Immoralité – 1 de Shana Keers

22 juillet 2016

ImmoralitéVoilà encore une roman publié, en deux parties, et qui a commencé sa vie dans un concours Fyctia. Le thème a le mérite d’être particulièrement provocateur mais place aussi la barre haut; il ne faut pas passer à côté de son sujet lorsqu’on évoque les amours incestueuses d’un frère et d’une soeur.

Car c’est bien ce qui se produit, au tout début du roman, lorsque Victoire, jeune femme que nous allons apprendre à découvrir apprend au détour d’un couloir qu’elle a un frère, ce qu’elle ignorait totalement. Ce frère, Maximilien, est sur le point de débarquer dans la villa niçoise de Victoire de leur père commun. Elle tombe des nues et va devoir l’accueillir seule puisque leur père doit partir en voyage d’affaires. Ce début ne tient guère la route car si il a le mérite de placer Victoire et Maximilien face à face et seuls, très vite, personne ne fournit la moindre explication sur cette situation familiale peu banale. Mais passons.

Le reste est très inégal. Parfois, on est frappé par l’efficacité du style de l’auteure, particulièrement dans les scènes confrontant les deux jeunes gens. C’est chaud, tendu, intense parce que la tension sexuelle entre les deux est à couper au couteau. À d’autres moments par contre, les maladresses, le scénario nous perdent un peu. Tout d’abord, le fait que les deux jeunes gens soient frère et soeur est survolé. Certes, ils vont essayer de tempérer leur attraction sexuelle très puissante mais cela ne va pas trop au-delà. Il n’y a aucune interrogation sur ce qui s’est passé pour en arriver là, sur les conséquences sans doute très compliquées d’une possible liaison évidemment totalement impossible dans notre société. Nous en resterons toujours au désir sexuel qui les dévorent. Et puis, l’auteure va nous plonger au coeur d’une intrigue qui fait intervenir de nombreux personnages, des mensonges, des copains, des faux-semblants dont on ne comprend pas vraiment l’utilité. Finalement, n’était-ce pas suffisant que Maximilien et Victoire comprennent ce qui a conduit leur père à mentir à la jeune femme comme ça, à cacher une part si importante de sa vie? N’était-ce pas suffisant de les voir pris dans les affres d’une liaison aussi tabou?

L’autre idée intéressante était l’audacieuse Victoire. Celle-ci mène clairement le jeu dans cette histoire. Maximilien est tatoué et percé, a tout du bad boy mais n’en est pas un, bien au contraire. C’est Victoire qui va le bousculer, le pousser à bout le plus souvent. Cette jeune femme de bonne famille multiplie les audaces, car non seulement, elle est intéressée par son frère mais elle a aussi une vie secrète très inhabituelle et complexe. Là aussi, on reste au moins pour ce premier tome, sur sa faim. Par moment, elle est presque désagréable tellement elle est dans la provocation. Cet aspect de l’intrigue n’est pas du tout traité.

Je sors de ce roman assez mitigée. Oui, il y un vrai culot à aborder un thème pareil. L’amour interdit a un énorme potentiel et l’auteure n’a pas froid aux yeux. Si on ne conserve que les scènes opposant les deux héros, souvent très sexy et torrides, c’est réussi. Mais il y a tout le reste…Il y a un second tome qui peut éventuellement améliorer cette impression mais cette première partie n’est pas parfaite.

One Comment

  • Shana Keers 28 novembre 2017 at 12 h 55 min

    Pas parfait, ça je te l’accorde, c’est le moins que l’on puisse dire 🙂
    Je n’étais pas d’accord sur le fait de couper cette histoire en deux tomes, car il me semblait utile qu’il soit lu d’une traite pour comprendre justement.
    Là où je suis aussi d’accord avec toi, c’est sur le fait que je sois culottée. 🙂 Mais j’aime dépasser les limites, les miennes surtout, et provoquer.
    Il parait que la mesure de l’amour, c’est l’amour sans mesure. Eh bien moi, mes limites en écriture sont l’écriture sans limite. 🙂 C’est risqué. J’assume 🙂
    Quant à l’inceste, il faut lire ce roman jusqu’à la fin pour mieux comprendre. J’aurais pu le tourner autrement, je te le confirme. C’était un choix. On m’a beaucoup reproché lors de la première édition ce côté incestueux qui n’était pas mentionné dans le synopsis. Je n’avais pas vraiment eu le choix justement.
    Aujourd’hui, j’ai rectifié le tir. En autoédition, mon synopsis n’induit plus le lecteur en erreur. Mon livre n’est plus qu’en un seul tome, comme je le souhaitais, et bien entendu, l’éternelle insatisfaite que je suis en a profité pour améliorer l’histoire.
    Du coup, les critiques n’ont jamais été aussi bonnes, j’en suis même la première étonnée. Epoustouflée je dirais même.
    Bref ! J’espère qu’un jour… peut-être… tu auras envie de lire la fin de cette histoire qui me tient particulièrement à cœur et me donner ton avis final. <3

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