.

― Comment a-t-elle pu mettre la main sur « un petit objet tranchant » ? Et comment a-t-elle pu ouvrir les menottes, putain ? Diego et toi étiez censés ne pas la quitter des yeux…

― C’est ce qu’on a fait. Eduardo semble complètement décontenancé. Après chaque repas, nous avons fouillé ses poches comme tu nous l’avais dit et nous avons plusieurs fois vérifié la salle de bains, c’est le seul endroit où elle pouvait être seule sans être ligotée. Elle a dû trouver le moyen de cacher un rasoir ou une lime, mais je ne sais ni quand ni comment. Soit, elle les avait depuis plus longtemps, soit…

― OK, admettons-le que vous ne vous soyez pas complètement plantés. Je respire profondément pour maîtriser la colère qui gronde dans ma poitrine. Maintenant ce qui compte c’est de trouver des réponses à nos questions et de découvrir où se trouvent les failles de notre système de sécurité. J’ajoute plus calmement : de plus, comment a-t-elle pu sortir du domaine sans déclencher les alarmes et sans qu’aucun des gardes postés sur les tours ne s’en aperçoive ? Chaque centimètre de ce périmètre est surveillé.

Il y a un long silence. Puis Eduardo dit à voix basse :

― Je ne sais pas comment ça se fait qu’aucune des alarmes ne se soit déclenchée, mais il est possible que pendant une heure ou deux certaines parties des limites du domaine soient restées sans surveillance.

― Quoi ? Cette fois, je ne peux retenir ma colère. Qu’est-ce que tu veux dire, putain ?

― On a merdé, Kent, mais, je te jure qu’on ne pensait pas que le système électronique de surveillance pourrait laisser passer quoi que ce soit. Le jeune garde s’est mis à parler plus vite comme s’il voulait se débarrasser de ce qu’il avait à lui dire. C’était juste une partie de poker entre copains. Nous ne savions pas que l’ordinateur ne…

― Une partie de poker ? Je murmure d’un ton glacial. Vous faisiez une partie de poker alors que vous étiez de garde ?

― Je sais. Eduardo semble sincèrement navré. C’était stupide, c’était irresponsable et je suis sûr qu’Esguerra va nous faire passer un mauvais quart d’heure. Nous avons seulement pensé qu’avec tout cet équipement ça ne serait pas grave. C’était seulement un moyen de se mettre deux ou trois heures à l’abri de la chaleur de l’après-midi, tu comprends ?

Si ma main pouvait aller à l’autre bout du fil et étrangler Eduardo, je le ferais volontiers.

― Non, je ne comprends pas, ai-je laissé échapper. Pourquoi ne pas me l’expliquer bien tranquillement ? Ou encore mieux, passe-moi Diego pour qu’il le fasse, lui.

Il y a encore un instant de silence. Puis j’entends Diego me dire :

― Lucas, écoute, mon vieux… Je ne sais même pas quoi te dire. La voix du garde, d’habitude pleine d’entrain, est lourde de culpabilité. Je ne sais pas pourquoi elle a décidé de passer sous cette tour, mais je suis en train de regarder les enregistrements des drones et c’est précisément ce qu’elle a fait. Elle est passée sous notre nez en direction de l’ouest puis elle a traversé le pont. C’est comme si elle savait où aller et à quel moment. Sa voix prend une nuance d’incrédulité. Comme si elle savait que nous relâcherions notre vigilance.

Je me pince le haut du nez. Putain ! Si ce qu’il dit est vrai, la fuite de Yulia ne doit rien au hasard.

Quelqu’un a donné à ma captive des détails concernant notre système de sécurité, quelqu’un qui connaît parfaitement les horaires des gardes.

― Est-ce qu’elle a vu qui que ce soit ? La possibilité la plus logique serait que le traître est soit Diego soit Eduardo, mais je connais bien ces deux jeunes gardes et ils sont trop loyaux et trop futés pour ce genre de double jeu. À part vous deux, est-ce que quelqu’un a parlé avec elle ?

― Non. En tout cas, nous n’avons vu personne. La voix de Diego se tend comme s’il devinait mes soupçons. Évidemment, elle passait une bonne partie de la journée toute seule ; quelqu’un a pu venir chez toi en notre absence.

― C’est vrai. Bordel, le traître aurait même pu contacter Yulia avant mon départ pour Chicago. Je veux que tu examines les enregistrements des drones concernant tout ce qui s’est passé autour de chez moi depuis quinze jours. Si quelqu’un a mis ne serait-ce qu’un pied dans ma véranda, je veux le savoir.

― Entendu.

― Bon. Et maintenant, partez à la poursuite de Yulia. Elle ne peut pas être loin.

Diego raccroche, visiblement il veut se racheter pour la bourde qu’ils ont faite, Eduardo et lui, et je remets le téléphone dans ma poche en me forçant à lâcher prise.

Ils vont la rattraper et ils vont la ramener.

J’ai besoin d’y croire, sinon je serai hors d’état de travailler ce soir.

No Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *