His de Brenda Rothert

30 juin 2016

hisBrenda Rothert est une bonne auteure, relativement discrète, mais qui signe toujours des romances bien vues et intelligentes. Celle-ci n’est pas sa meilleure mais elle l’immense avantage de revenir sur un thème très banale de la romance et de le revisser de façon intelligente. En réalité, une très large première partie du roman est très bonne, la dernière, rapide et un peu étrange fonctionne moins bien mais ce livre garde beaucoup de qualités.

Quinn est une jeune femme qui a dû fuir son foyer avec sa petite soeur. Elle vit depuis plusieurs années dans les rues de New York, leur petit groupe s’est simplement enrichi d’un homme. le trio a survécu de petits vols, de mendicité. On comprend vite que Quinn doit continuer à se cacher et ne peut pas du tout solliciter l’aide que l’on pourrait supposer. Un jour, alors qu’elle a très fin, elle est accostée par un homme qui lui propose de la payer pour passer une soirée avec son patron. Celui-ci, Andrew,  est un riche et jeune homme d’affaires qui a eu des déboires sentimentaux et préfère depuis des relations purement tarifées. Evidemment, ce genre de situation est largement improbable et reprend un thème plus qu’utilisé dans la romance, celui du prince charmant qui vient sauver la femme réduite à la prostitution. Sauf que là, Brenda Rothert va broder un conte de fée encore plus incroyable mais aussi plus nouveau et charmant, d’un homme qui va vite voir à travers le masque de Quinn et la prendre sous son aile plutôt que profiter de la situation. Andrew est un personnage gentil, patient, pas du tout l’homme d’affaires dominateur auquel nous sommes habités dans ce genre de scénario.

Cela a l’avantage de renouveler l’histoire, de la rendre plus supportable aussi car un homme qui profite d’une femme comme cela, c’est très contestable. En fait, Brenda Rothert fait un outrait intéressant, non dénué de réalisme sur la pauvreté à New York et notre héroïne n’oublie pas aussitôt d’où elle vient et reste très marquée par son expérience de la rue. Elle demeure notamment très indépendante, ce qui est cohérent et rend Andrew incapable de la contrôler. Tout cela fonctionne au mieux.

Très vite, nous comprenons que Quinn cache quelque chose et c’est le dénouement de cette partie de l’intrigue qui convainc moins. C’est à la fois trop rapide et un peu invraisemblable. C’est un peu dommage car cela ternit la fin d’un roman qui était décidément remarquable. De plus, Andrew se révèle un peu plus complexe que le jeune homme d’affaires qu’il laisse paraître. Cela pourrait aussi donner naissance à d’autres épisodes dans un contexte similaire.

Brenda Rothert a cependant bien du talent et si tout n’est pas parfait ici, elle démontre sa capacité de jouer avec les clichés et de les renouveler. Andrew en prince charmant des reps modernes illustre tout à fait cela.

 

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